Election présidentielle 2022 : Au-delà de la rude bataille du terrain des SBM, Poulo, Mara et Tiéman…

Selon plusieurs observateurs, Soumeylou Boubèye Maïga (SBM) de l’ASMA-CFP, Housseini Amion Guindo dit Poulo de la CODEM, Moussa Mara de YELEMA et Tiéman Hubert Coulibaly de l’UDD sont les leaders politiques en passe de remporter la course de la présence sur le terrain. Sauf que cette présence seule ne suffira pas.

A l’équation de la présence sur le terrain et en contact avec les populations, il faudra ajouter l’équation des alliances et de l’engagement des militants pour espérer peser lourd dans la bataille électorale pour Koulouba 2022.
Course effrénée sur le terrain
En effet, l’expérience a montré par un passé récent que l’URD de feu Soumaïla Cissé avait gagné la bataille de la présence régulière sur le terrain. Cela ne lui avait pas permis, par exemple, de terrasser le RPM et son leader IBK lors de l’élection présidentielle de 2013.
Depuis plusieurs semaines déjà, voire des mois, Housseini Amion Guindo de la CODEM, Moussa Mara de YELEMA le changement, Soumeylou Boubèye Maïga de l’ASMA-CFP et Tiéman Hubert Coulibaly de l’UDD apparaissent comme les leaders politiques les plus en vue sur le terrain, aux côtés des populations. A ceux-là, il faut ajouter Yeah Samaké du PACP, dont le parti a des efforts à faire pour davantage se faire connaître ; sans oublier Hadi Niangado du MPM, sauf que ce dernier assure qu’il ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle. D’aucuns parlent aussi de l’imam Mahmoud Dicko comme étant beaucoup sur le terrain, mais celui-ci n’est pas à classer parmi les leaders politiques à proprement parlé.
Ces leaders politiques sillonnent discrètement les régions et cercles pour aller à la rencontre des bases respectives de leurs partis, histoire de les préparer aux prochaines échéances électorales. C’est ainsi que les uns et les autres rivalisent d’ardeur pour écumer différentes localités des régions de Koulikoro, Sikasso, Ségou, Kayes, Mopti pour tenter de raviver la conscience électorale des populations en leur expliquant leurs positions par rapport à la Transition en cours.
Ces démarches, a priori salutaires, pour rehausser leur popularité, demeurent souvent insuffisantes pour gagner la bataille électorale, tant la conscience citoyenne des électeurs est plutôt faible. « Ils commencent à venir vers nous avec leurs grosses voitures, car les dates des élections se rapprochent», commentaient récemment certains jeunes de la région de Ségou. Comme pour dire qu’ils ne sont pas convaincus du caractère désintéressé de ces visites de terrain. S’y ajoute que certains Maliens ne pensent qu’au gain qu’ils peuvent tirer des acteurs politiques. « Qui peut leur donner quoi ? » demeure la préoccupation de nombre de Maliens surtout dans les zones rurales. Assistera-t-on encore à nombre de cas d’achat de conscience ? Ce n’est pas sûr, puisque la volonté de changement semble dominer. L’engagement et la conviction politique des militants seront tout aussi déterminants. Quels sont les partis qui ont le plus grands nombre de militants engagés et connus localement ? Quels sont les partis qui bénéficient de la confiance et de l’adhésion des familles les influentes dans les localités concernées ? Ce sont là aussi des éléments probants à ne pas négliger.
Rôle décisif des alliances politiques
En plus, à la question de la mobilisation des populations pour les votes, les leaders politiques doivent nouer des stratégies pertinentes d’alliances autour de leurs potentielles candidatures. Dans ce sens, les, alliances comme Djiguiya Kura-Espérance nouvelle de Poulo, l’Alliance Action Républicaine pour le Progrès (ARP) de Tiéman pourraient présenter un certain avantage, si leurs alliés politiques jouent le jeu en toute franchise. SBM et Moussa Mara parviendront-ils a nouer des alliances pouvant porter et doper leurs ambitions pour le palais de Koulouba ? Rien n’est impossible.
A ce niveau, certains observateurs estiment que ces alliances devraient travailler à s’élargir. Ce sera, par exemple, en tentant de piocher dans des états-majors traversés par des courants de déception ou de démobilisation. Les regards sont tournés vers les mastodontes de la scène politique comme l’ADEMA-PASJ, le RPM et l’URD.
En effet, chacun de ces partis a des soucis à se faire en termes de cohésion et de convergence de vues des troupes. Si à l’ADEMA-PASJ, l’éternel problème du choix du candidat consensuel va se poser, le président, Pr Tiémoko Sangaré ne rassemblant pas autour de sa personne, au RPM, le président, Dr Bokary Tréta est sujet à des critiques acerbes, surtout depuis le renversement du régime IBK, le fondateur et mentor du parti. Sans oublier qu’à l’URD, les orphelins et héritiers politiques de Soumaïla Cissé peineront à garder intact leurs rangs, alors que la succession du défunt leader pourrait entraîner des blessures ?
Enregistrer de nouvelles adhésions de taille
Les éventuels démotivés ou les démissionnaires de ces trois formations politiques devraient être rapidement happés par les partis ou les coalitions précités pour renforcer le potentiel électoral en vue de la présidentielle à venir. Encore qu’il n’est pas exclu qu’une dynamique unitaire ou des velléités grégaires se développent entre ces formations issues de ce qu’il était convenu d’appeler « la grande famille ADEMA ». Equation dont il ne faut pas priver la volonté pou le rôle des autorités actuelles par rapport aux perspectives électorales du pays. Les colonels putschistes auront-ils leur homme pour prétendre à Koulouba ? Rien n’est à exclure !
A cela s’ajoutera les possibilités de rapprochement avec des partis ou associations divers, qui sont à la recherche de locomotives politiques pouvant maximiser leurs chances de tenir le ticket gagnant. Il s’agit des partis comme le MPM, le PARENA, l’APR, le PSP, l’UM-RDA Faso Jigi et diverses organisations de la société civile comme le Haut Conseil islamique, le Conseil national des Jeunes etc.
En définitive, aux principaux leaders du landernau politique l’on pourrait envoyer la réflexion, comme le disait Jean de La Fontaine, « Rien ne sert de courir, mais il faut partir à point ».

Bruno Djito SEGBEDJI

Source : Mali Horizon

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