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Débat politique : Quand la CMAS met le pied dans les plats

Il n’y a pas longtemps, le grand guide des Ançars Ousmane Madani Haidara a haussé le ton pour exiger des politiques un changement de comportement faute de quoi, les leaders religieux vont installer un Imam à Koulouba. Cette menace n’a pas pour autant effrayer la classe politique. Simplement parce que dans ce pays on ne réalise le danger que quand il frappe à la porte. Avec la naissance de la  Coordination des Mouvements, Associations  et Sympathisants de Mahmoud Dicko,   on est  en droit de se demander si la menace n’est pas en train d’être exécutée. Pour les législatives qui pointent le nez la CMAS avait même signé un pacte d’alliance avec la Convergence pour le Développement du Mali (CODEM) avant de renoncer à sortir du bois des candidats.

C’est une alerte à l’endroit de la classe politique jugée pourrie et corrompue. Ce coup de boutoir rappelle la naissance du Front Islamique du Salut dans les années 1990 dirigé par Abassi Madani et Aly Belhadj. Le mouvement a donné le premier coup de boutoir lors de la révolte des semoules à Alger en 1988. Face au chômage des jeunes à la corruption gangrenée, la société algérienne  a fini par se confier au mouvement islamiste qui avait remporté haut la main les élections législatives de 1992. Pour éviter le syndrome iranien, l’armée prend les choses en main et casse le processus. L’Algérie plonge alors dans une sanglante guerre civile. Dans l’histoire de l’humanité les dictateurs déguisés en démocrates profitent toujours d’une atmosphère délétère pour se faire une place au soleil. C’est le cas du caporal Adolphe Hitler qui n’a jamais été pris au sérieux jusqu’à son accession à la chancellerie par la force des choses, il finit par devenir un des dictateurs les plus cyniques de l’histoire en s’adjudant le titre de führer guide. Sa source d’inspiration l’Italien Benito Mussolini se faisait appeler le Duce et leur petit Franco le dictateur espagnol avait le titre de Caudillo. Quant au petit père des peuples Joseph Staline, il se croyait immortel. La classe politique malienne a sur la table suffisamment d’exemples  pour pouvoir se ressaisir.   Il est vrai que parmi les religieux  certains ne sont pas des modèles. Mais tous les horizons sont ouverts pour que dans un futur immédiat la représentation nationale soit dominée par des députés islamistes ou proches des milieux islamistes. Lors d’une grande rencontre sur l’emploi des jeunes en 2016 au palais des sports Salamata Maiga, l’Imam de la grande mosquée de Bamako El Hadj Koke Kale  avait attiré l’attention des autorités  sur un danger dans les mosquées. À ses dires dans certaines mosquées après les heures de prières les jeunes apprennent les arts martiaux à quelle fin, c’est à l’État d’ouvrir des enquêtes pour en savoir davantage. L’accélération du djihadisme au Mali a été rendue possible par les autorités de l’époque qui ont accueilli à bras ouverts toutes les ONG sans au  préalable chercher à savoir si derrière les dons il n’y avait pas d’autres arrières pensés. Juste après le lancement de la CMAS, la présidente de la cour constitutionnelle  Madame Manassa Danioko a haussé le ton pour mettre en garde contre tout regroupement politique à base religieuse susceptible de mettre en cause la laïcité de l’État inscrite dans la constitution du 25 février 1992.  Un autre facteur aggravant si les partis islamistes arrivent à se frayer un chemin, les partis à base ethnique feront surface. Dans la constitution de 1992, on aurait pu interdire les associations à base culturelle ou régionaliste. L’aggravation de la situation sécuritaire au centre est liée au comportement de l’association Ginna Dogon qui regroupe tous les Dogons du Mali  et Tabital Pulaku qui regroupent l’ensemble des peulhs du Mali.  Les dérives de certains acteurs du 26 mars 1991 ont contribué à semer les ferments de ce que nous vivons au nord qui a fini par contaminer le centre. Cette frange de la classe politique n’a pas encore dit son dernier mot et probablement celui qui succèdera au président El Hadj Ibrahim Boubacar Keita sortira de leur rang.  Le seul rempart contre une future immixtion ouverte des religieux dans la politique est sans doute la jeunesse. Problème, elle n’arrive pas à se défaire du carcan des acteurs de mars 1991   qui continuent à empoisonner  cette jeunesse à travers l’appât du gain facile. Quant aux femmes, elles continuent à chanter et à danser recevant des pagnes à l’effigie de ceux qui vont encore les tromper, les politiques. Dans l’histoire de l’humanité toutes les grandes révolutions ont été faites pour faire espérer la jeunesse. C’est pourquoi les dirigeants qui préfèrent sacrifier leur jeunesse finissent toujours à l’échafaud. Lors de la tentative de coup d’État   perpétrée par le général Lamine Diabira , le président Konare n’a-t-il pas dit qu’il ya des patriotes qui ne laisseront pas  le Mali sous la souffert. Le printemps arabe a été enclenché par l’immolation par le feu du jeune Mohamed Bouazizi à Sidi bouzid en Tunisie. Heureusement que la classe politique a su faire preuve d’intelligence sinon les islamistes radicaux étaient à deux doit de s’approprier cette révolution de la jeunesse tunisienne. Pour éviter le péril religieux au Mali, il revient aux politiques de faire preuve de bon sens .Sinon certains voient dans la candidature de certains qui sont incarcérés aux élections législatives, une façon de fuir la justice pour se réfugier à la représentation nationale. Ce qui n’est pas un bon exemple pour la jeunesse. Les vagues d’arrestation contre les maires qui pourtant ont été élus démocratiquement pour détournement à la pelle n’incite pas à l’optimisme. Donc attention au péril religieux .

Mariam Seba Samake

Source: Le Triomphe

 

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