D’émotions, a été faite la rencontre  du président Ibrahim Boubacar Keïta, mercredi, à Rome avec quelques centaines des 47.000 Maliens d’Italie. Cette opportunité, désormais une tradition bien ancrée, celle de s’enquérir des conditions de vie de nos compatriotes à l’étranger et leur donner des nouvelles du pays, a été cet évènement que les Maliens d’ici attendaient depuis très longtemps, trop longtemps. Ma voisine, dans la salle décorée aux couleurs du pays natal, bercée de la musique malienne, me souffle qu’elle vit là, depuis plus de dix ans, mais n’a pas eu l’occasion heureuse de voir un président de la République du Mali discuter avec ses compatriotes d’Italie.

Les mots de l’ambassadeur Aly Coulibaly ont donné le ton : l’attachement atavique des Maliens d’Italie aux valeurs de paix, leur engagement pour le dialogue, font de nos compatriotes des Maliens exemplaires. « En seulement sept mois de présence, que d’échos favorables n‘ai-je pas entendus sur les Maliens, leur sens de l’honneur, leur dignité, leur attachement au pays ? », a dit l’ambassadeur. D’ailleurs, leur mobilisation du jour en est l’illustration, a fait remarquer M. Coulibaly. Il a ajouté qu’aucun de nos compatriotes n’a mailles à partir avec les autorités italiennes

Cependant, nos compatriotes ont des difficultés que le président du Conseil des Maliens d’Italie, Mahamoud Idrissa Bouné, n’a pas totalement égrenées devant le Président de la République. Il en cité quelques unes sur les 17 dont la liste a été remise à Ibrahim Boubacar Keïta. « Certains de nos problèmes, ici, ont pour nom la difficulté, sinon l’impossibilité d’accès à la carte NINA, la question d’un consul général pour alléger les distances et les rais pour les procédures, les difficultés de relations et de communication avec le Consul général d’Italie au Mali… », a dit M. Bouné. Il s’est fait le porte parole de la bonne entente entre nos compatriotes d’Italie et l’ambassadeur Coulibaly dont le chef de l ‘Etat a largement loué la disponibilité pour le Mali et le sens de l’engagement national.

En guise de réponse aux propos de M. Bouné, le président a, d’abord, exprimé sa grande satisfaction devant autant d’honneurs qu’il a reçus mais faits au Mali,  dans ses différentes interactions à Rome, tant avec les organisations internationales qu’au Palais de la République italienne, par le président Sergio Mattarella.

Il a, ensuite, conseillé à nos compatriotes, dans un élan de sincérité non feinte, de garder ce pays (le Mali), d’en prendre soin, en rappelant la glorieuse histoire et la singularité du Mali dont on peut être fier et dont nous ne sommes pas, très souvent, conscients. Les fils de ce pays ne doivent pas oublier d’où ils viennent, d’où ils partent et « ne pas baisser la tête, raser les murs ».

Il s’est dit conscient « des conditions de vie infrahumaines » de nos compatriotes quand ils prennent le chemin de l’Europe, travaillent dans les plantations ». Et de s’émouvoir devant la cruauté de la Méditerranée :  « Combien d’enfants du Mali et d’Afrique, la Méditerranée a-t-elle avalés sur le chemin de la quête d’un vivre meilleur ? ». « C’est pourquoi, nous devons créer les conditions pour retenir nos enfants dans un pays de liberté. Nous ferons tout pour vous créer les conditions de rester mais je ne vous encouragerai pas à partir dans un monde devenu inhospitalier et égoïste pour l’homme », a déclaré le président Keïta.

Le président a analysé, pour les Maliens d ‘Italie, la situation sécuritaire du Mali, qui concerne largement le monde entier, d’où la solidarité mondiale autour du pays. « Le monde a compris que ce qui est en cause, ce sont nos valeurs universelles », a dit Ibrahim Boubacar Keita pour qui, ce n’est pas qu’une question militaire mais aussi de développement.

Une sympathique touche émotionnelle a été la présentation et une séance de photos avec un enfant qui porte le nom du président, parce que né le jour de son investiture pour son second mandat. Ce fut, aussi, une série de clichés avec des familles accompagnées de leurs enfants et également avec le Consul de Mali ainsi qu’une Italienne, tellement amoureuse du Mali qu’elle se fait appeler Coumba Traoré.

MD (AMAP)