CORONAVIRUS et Transports : Les mesures absurdes du ministre Ly

Si notre pays veut lutter efficacement contre le Covid-19, cela nécessite la prise de mesures fortes et courageuses. Au lieu de cela, le ministre des Transports et de la Mobilité urbaine, Ibrahima Abdoul Ly, veut se prévaloir de sa propre turpitude. En effet, après avoir cautionné, le 20 mars dernier, l’atterrissage d’un vol d’Air France malgré la suspension des vols commerciaux, le ministre Ly a tenté, le vendredi 27 mars, de se donner bonne conscience en prenant des mesures pour lutter contre la propagation du virus dans notre pays.

Mais en réalité, il confond vitesse et précipitation en annonçant une série de mesures tout aussi absurdes qu’inefficaces, relatives aux transports urbains et interurbains. Non seulement le ministre Ly sait bien que ces mesures sont inapplicables, mais aussi il ne propose aucune garantie concernant le contrôle de leur mise en œuvre. Du simple verbiage !
En fait, que propose le ministre Ly ? Il demande essentiellement l’embarquement des passagers dans des bus de transport en tenant compte des distances d’au moins un mètre entre les passagers, la limitation à la moitié du nombre de places prévues sur la carte grise des véhicules, la limitation du nombre de passagers à trois au lieu de cinq, y compris le conducteur, pour les taxis et les véhicules particuliers, la limitation à un passager pour les engins à deux roues. Seulement voilà : dans la pratique, ces mesures s’avèrent inefficaces. Car, elles ne peuvent pas être mises en œuvre. Comment, dans un pays comme le Mali, peut-on demander aux populations de ne pas se déplacer à deux sur une moto ? Ce que le ministre ignore, c’est que si vous voyez deux personnes à moto, si l’un est porteur du virus, c’est que l’autre est déjà contaminée. Car, s’ils ne sont pas de la famille, ils sont des proches. Alors, ce n’est pas en leur interdisant de se déplacer à deux sur les motos que le ministre résout le problème. La preuve, depuis la prise de cette décision, les Maliens continuent à circuler allègrement à deux sur les motos, au nez et à la barbe du ministre.
En clair, les habitudes n’ont pas du tout changé dans la mobilité des personnes dans la ville de Bamako, et même à l’intérieur du pays. Les policiers de la Compagnie de la circulation routière assistent impuissamment à la violation de cette décision mal inspirée et conçue dans la précipitation. Et pire, elles n’ont été suivies d’aucune mesure d’accompagnement conséquente à l’endroit des populations maliennes. L’absurdité de ces décisions ministérielles est patente concernant les Sotramas et les compagnies de transport interurbain. Et pour cause : le ministre n’a aucun mécanisme au départ et à l’arrivée pour s’assurer de l’effectivité de ses décisions. Tout le monde sait que quand ces compagnies de transport et les Sotramas s’engagent de respecter ces décisions, il n’y a aucune garantie qu’elles le feront. Et l’évidence, c’est qu’aucune compagnie de transport ne respecte aujourd’hui ces limitations de places.

Doutes sur les capacités du ministre
Si le ministre veut réellement lutter contre le Covid-19, ce sont des mesures beaucoup plus responsables qu’il doit prendre. Il s’agit de mettre Bamako en quarantaine, interdire les transports interurbains pour éviter de transporter de la maladie dans les localités non encore touchées. Seules doivent circuler entre les régions les camions de transport de marchandises pour continuer à ravitailler les populations. Sinon, quelle garantie le ministre dispose-t-il pour s’assurer que le peu de gens que les compagnies transportent ne pourront pas amener le virus avec eux ? Ou, désormais, va-t-il faire subir le test à tous ceux qui se déplacent ? En réalité, ces mesures du ministre Ly pêchent par leur insuffisance. Au point que certains Maliens commencent même à douter de la capacité du ministre à diriger le département en charge des Transports en cette période de crise sanitaire. Sinon en prenant ces mesures de réorganisation du transport, comment ces détails importants et combien stratégiques ont pu échapper au ministre Ly. Il s’agit notamment de celui du cas des autres régions du Mali qui semblent être épargnées de la pandémie.
Et puis, qui va payer le manque à gagner que les compagnies de transport en commun vont subir à cause de l’application de ces mesures ? Dans le communiqué qu’il a pondu le jeudi 27 mars 2020 sur un coup de tête, le ministre Ly a manqué d’assurer les transporteurs en commun (les Sotramas et les taximen) sur cette question relative aussi à leur survie. Surtout quand on sait que bon nombre de ces chauffeurs de taxi et de Sotrama cherchent leur pain quotidien au jour le jour.
Le ministre va-t-il répéter encore ses erreurs dans la gestion de cette crise ? Une chose est sûre et certaine, une éventuelle propagation du virus à l’intérieur du Mali, où il n’y a pratiquement aucun dispositif sanitaire digne de ce nom serait un déluge, avec comme seul responsable le ministre Ly.

Moussa Koné

Source : Lettre du Peuple

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