Pour la première fois au Mali, le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, ce mercredi 08 avril 2020, par visioconférence sous la présidence de Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République. Avec deux sujets dramatiques à l’ordre du jour : le crash d’un super-TUCANO des FAMa et la situation épidémiologique de notre pays en matière de Covid-19. Au grand désespoir des Maliens, aucune mesure concrète dans le sens du soutien et du soulagement d’une population exaspérée par les restrictions des libertés, en réponse à la prévention contre la pandémie du COVID-19, n’a été prise.

 

Alors que les entreprises privées, moteurs de l’économie sont au bord de la faillite, le Conseil des ministres de tous les espoirs de ce 8 avril 2020 s’est transformé en rendez-vous du désenchantement. Et pour cause ? Le Président IBK et les membres de son gouvernement n’ont eu aucune largesse envers leur peuple sous le poids de la pandémie du COVID-19. Pour le moment, le Fonds spécial Covid-19 que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de ‘’fonds du désespoir’’ doit être uniquement alimenté par les bonnes volontés, parmi lesquelles, le Gouvernement lui-même ne se comptabilise pas.

Hommage aux victimes du crash

A l’ouverture de la session, le Président de la République a fait observer une minute de silence à la mémoire des deux pilotes, le Capitaine Moussa MAIGA et le Sous-Lieutenant Mamadou B. TRAORE, décédés à la suite d’un accident d’avion survenu le mardi 07 avril 2020, à Sévaré dans la Région de Mopti.

En hommage aux militaires décédés, les drapeaux seront mis en berne du jeudi 09 au samedi 11 avril 2020 sur toute l’étendue du territoire national, indique le communiqué.

Pour ce qui est de la situation du Coronavirus, le Président de la République a réitéré aux membres du Gouvernement, de veiller notamment : au renforcement de la surveillance épidémiologique à tous les niveaux ; au renforcement du dispositif sanitaire au niveau des aéroports et des corridors terrestres ; à la poursuite de la sensibilisation des populations sur les mesures de prévention, notamment le respect des gestes barrières dans les lieux publics ; à la pulvérisation des espaces publics, notamment les marchés ; au renforcement du dispositif de prise en charge des cas confirmés au niveau des sites de traitement. Aussi, les membres du Gouvernement ont-ils été invités à approfondir les investigations pour identifier et dépister les personnes contacts et à renforcer les mesures d’accompagnement et de protection du personnel de santé et des agents de sécurité.

Pour le reste, le soutien aux entreprises de la place, les mesures sociales, notamment la prise en charge des factures d’eau et d’électricité, les frais de location, l’accès aux médicaments…, c’est chacun pour soi, Dieu pour tous. En tout cas, le Président Ibrahim Boubacar KEITA et les membres de son gouvernement n’entendent point partager leurs salaires et primes avec des Maliens fussent-ils en difficulté. Pour le moment, c’est zéro donation, zéro contribution au Fonds spécial coronavirus.

Et pourtant, selon plusieurs sources concordantes, entre le 28 et le 30 mars, 200 salariés, travaillant pour la plupart depuis plus de 16 ans, sont déjà sans revenus ni filet social.

PAR SIDI DAO

INFO-MATIN