Edito : Nécessaire mariage de raison entre Dicko et le M5-RFP

L’Imam Mahmoud Dicko, l’ex autorité morale du Mouvement de contestation qui a contribué à la chute du régime d’IBK, est en rupture de ban avec ses camardes du M5-RFP depuis le 18 Août 2020. Ils accusent Dicko d’avoir bradé leur révolution pour ensuite les abandonner, en allant s’associer  aux militaires pour  biaiser le changement pour lequel des nombreux maliens ont, non seulement,  battu le pavé des mois durant, mais aussi certains y ont perdu la vie. Pour rappel, juste après le coup d’Etat, l’imam Dicko avait déclaré être retourné à sa mosquée, alors même que les organes de la transition n’étaient pas mis en place. Choguel Kokalla Maiga et ses camarades du M5-RFP n’ont pas compris comment celui qui prônait la bonne gouvernance et  le changement puisse retourner à sa mosquée, alors même que les jalons pouvant constituer le soubassement du changement ne sont pas posés.

La junte militaire ayant parachevé le combat patriotique  du M5-RFP a eu l’outrecuidance d’écarter les acteurs du changement sous le nez et à la barbe de l’autorité morale, sans piper mot. Cette attitude de l’Imam avait donné lieu à beaucoup de commentaires, voire d’invectives à son encontre. Pour certains, l’imam de Badalabougou a vendu le M5-RFP à vil prix aux militaires en plaçant juste ses thuriféraires au CNT et au Gouvernement. Pour d’autres, il a dû monnayer sa voix pour ensuite retourner à la mosquée. Malgré toutes ces graves accusations à son endroit, Mahmoud Dicko n’a pas daigné répondre. C’est six mois après le début de la transition que le célébrissime Imam est sorti de son silence avec un manifeste d’une rare qualité stylistique et d’une analyse approfondie, sans concession, ni complaisance, de la situation sociopolitique du Mali, avant de lancer un appel pressant à toutes les forces vives de la nation pour sauver le bateau-Mali d’un probable naufrage. Repentance ou mea maxima culpa de l’imam ?

Dans tous les cas, il est aujourd’hui  dans de bonnes prédispositions morales de reprendre sa place au sein du M5-RFP et de continuer avec ses compagnons de lutte le combat pour le Mali. Choguel K. Maiga et ses camarades doivent-ils accepter la main tendue de l’Imam ?

La réponse est oui, et ce serait cette fois-ci un mariage de raison, mais pas d’amour,  car ni l’Imam Dicko encore moins le M5-RFP dans sa configuration actuelle ne sauraient prendre le dessus sur la junte, qui est en passe de se solidifier. Donc, il y a nécessité de se retrouver pour former un front commun. Cette deuxième union est nécessaire pour toutes les tendances, car chacune a non seulement émoussé son ardeur, mais aussi et surtout,  perdu son aura et sa crédibilité. Ainsi, sans aucun complexe, Dicko doit retrouver les siens pour former un large rassemblement de toutes les forces vives  et patriotiques de la nation afin d’édicter à la junte, qui n’a fait que parachever la lutte héroïque du peuple, la conduite à tenir pour sortir le Mali de l’abyssale crise de gouvernance, avec son corollaire d’insécurité et de corruption. Quant à Choguel et ses camarades, sans apriori, ils doivent accepter la main tendue de l’Imam, car  pour le Mali aucun sacrifice ne serait de trop.

En somme, face au risque de partition du Mali, et à la crise sociopolitique qui s’exacerbe tous les jours, il devient impérieux pour le M5-RFP et son ex autorité morale de se retrouver pour continuer le combat pour le changement.

Youssouf Sissoko

Source: Info Sept

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