Après avoir reçu, samedi dernier, les représentants des partis politiques signataires de « l’Accord de gouvernance politique », le président de la Rue publique a bien voulu nous accorder un entretien. C’était dans le bureau ovale de Koulouba où, il dégustait un savoureux plat de haricot. Interviou.

 

Mr le président, j’aurais aimé que le président ATT soit là pour vous voir déguster ce plat de haricot.

Pourquoi souhaitez-vous qu’il soit là en ce moment ?

Parce que vous avez toujours dit que le haricot, c’est pour les Touré, pas pour les Maninka. Alors, que faites – vous, à midi, devant un plat de haricot ?

Vous êtes là pour l’interview ou pour jouer les diététiciens ? Si je lis une seule ligne sur cette histoire de haricot dans ton journal, je t’interdirai et ma maison et mon Palais.

Mr le président, les Maliens se demandent si vous irez jusqu’au bout dans la lutte implacable contre la corruption et la délinquance financière, que vous avez lancée, depuis quelques semaines, sous l’impulsion du Pôle Economique et Financier ?

Que nos concitoyens se rassurent : la lutte contre la corruption et la délinquance financière ira à son terme. Je ne protège personne. Tous ceux qui se sont rendus coupables de détournements de fonds publics vont devoir en rendre gorge.
Nul n’est et ne sera au-dessus de la loi. C’est fini !

Même vos amis, ceux qui se croient « intouchables », comme Bakary Togola, par exemple ?

Tous, sans exception !

Selon nos informations, les personnes impliquées dans l’affaire, dite des « avions cloués au sol » seront interpellées dans les jours à venir. Vrai ou faux ?

J’ai dit, tous sans exception ! Qu’ils soient civils ou militaires, ils répondront tous de leurs actes devant la justice.

Selon nos informations, le général Bemba Moussa Keïta et autres seraient dans le viseur du Pôle Economique et Financier. Est – ce vrai ?

Je n’en sais, strictement, rien !  Une certitude, cependant : le dossier est entre les mains du juge, qui peut interpeller qui il veut, quand il veut.

La semaine dernière, les réseaux sociaux annonçaient le « remplacement de Me Malick Coulibaly, ministre de la Justice, Garde des « Sots » par un ex-ministre de la Justice », dont le nom n’a pas été cité. Qu’en pensez- vous ?

Ce sont des fadaises, des loufoques de journalistes en mal de scoop. Je sais que les personnes soupçonnées d’atteinte aux biens publics sont impatientes de voir Me Malick Coulibaly partir du ministère de la Justice où, il a fait et continue de faire un excellent travail.
Mais ils perdent leur temps. Malick n’ira nulle part, parce qu’il est investi d’une mission : la traque des fossoyeurs du dénier public, jusque dans leurs chiottes. Et elle ne fait que commencer.

La mise en place d’une commission spéciale d’enquête, sur l’affaire dite des « avions cloués au sol » a été adoptée, samedi dernier, par l’Assemblée nationale. N’est-ce pas un pas important pour faire toute la lumière sur cette affaire, qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Bien sûr ! Parce qu’elle permettra de faire toute la lumière sur cette affaire, à laquelle certains apprentis- sorciers tentent d’associer ma famille. Car, si cette commission d’enquête n’est pas mise sur place, certains diront que c’est parce que ma famille y est mêlée ; alors que cette affaire a été annoncée, publiquement, par moi-même. Ensuite, par le président de la Commission-Défense de l’Assemblée nationale, à Paris, devant les députés gaulois.

Mr le président à qui attribuez-vous ces rumeurs de coup d’état militaire, qui circulent dans les « Grins » et les salons feutrés de notre belle et sale capitale ?

Je n’en sais rien. Du moins, pour l’instant. Mais si ces rumeurs ont été ventilées – par des personnes qui se seraient rendues coupables d’atteinte aux biens publics –  dans le but inavoué de me faire peur, ils perdent leur temps. La lutte contre la corruption et la délinquance financière ira jusqu’à son terme. Elle est irréversible.

Propos recueillis par Le Mollah Omar

Canard Déchaîne