Depuis janvier 2012, le Mali traverse la crise sans précédent de son histoire. De la crise politique à celle sécuritaire, en passant par la mauvaise gouvernance et la délinquance financière, la situation du Mali est inqualifiable. Cela, jusqu’à ce que l’existence du pays soit menacée. A qui la faute ?

La classe politique sur la sellette !

Selon plusieurs analystes politiques, le manque de consensus politique du moment ne fait que plonger le pays dans l’impasse. Ils prennent l’exemple sur le régime ATT. Pendent lequel c’est le consensus qui primait. Ce qui a l’époque a donné un coup dur à l’opposition politique qui n’existait presque plus. Mais les décisions politiques étaient non seulement moins contestées, mais respectées par tous les acteurs. Les politiques allaient dans le même sens. Ce qui, selon eux, évitaient le blocage de la gouvernance du pays. Les analystes déplorent le manque de ce consensus politique actuellement au Mali. D’abord lors des négociations avec les groupes armés à Alger, une partie de la classe politique et de la société civile s’est  désolidarisée. Cette frange dénonçait à l’époque l’absence d’une large consultation des acteurs du pays avant même le début des négociations. Des consultations qui allaient permettre la prise en compte des préoccupations du peuple malien. Chose que le régime s’en est passée malgré des critiques et le refus d’une partie importante des acteurs à y adhérer.

Ensuite, le projet de révision constitutionnelle continue à diviser les acteurs politiques maliens. Malgré la prise en compte des préoccupations de la tentative de 2017, plusieurs voix s’élèvent pour dire non à la réforme politique et institutionnelle. Alors que de larges  consultations du peuple à travers un dialogue politique inclusif tant souhaité par les forces vives sont en préparation. Aussi, les résultats de la présidentielle de 2018 n’ont-ils pas encore été digérés par l’opposition politique. Car elle n’a pas encore reconnu publiquement la victoire du Président IBK malgré son implication dans certaines prises de décision d’intérêt national comme la prorogation du mandat des députés et l’accord politique du 02 mai 2019. En claire, on assiste à trop de divergences entre les politiques qui bloquent la résolution de la crise multidimensionnelle que le Mali traverse depuis janvier 2012.

Priorité aux intérêts personnels !

Selon nos analystes politiques, le problème au Mali serait le fait que les acteurs politiques pensent d’abord à leurs propres privilèges et non aux privilèges du pays. Au lieu du Mali d’abord, c’est ‘’ma famille et moi d’abord’’. Et après le Mali. Ils s’appuient sur le fait que la plupart des ministres qui quittent le gouvernement deviennent automatiquement des opposants politiques. Cela a été le cas de Me Mountaga Tall du CNID, Dr Choguel Kokalla Maïga du MPR, Konimba Sidibé du MODEC, Mohamed Aly Bathily des APM et du Général Moussa Sinko Coulibaly. Tout simplement parce qu’ils ont quitté le gouvernement. Selon nos sources, il en est de meme pour des initiatives tendant à aller vers la résolution de la crise que le pays traverse. Car les acteurs politiques de la majorité mettent le paquet pour se faire plaire au peuple ; l’opposition politique fait de son mieux pour empêcher ce succès. En un mot, la campagne électorale ne finit jamais au Mali.

André Traoré

Soleil Hebdo