En plus des urgences nationales liées à la gestion du coronavirus et à la sécurité, l’actualité du Mali est également dominée par la grave crise qui secoue le monde scolaire. Depuis longtemps, les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 (SYPESCO, SYNEB, SYNEFCT, SYNESEC, SYLDEF, FENAREC, COSES) exigent l’application immédiate de l’article 39 de la Loi N°2018-007 du 16 janvier 2018, Portant Statut du personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Education préscolaire et spéciale. Mais jusqu’à présent, les enseignants n’arrivent pas à avoir gain de cause.

 

Cet article 39 stipule que : «Toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du Statut général s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale». Hier, lundi 6 avril 2020, lors de la cérémonie d’ouverture de la session d’avril du parlement, le président de l’Assemblée nationale, l’honorable Issaka Sidibé a exhorté le Gouvernement et les grévistes à un dialogue plus fécond et responsable.

 « Nous sommes au regret de constater que les nombreux débrayages que l’école malienne connait, depuis des années, ne cessent de compromettre dangereusement l’éducation de millions d’enfants de notre pays. Consciente de ce risque, l’Assemblée Nationale s’est toujours investie afin que notre système éducatif puisse retrouver une accalmie et ses lettres de noblesse », a souligné le président de l’Assemblée nationale, l’honorable Issaka Sidibé. Avant de rappeler que depuis le mois de janvier, l’Assemblée nationale a multiplié les initiatives tendant à trouver une solution rapide et pérenne à la crise. C’est ainsi, dit-il, que des échanges ont eu lieu respectivement avec les syndicats d’enseignants concernés et des membres du Gouvernement. Aussi, au regard de la persistance de la situation, il a rappelé qu’une réunion extraordinaire du Bureau de l’Assemblée Nationale, élargie à la Conférence des Présidents, s’est tenue le 27 février 2020. A l’en croire, ladite réunion a relevé que la détérioration du climat social découlait exclusivement de la non application de l’article 39 de la Loi N°2018-007 du 16 janvier 2018, pourtant adoptée depuis plus de deux ans. Forte de ce constat, la Représentation nationale a invité le Gouvernement à s’exécuter rapidement, car force doit restée à la loi. « Depuis lors, nous saluons toutes les avancées qu’a connues le cahier de doléances des syndicats dont la dernière en date concerne le décret fixant les taux mensuels de l’indemnité de résidence allouée au personnel enseignant de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale. Cependant, comme j’ai l’habitude de le dire ici sur des sujets similaires, les syndicats sont certes fondés à défendre les intérêts de leurs membres mais il serait bienséant pour eux de tenir compte des séquelles de leurs actions sur la vie de la nation. Par conséquent, j’exhorte le Gouvernement et les grévistes à un dialogue plus fécond et responsable. Il urge que cette crise scolaire soit enfin derrière nous, à jamais. Il ne s’agit plus de jouer au sapeur pompier, en tentant de sauver les années scolaires une à une, mais de sauver plutôt l’école malienne dans son ensemble et de manière durable », a dit l’honorable Issaka Sidibé. Selon lui, il s’agit de faire en sorte que l’avenir des enfants maliens ainsi que le devenir de la République du Mali ne soient plus hypothéqués par quoi que ce soit ou par qui que ce soit. L’honorable Issaka Sidibé a promis que l’Assemblée Nationale continuera de jouer tout son rôle à cet effet.

Aguibou Sogodogo

SourceLe Republicain Mali