Groupes parlementaires: une architecture hybride

Les députés ont procédé hier mardi à la mise place des groupes parlementaires conformément à leur règlement intérieur. Ainsi, six groupes dont un de l’Opposition ont été constitués. Contre la ligne du parti, les députés SADI ont décidé d’être dans le groupe ‘’Benso’’ qui fait allégeance à la Majorité présidentielle.  

 

Conformément à l’article 21 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, les groupes parlementaires ont été constitués ce 26 mai par les élus de la nation. La séance a été marquée également par le choix des présidents des différents groupes, mais surtout de leur positionnement politique à travers une déclaration politique. Une étape importance pour déterminer l’architecture politique au sein de l’Hémicycle. 

Ainsi, au cours de cette plénière, les députés ont pu mettre en place six groupes parlementaires, à savoir: le groupe RPM (51 députés), le groupe Adema PASJ (25 députés), le groupe Benso (20 députés), le groupe VRD (19 députés), le groupe MPM-UDD-UFDP-APR (19 députés), le groupe Mouvement pour le Renouveau Démocratique (10 députés).   Parmi lesquels, il n’y a qu’un seul groupe qui se réclame de l’Opposition. Il s’agit du groupe formé par les députés de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) appelé Vigilance Républicaine et Démocratique (VRD). Donc, la position de l’URD n’a pas varié, même si les élus du Parti ont été très critiqués récemment après avoir voté en faveur du choix de la majorité présidentielle pour l’élection du titulaire du perchoir avant que la direction de l’URD ne fasse un communiqué pour rassurer les militants. 

Dans la déclaration lue par le Président du groupe parlementaire (VRD), l’honorable Amadou CISSE a réaffirmé : « le VRD inscrit une fois encore ses actions dans l’Opposition ». Il  sera intransigeant sur les principes de la redevabilité. A l’image de la 5e législature, les députés du Groupe seront également intraitables devant la mauvaise gouvernance et la gabegie, a ajouté l’honorable CISSE. En tous cas, fort de ses 19 élus de la nation, le VRD fait le pari de n’avoir que l’intérêt du Mali au cœur de ses actions.

Par ailleurs, il a saisi l’opportunité pour rassurer également que les alliances politiques mises en place lors de la constitution des listes électorales lors des législatives de cette année ne peuvent en aucune manière influer sur le sens du vote des députés. Là aussi, l’honorable CISSE répond à des frustrations des électeurs contre des listes dites d’alliance contre nature. En même temps, il tire la couverture sur lui-même pour être allé en alliance avec un candidat de l’Adema dans sa circonscription électorale.  Et, ce n’est pas parce qu’ils sont allés ensemble, malgré leurs divergences, qu’ils ne peuvent pas voter l’un contre l’autre, a-t-il précisé. Cela ne figure dans aucune clause de constitution d’alliance.

Toutefois, il concède que ces alliances montrent la nécessité de faire nettoyage juridique afin de rendre les principes démocratiques conformes aux attentes de la population.  

L’Opposition fait allégeance à la Majorité

Contre toute attente, des élus des partis de l’Opposition ont décidé de cohabiter dans un groupe parlementaire fixant comme ligne de conduite le soutien aux actions du Président de la République et de son gouvernement. C’est le cas notamment du groupe parlementaire ‘‘Benso’’ dirigé par le richissime homme d’affaires Aliou Boubacar DIALLO. Surprise : parmi ses membres figurent des élus du Parti de Oumar MARIKO, aujourd’hui, l’un des plus grands contestataires du régime en place. Outre le Parti Sadi, ce groupe est constitué de l’ADP-Maliba, de la CODEM… 

« Notre ligne de conduite est dictée par le dialogue National Inclusif. Nous inscrivons nos actions dans le cadre de la Majorité présidentielle », a précisé l’honorable Aliou Boubacar DIALLO, président dudit groupe parlementaire.

Après la séance, le député SADI, Amadou Araba DOUMBIA, estime qu’il n’y a pas de contradiction dans sa démarche. Pour lui, sa décision n’engage pas le Parti SADI. « Je suis député. Je suis un élu de la Nation. C’est à ce titre que nous avons formé un groupe parlementaire », tente de se justifier l’honorable DOUMBIA.

Comme lui, des députés élus sous les couleurs du MPR, de l’UFDP, deux formations politiques de l’Opposition, sont également membres du groupe parlementaire de soutien aux actions et aux initiatives du Président de la République et de son Gouvernement. 

Le parti Yéléma esseulé 

Le Parti de l’ancien Premier ministre Moussa MARA est la seule formation politique à ne pas être dans un groupe parlementaire. En effet, selon le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il faut avoir au moins 10 députés pour former un groupe parlementaire. Or, YELEMA n’a que 3 députés. Donc, son vœu de créer un groupe ne dépend plus de sa volonté politique. Et la tentative de l’honorable MARA de constituer un groupe avec notamment le Parti SADI a échoué. Parce que le Président Oumar MARIKO n’était pas d’accord au motif que Moussa MARA n’est pas digne de confiance. 

Ayant affiché ses couleurs dans l’Opposition, le parti YELEMA se trouve ainsi un peu affaibli. Sa marge de manœuvre est très réduite. Mais pour Moussa MARA, la situation ne va pas  impacter négativement sur les initiatives du parti au sein de l’hémicycle. Pour lui, un député peut bel et bien jouer son rôle sans être dans un groupe parlementaire.  

Par ailleurs, la session a été marquée par une forte interpellation pour la libération de Soumaila CISSE qui a été enlevé le 25 mars dernier par des groupes armés. 

Par Sikou BAH

INFO-MATIN

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