Il y a des traditions que l’Union pour la République et la Démocratie ne saurait enfreindre. Celle de la rencontre avec la presse, chaque année pour sa présentation de vœux, en est une occasion supplémentaire pour le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé de mettre à plat les combines et quelques « petits secrets » de la gouvernance IBK. C’était la semaine dernière à la maison de la presse de Bamako. En présence des militants et cadres de son parti, des partis amis et la presse venue en nombre, les 500 millions semblent plus l’aider à parler, à critiquer cruellement et fixer même le départ d’un chef de l’Etat qui semblerait ne pas commencer son mandat.

L’honorable chef de file de l’opposition ne s’est pas encore, une fois de plus, fait prier dans ses attaques ciblées aux allures de ripostes contre le chef de l’Etat qui perd son sang-froid et tombe dans les menaces.  

C’est un plaisir et une fierté, dira Soumi Champion, dans son discours introductif, de partager chaque année ces moments particuliers avec les hommes de medias. Tel un spécialiste, le chef de file a révélé aux journalistes un tableau qui n’honore pas la presse. D’abord la violence et les assassinats au niveau international en référence aux données de Reporters sans Frontières : « 65 journalistes et collaborateurs ont été tués selon le bilan publié le 19 décembre 2017 par l’ONG « Reporters sans frontières » contre 74 en 2017. L’ONG relève que dix femmes ont été tuées en 2017, contre cinq en 2016. C’est tout simplement inadmissible et révoltant.  Outre les journalistes assassinés, « Reporters sans frontières » a recensé un total de 326 journalistes emprisonnés dont 202 journalistes professionnels, 107 blogueurs et 17 collaborateurs des médias, contre 348 en 2017. »

Sur le plan national, il juge inadmissible la place du Mali dans le dernier classement. En dépit de la légère remontée de notre pays en termes de liberté de presse, le Président de l’URD voit toujours notre pays dans la zone rouge et dans les dernières places. Pour rétablir bien de valeurs et de principes, le chef de file table nécessairement sur une presse  digne de ce nom, libre dans ses analyses et dans ses révélations et ouvertes à toutes les couches sociopolitiques : « De la 122eme place en 2016, selon le classement de la liberté de la presse publié en 2017, le Mali est passé à la 116eme place et reste toujours dans la zone rouge. C’est tout simplement inadmissible! Les difficultés qui caractérisent l’exercice de votre profession sont donc réelles et les obstacles nombreux. Or pour redresser notre pays, retrouver l’unité nationale et restaurer l’autorité de l’Etat, il nous faut nécessairement renouer avec la liberté et la justice. Cela passe nécessairement par une presse de qualité, indépendante et plurielle, et disposant de moyens adéquats et de personnels bien formés.

« Aucun patriote digne de ce nom ne peut et ne doit se taire face à une telle situation. La liberté d’expression chèrement acquise doit être jalousement entretenue pour le confort de la démocratie. »

Sans jamais occulter le combat de bien de confrères, la miraculeuse disparition de notre confrère Birama est revenue dans l’adresse de Soumaïla Cissé : « Il y a deux ans le journaliste Birama Touré a mystérieusement disparu. Les enquêtes ouvertes n’ont toujours rien révélé et la justice est restée au point mort. »

   Pour Soumaïla Cissé, la presse a fortement contribué à la citoyenneté, à travers les dénonciations et les révélations. Elle n’a cessé d’interpeller et d’informer les maliens sur les scandaleuses dérives du régime : « Continuez à dénoncer les dérives insupportables d’un régime à l’agonie ! Continuez à interpeller l’opinion publique malienne et internationale ! En un mot, continuez à jouer pleinement votre rôle de 4ème pouvoir ! Pour l’honneur de votre profession, pour la dignité des Maliens et pour notre démocratie, soyez des résistants ! »

   Le travail de la presse, c’est celui d’une sentinelle en permanente alerte, qui veillera à la bonne gestion des ressources publiques et d’un comportement orthodoxe des responsables à tous les niveaux. Il  a conclu son chapitre sur la presse par l’encouragement des hommes de medias à ne rien céder face aux pressions d’un régime qu’il voit en agonie. Aussi, il exige aux journalistes d’être rigoureux et professionnels dans le traitement et l’exercice de leur profession :« Certains d’entre vous ont passé toute l’année 2017 dans l’inquiétude des menaces qui planent sur eux. Autant nous prônons le respect par les journalistes des règles déontologiques de leur profession, autant nous condamnons fermement les actes d’intimidations et les menaces à l’encontre des journalistes. Une presse libre est la condition d’une démocratie vivante et respectueuse de ses citoyens »

Le reste est un étalé de la vision de l’opposant qui perdrait dans de brefs délais, les 500 millions que lui offre un régime qui ne résiste plus aux assauts faits de contrariétés et de confidences aux yeux et à la barbe d’un peuple qui semble rêver. Incapacité, faute de leadership, insécurité et autres morts quotidiennes, le tableau est celui d’un pays dans les profondeurs abyssales de l’horreur et du désespoir.

Dans son décompte macabre, le chef de file des « Petits Messieurs » a sorti le chiffre de 700 tués pour la seule année de 2017 et plus de 2000 depuis l’élection du chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Kéita. Pour lui, c’est l’échec du pouvoir face à une situation sécuritaire qui s’empire : « Force est de constater que le pouvoir ne parvient pas à assurer la sécurité alors que la violence s’étend dans le centre du pays. » Mention a été faite aux victimes civiles et militaires, maliennes, africaines et étrangères.

Les nombreux et successifs gouvernements ne relèvent pas de la fatalité au dire de Soumaila Cissé. Le Président sortant, selon Soumi Champion, n’est pas à la hauteur des enjeux. Dans chacun de ses tirs, cet opposant agace et même choque par des mots qui ne semblent pas aléatoires. Direct, ironique et surtout sec dans ses prises de positions. Du haut de sa tribune, Soumaïla Cissé cible l’homme qui vient de se réveiller et à qui il souhaiterait montrer le chemin qui mène vers la sortiePour cela, il n y a qu’un seul et meilleur moyen : « Les Maliens ont été dupés. Pour sauver le Mali, il faut organiser des élections libres et transparentes. Pour en finir avec la crise, le Président sortant doit sortir. C’est de la responsabilité de tous ceux qui portent et incarnent une alternative crédible et démocratique. »

Qu’en est-il de la candidature unique de l’opposition ?

La réponse de Soumi est que c’est la volonté qui en discussion et que le mieux, c’est de pouvoir limiter les candidatures au sein de l’opposition. Chacun a ses ambitions et le constat de fond est entièrement partagé. S’il y a des candidatures déclarées, cela ne doit pas être un motif d’échec à une candidature unique. Le but étant qu’il faut faire sortir le Mali de l’incurie.

Qu’en est-il du Général Moussa Sinko Coulibaly, pourriez-vous cheminer pour ce changement ?

Le président de l’URD estime que le plus important, ce sera l’avenir. Tous ceux qui veulent sauver le Mali seront les partenaires et les collaborateurs de son parti.

                                                                                                                    ABC

 

Source: figaromali