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IBK cité dans un présumé scandale d’Etat en France»

L’affaire «Tomi Michel» ne serait que la face visible d’un gros iceberg non à la dérive mais intelligemment contrôlé par François Hollande aujourd’hui accusé par certains de ses concitoyens d’avoir créé un «cabinet noir» à son propre et unique service et dans le seul but de contrarier ses adversaires politiques. Le Livre est intitulé « Bienvenue Place Beauvau – «Police : les secrets inavouables d’un quinquennat» écrit par les journalistes Didier Hassoux, Christophe Labbé, et Olivia Recasens. Et IBK dans tout ça ? Un simple instrument aux mains du Corse et des politiques français est-on tenté de dire. Et il doit certainement sa survie politique aux jihadistes du Nord.

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Selon toute évidence, il apparaît clairement que le livre en question est désormais très recherché et pas seulement par les Français. Nos radars au pays de François Hollande révèlent en effet qu’un groupe de Maliens a été aperçu sillonnant les librairies de l’Ile de France tentant d’acheter toute la production. Eh bien, c’est mal connaître le système. D’ores et déjà, « Le Sphinx » pu se procurer un exemplaire. C’est dire que les chances de cacher le soleil avec la main ici sont quasi-nulles.

Les raisons d’un succès fou

C’est le jeudi 23 Mars dernier lors de l’Émission politique, un «scandale d’État» en France, que le probable candidat à la présidentielle française, François Fillon, a accusé le président en exercice François Hollande d’avoir créé «cabinet noir» «organisant des fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires».  «Il y a un livre qui sort ces jours-ci, dont j’ai pu lire les bonnes feuilles, qui a été écrit par des journalistes qui sont très loin d’être mes amis puisque deux d’entre eux sont des journalistes du Canard enchaîné», a fait valoir François Fillon, qui fait référence à Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat». Et ce fut le tollé !

Selon la presse française, «Valeurs Actuelles », en l’occurrence, «François Hollande aurait, depuis l’Elysée, coordonné une cellule pour, dans un premier temps, mettre hors-jeu l’ancien président, Nicolas Sarkozy. Cinq ans après sa défaite lors de l’élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy a été visé, lui et son entourage, par treize affaires. «Depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, c’est comme si une malédiction judicaire s’était abattue sur son prédécesseur», ironisent ainsi les trois journalistes».

François Hollande a, bien entendu démenti, mais le débat est encore plus que d’actualité en France. Et François Fillon qui a demandé l’ouverture d’une enquête officielle, n’est pas le seul à se sentir visé par la Police secrète de Hollande. Manuel Valls aussi. Et c’est là qu’interviennent IBK et Tomi Michel.

IBK, une simple marionnette ?

A en croire les auteurs du livre, des policiers et magistrats ont été chargés de filer Tomi, et constituer un dossier non contre le Parrain des Parrains, mais plutôt contre Manuel Valls également candidat à la présidentielle. Soit dit en passant, les faits se déroulent au moment où Hollande n’avait pas encore renoncé à sa candidature en 2017. Sa police secrète avait donc mission d’éliminer tous les potentiels obstacles à sa réélection. Manuel Valls et Fillon étaient visiblement de ceux-là.

Toujours est-il qu’à la suite des investigations de la «Police secrète» en question, fut mise à jour l’affaire de l’achat du Boeing présidentiel d’IBK sanctionnée par l’inculpation de Tomi Michel pour «corruption d’agents publics étrangers» et «blanchement de fraude fiscale».

Mais en quoi Manuel Valls peut-il être affecté par l’inculpation de Tomi Michel ? Les auteurs du livre nous livre la réponse : «leurs papiers [le rapport de la Police secrète] sur le parrain des parrains a été un gros motif de contrariété pour Manuel Valls… Ses ambitions africaines s’effondrent lui qui comptait sur son sherpa subsaharien Ibrahima Diawadoh N’jim pour lui ouvrir les portes de la région […].

Dans le carnet d’adresses de Diawadoh N’jim, «le Marabout de Valls» comme certains l’appellent, figure en bonne place IBK».

A croire donc que le but de la manœuvre était de nuire à Manuel Valls et à peine si les auteurs du livre ne soupçonnent Tomi Michel d’être membre à part entière de la Police secrète de François Hollande, en tout cas, au regard des déclarations du Corse : «On [IBK et moi] a voyagé avec deux policiers français et à l’arrivée, le GIPN (Groupement d’intervention de la Police Nationale) nous a escortés». Avec gyrophare et deux- tons».

S’il en est ainsi, pourquoi alors a-t-il été interpellé et inculpé pour «corruption d’agents publics étrangers» ? Pour de simples formalités ! Car après tout, le Corse se trouve à l’heure actuelle en liberté sous caution et ajoutent les auteurs du livre, «comme certains enquêteurs le redoutaient, les investigations vont faire long feu sur le volet international».

Sauvé par les jihadistes du Nord

Vous l’aviez certainement remarqué : l’affaire Tomi Michel et IBK s’est presque éteinte comme elle s’était allumée. Tomi Michel arrêté, inculpé et libéré et… pschitt ! L’explication se trouve certainement dans ce passage de «Bienvenue à Beauvau». Il est écrit ceci : «C’est à l’Elysée que la fin de la partie aurait été décidée : pas touche à IBK. Dans la guerre que mène la France contre Al-Qaïda au Maghreb, le Mali est une pièce-maitresse. Pour le Château, il serait inconcevable qu’un allié aussi précieux pour les troupes françaises de l’opération Barkhane déployée au Sahel se fasse enquiquiner par la justice. Pour les policiers comme pour les magistrats chargés de filer Tomi, le doute n’est pas permis. Les notes qu’ils ont adressées à Beauvau ont échoué de l’autre côté de la rue…».

Et patatras ! L’Elysée, ou du moins le « frère et ami François Hollande» aurait donc décidé de taire le dossier IBK que pour épargner les troupes françaises de l’opération Barkhane ! C’est dire, en tout état de cause, que le président malien reste encore un instrument de la France et le gros dindon de la France, pardon, de la farce.

 A.D et Batomah Sissoko

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EXTRAIT DE «BIENVENUE PLACE BEAUVAU»
IBK en bonne place dans le carnet d’adresses du «Marabout de Valls»

«Au fil de l »enquête apparaissent de manière récurrente dans l’album photo des enquêteurs de nouveaux personnages. Et non des moindres. Tel qu’Ibrahim Boubacar Keïta, l’actuel président du Mali. Très tôt en 2012, ce chef d’Etat africain est immortalisé au sortir de la Maison de la Truffe à Paris serrant dans ses bras Michel Tomi. Le roi des Casinos a pris soin de son ami qu’il a contribué à installer à la tête du Mali, mettant à sa disposition ses avions pour sa campagne. Lors des venues d’IBK à Paris, il lui paie ses séjours dans une suite à 30.000 euros par jour au Royal Monceau et s’occupe de sa luxueuse garde-robe ainsi que celle de son épouse. Comme Tomi l’expliquera plus tard, sur procès-verbal, au cours de ses auditions par les Magistrats français, «c’est parce qu’il se préoccupe de son look et de sa santé, alors que lui n’y pense ». Et de bien préciser : «Je n’ai pas besoin d’acheter un costume au Président pour faire une affaire au Mali».

En Décembre 2012, en marge du sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique, IBK grimpe dans un jet pour se rendre à la clinique de Marseille où son ami corse à ses habitudes. Lorsque nous interrogeons Michel Tomi sur cette prise en charge, il raconte avec malice : « ça m’arrive souvent. IBK, je le connais depuis 20 ans, pour moi, c’est un frère. Quand il est venu en France pour le Sommet franco-africain, il avait besoin de faire des examens en cardiologie, alors je lui ai envoyé mon avion pour qu’il descende à Marseille dans la clinique qui me soigne. On a voyagé avec deux policiers français et à l’arrivée, le GIPN (Groupement d’intervention de la Police Nationale) nous a escortés». Avec gyrophare et deux- tons.

Subitement, le 28 mars 2014, le puzzle secrètement et patiemment constitué se casse. Quelques jours après, l’ouverture d’un supplétif pour «corruption d’agent public étranger». Le Monde publie un article qui raconte par le menu l’existence d’une enquête sur Tomi mais aussi les liens entre ce dernier et IBK…

Tir de barrage au Château

C’est à l’Elysée que la fin de la partie aurait été décidée : pas touche à IBK. Dans la guerre que mène la France contre Al-Qaïda au Maghreb, le Mali est une pièce-maitresse. Pour le Château, il serait inconcevable qu’un allié aussi précieux pour les troupes françaises de l’opération Barkhane déployée au Sahel se fasse enquiquiner par la justice. Pour les policiers comme pour les magistrats chargés de filer Tomi, le doute n’est pas permis. Les notes qu’ils ont adressées à Beauvau ont échoué de l’autre côté de la rue…

[…] Leurs papiers sur le parrain des parrains a été un gros motif de contrariété pour Manuel Valls. Non seulement l’opération Minotaure qu’il a initiée a du plomb dans les ailes, mais ses ambitions africaines s’effondrent lui qui comptait sur son sherpa subsaharien Ibrahima Diawadoh N’jim pour lui ouvrir les portes de la région […].

Dans le carnet d’adresses de «Le Marabout de Valls» comme certains l’appellent, figure en bonne place IBK

Fin de partie

Finalement le 18 juin 2014, Michel Tomi est arrêté à Paris, ainsi qu’une vingtaine de personnes dans toute la France. L’opération Minotaure vient de s’achever. Elle aura mobilisé au sein de la PJ [Police Judiciaire] jusqu’à une quarantaine de policiers. Et un groupe d’une dizaine de fonctionnaires du renseignement. Au sortir de trois jours de garde-à-vue, le parrain des parrains est mis en examen pour dix-sept délits financiers ; dont «corruption d’agents publics étrangers» et «blanchement de fraude fiscale».

Les juges lui reprochent d’avoir corrompus plusieurs dignitaires qui, en échange, l’auraient laissé faire fructifier son empire en paix. Il est notamment question du Gabon de la passation d’un marché pour les uniformes de l’armée, et au Mali des conditions d’achat pour 36 millions de dollars du Boeing présidentiel d’IBK et d’un projet d’exploitation d’une mine d’or dans le pays. Comme certains enquêteurs le redoutaient, les investigations vont faire long feu sur le volet international».

Encadré


Pourquoi «la Place Beauvau» ?

Le ministère de l’Intérieur est le département ministériel du gouvernement français chargé traditionnellement de la sécurité intérieure, de l’administration du territoire et des libertés publiques. Installé à l’hôtel de Beauvau, dans le 8e arrondissement de Paris, à quelques pas du palais de l’Élysée, il est surnommé, par métonymie, «la Place Beauvau»

 

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