FOURNITURE DE MATERIELS ET EQUIPEMENTS MILITAIRES : Ibrahim Karagnara s’est-il encore enrichi sur le dos de l’Etat malien ?

Les autorités transitoires au Mali sont attendues par le peuple malien sur plusieurs dossiers relatifs à la gestion du denier public. Leur réaction est notamment attendue pour que la lumière soit faite sur la gestion des fonds destinés à la Loi d’orientation et de programmation militaire (Lopm), sous le prétendu sceau du « Secret défense ».  

Pendant que nos militaires tombent au champ d’honneur, certains opérateurs économiques, loin d’être des références dans le domaine de la fourniture de matériels et d’équipements de défense et de sécurité, sont en situation de quasi-monopole au ministère de la Défense et des Anciens combattants, où ils viennent encore de se voir attribuer leur énième marché qui révèle un véritable scandale. Ibrahima Karagnara, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est le roi de la surfacturation  sur le dos de nos militaires qui, malheureusement, tombent faute d’équipements adéquats sur le théâtre des opérations.

Selon des documents de soumission dont nous avons reçu copie, c’est un marché scandaleux car, c’est sur fond de surfacturation que le ministère de la Défense et des Anciens combattants vient de lui attribuer un marché de plusieurs milliards, relatif à la fourniture de matériels et équipements militaires.

Ce dernier n’est d’ailleurs pas à son coup d’essai. L’on se rappelle que son nom avait été cité, il y a quelques années de cela, dans un marché fictif de plus de 10 milliards au niveau du ministère en charge des forces armées. Il avait, à l’époque, dans le cadre de ce marché, facturé un camion-citerne à 210 millions de nos francs l’unité, des camions de transport de troupes (10 tonnes) à 115 millions l’unité, des pièces de rechange, etc. Le total TTC faisant 9 milliards 959 millions 230 mille 680 FCFA.  Ce contrat, sous le n°2014/034, était relatif à la fourniture de camions de transport de troupes et de citernes à carburant au ministère de la Défense et des Anciens combattants. Il a été conclu entre le ministre de la Défense et des Anciens combattants, et signé le 20 mai 2014, et le Directeur général de «Commerce International pour le Mali (CIM)», Ibrahim Karagnara, y a apposé sa signature le 18 mai 2014.

Ledit contrat, faut-il le rappeler, a été visé par le contrôleur financier le 22 mai et enregistré par le Secrétaire général du gouvernement et au service des impôts du Centre V le 30 mai. Il a été financé par le budget d’Etat (exercice 2014 et 2015) à hauteur de 100%, pour un délai d’exécution de 18 mois.

Le mode de passation du contrat faisait référence à «l’article 8 du décret n°08-485/P-RM du 11 août 2008, modifié, portant procédures de passation, d’exécution et de règlement des marchés publics et des délégations de services publics» ou Code des marchés publics.

Dans le contrat figuraient 15 camions citernes de 6 m3/4×4/2 ponts de 120 millions l’unité soit 1 milliard 800 millions pour les 15. Il contient également 2 camions citernes à carburant de 18 m3/6×6/3, également de 210 millions l’unité, totalisant 420 millions, les deux. Le prix réel du camion-citerne de 6 m3/4×4/ serait de 29 millions de FCFA l’unité, au lieu de 120 millions l’unité. Les 15 coûteraient donc 435 millions au lieu de 1 milliard 800 millions. Les deux citernes à carburant de 18 m3/ 6×6/ auraient coûté 77 millions au lieu de 420 millions de FCFA, car le prix réel de l’unité est de 38,5 millions au lieu de 210 millions. La différence entre les prix réels et le montant de la surfacturation était énorme. Les véritables prix de l’ensemble des 51 camions compris dans ce contrat étaient de 2 milliards 424 millions, alors qu’ils ont été facturés à 7 milliards 804 millions de FCFA. Une différence de 5 milliards 380 millions de FCFA.

C’est pourquoi il est nécessaire de procéder à un audit des fonds injectés par l’Etat et ses partenaires PTF dans le cadre de la Loi d’Orientation et de Programmation militaire. Un pactole de 1200 milliards de FCFA qui disparaît ainsi,  alors que les militaires sont loin d’être au top en matière d’équipements et de matériels, comparativement aux sommes colossales englouties dans les opérations d’achat.

Le dernier scandale en date, en dehors des autres marchés aussi décriés sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir, c’est la fourniture des tenues, équipements et rations journalières de combat aux forces de défense et de sécurité. Les uns et les autres apprécieront la gravité de la situation dans un Mali où on a l’impression qu’aucun service de contrôle ou de vérification n’ose farfouiller dans ces marchés du ministère de la Défense, fallacieusement couverts d’un sceau de secret défense contestable, puisque le peuple a droit à une reddition des comptes publics.

Les services de contrôle et de vérification de l’Etat, s’il leur reste encore un peu de crédibilité, doivent s’intéresser à la gestion des fonds injectés dans la mise en œuvre de la Lopm. Il nous revient que lesdits fonds, avec la bénédiction des complicités internes, ont été dilapidés sous le prétendu sceau du « Secret défense ».

En tout cas, les prix auxquels les articles sont facturés sont en porte-à-faux avec la logique des affaires. Celle-ci commande en effet que les prix soient minimisés lorsque les quantités atteignent un certain seuil. C’est dire que les prix déclarés dans les bons de commande et factures-fournisseurs relèvent ni plus ni moins de l’hérésie.

Aussi, nous revient-il de certaines sources proches des forces armées que la Direction des finances et du matériel du ministère de la Défense et des Anciens combattants se trouve souvent mise devant le fait accompli. La situation est pire quand il s’agit de l’attribution des marchés semblables, pilotés à partir de sombres officines, les mêmes qui sont en train de faire la même chose au niveau d’autres services de l’Etat. Au regard de tous ce qui précède, les futures autorités transitoires doivent agir pour démaquer ces bandits à col blanc.

Affaire à suivre dans nos prochaines parutions !

Maïmouna Diallo

Maliflash

Source: malicouramedia

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