La désignation de Dramane Dembelé bientôt devant les tribunaux ?

«L’histoire retiendra que la Commission des bons offices dirigé par Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara de 2013 aura été à la base de la déconfiture de l’Adéma-Pasj… Le complot de haut sommet contre l’Adéma est en route, attendons de le voir. Et je vous le dit, l’Adéma court de gros risques de se voir privée de candidat à la prochaine élection présidentielle, parce que, je le pense profondément, la candidature de Dramane Dembélé (dit Dra) sera invalidée par la Cour constitutionnelle. Ce sera certainement la sanction populaire qui voudrait faire de l’Adéma, l’auteur de tout ce qui serait arrivé de mauvais à notre pays». Ces propos très amers sont d’Ousmane Bamba, expert/consultant en droit, criminalité et sécurité des nouvelles technologies, non moins fervent militant du parti des abeilles. Autant dire que dans la Ruche, ça sent mauvais et qu’un clash est inévitable.

Dramane DembeleDepuis la désignation de Dramane Dembélé par la Conférence nationale comme candidat à la prochaine joute présidentielle, sur proposition de la Commission de bons offices de l’Adéma-Pasj, rien ne va plus au sein de cette formation politique. Il nous revient en effet que depuis, dans la Ruche, ce ne sont que des bourdonnements, des grincements de dents, de la frustration et de l’indignation. Des voix s’élèvent pour dénoncer le complot ourdi par les membres de la Commission des bons offices pour imposer Dramane Dembélé qui, dit-on, a usé de son fric pour les influencer. C’est pour cette raison que l’on annonce un clash dans la Ruche,  d’ors et déjà, certains ténors étant prêts à claquer la porte pour se rallier à certains partis politiques. Dans cette optique, une pétition circule sous les manteaux à Bamako et à l’intérieur du pays, histoire de contraindre le Comité exécutif de l’Adéma, devant les tribunaux s’il en était besoin, à annuler la candidature de Dramane Dembélé.

«Nous désavouons avec véhémence le mauvais travail opaque fait par la Commission des bons offices qui, du point de vue politique et juridique, aura outrepassé son mandat. Sur le plan politique, je voudrais savoir de quel droit la Commission Ag Oumarou pense qu’elle n’a pas de comptes à rendre aux militants ; qu’elle ne doit pas nous dire sur quelle base elle a retenu son candidat au motif que c’est un secret de délibération. Et tout porte à croire qu’il n’y a eu de secret de délibération que ce que l’argent et l’achat des consciences a pu taire. Tout se saura un jour. Il y a anguille sous roche. C’est véritablement dommage pour l’Adéma aux idéaux si nobles, bafoués à chaque occasion historique par ses propres militants et par ses propres fondateurs», s’indigne l’auteur de la pétition Ousmane Bamba contre la décision de la Commission des bons offices.

Et de poursuivre : «Le rachat des consciences et le pouvoir de l’argent qu’on a déplorés lors des premières primaires de l’Adéma, refait surface, pauvre Adéma ! Le seul critère d’une candidature ne peut pas être seulement la jeunesse. Il faut à la jeunesse la capacité, la formation, le parcours, la notoriété et la compétence nécessaire pour conduire le pays. L’ambition dont on n’a pas la preuve, est un crime».

Sur le plan juridique, soutien le pétitionnaire, en droit international, une Commission des bons offices n’est pas une Commission de médiation, ni une Commission d’arbitrage. «Et tout militant Adéma qui peut justifier cette qualité, a le droit de contester la légalité de la candidature retenue devant les tribunaux compétents. C’est cette bataille que nous comptons mener au nom d’une conviction», explique M. Bamba.

Dra, un candidat de moralité douteuse ?

Si la candidature de Dramane Dembéle à la présidentielle de juillet prochain soulève des vagues au sein de la Ruche, ce n’est pas seulement parce que ce dernier a pu corrompre les ténors et les délégués du parti, mais surtout qu’il a une moralité très douteuse. En effet, à lire entre les lignes de la pétition d’Ousmane Bamba, on comprend aisément qu’il y a des règles spécifiques qui moralisent le financement d’une campagne et le candidat retenu devrait pouvoir justifier le niveau de financement et surtout la provenance de ses fonds de campagne. «Dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent, l’argent de la drogue et du narcotrafic, des règles spécifiques et des accords ont été signés par le Mali et qui nous engagent. Nous ne présumons de rien, mais chacun doit justifier ses fonds de campagne. A mon avis, aucun fonctionnaire malien, fut-il directeur national de la Dngm, ne peut justifier, en seulement 5 années d’exercice, une fortune aussi colossale allant dans l’ordre d’un milliard, comme celle dont on crédite Dramane Dembélé. Notre combat à l’Adéma n’est pas un combat d’homme, mais de principe et plus jamais, nous n’accepterons pas que nos consciences et nos droits soient violés. ..Nous n’excluons pas un recours en justice contre la candidature du camarade retenu…», affirme Ousmane Bamba, très remonté.

Puis d’enfoncer le clou : «Quelqu’un qui, il y a si peu de temps, était en liberté provisoire sur des chefs d’accusation extrêmement gravissimes, se voit, par une poignée de 6 personnes, plébiscité par l’argent, comme candidat de l’Adéma. Dans un pays où on n’a pas pu faire accepter, avec argument à l’appui, la candidature d’ATT au motif qu’un général ne démissionne pas ; et tout récemment la loi illégale d’amnistie au bénéfice d’une constitution qui, elle-même ne reconnaît pas un coup d’Etat et qui le qualifie de crime imprescriptible contre le peuple malien ; dans un pays où on n’a pu falsifier l’histoire en faisant passer un coup d’Etat pour une mutinerie qui a abouti à la démission d’un président, on ne manquera pas sûrement d’arguments pour invalider la candidature de l’Adéma à la prochaine présidentielle».

En somme, avec ces déchirements internes qui naissent de  jour en  jour au sein du parti Adéma, surtout après la désignation de Dra, nous pouvons dire, sans risque de nous tromper, que tout est bien parti pour que cette formation politique rate, comme en 2002, la route pour Koulouba. A moins que ses militants et sympathisants se ressaisissent assez vite pour rectifier le tir, avant qu’il ne soit trop tard.

E. BRUNO

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