Faut-il le rappeler, leur amitié a commencé sous l’ère Alpha Oumar Konaré pendant son premier quinquennat, lorsqu’IBK en qualité de premier Ministre avait ordonné à ce qu’un avion soit dépêché pour ramener le Cherif de Nioro malade à l’époque afin de le soigner. A travers cet acte l’estime s’est installée et s’est encore renforcée lors d’une mission du parti ADEMA conduite par IBK en 2000 dans le cadre d’un apaisement du climat politique entre le PARENA allié du pouvoir et le Cherif. Au retour de ladite mission, le Cherif a fait des bénédictions à IBK après l’avoir mis en garde de ne pas prendre le chemin du retour sans passer le voir. IBK a respecté à la lettre cette consigne, ce qui lui a permis d’être sauver sur le chemin du retour lorsque l’avion qui ramenait la délégation, a fait face à une tornade qui empêchait toute visibilité. Cette situation est devenue inquiétante lorsque le commandant de bord de l’avion est venu se mettre au garde à vous, pour annoncer à IBK que l’avion n’avait plus de carburant. Excepté quelques braves missionnaires de l’équipe d’IBK dont Madame Sy Kadiatou Sow et IBK lui-même, tous les autres membres de la mission se sont mis à vociférer  sur  IBK qui a gardé son calme olympien, en attendant  le pire. C’est finalement un éclair soudain qui a permis au pilote d’apercevoir  la piste d’atterrissage. Ce dernier a aussitôt entamé les manœuvres d’atterrissage malgré la faible  visibilité. Après cet atterrissage miracle, l’avion n’a pas fait plus de 100m pour tomber en panne sèche  de carburant.

Entre temps le Président Alpha après avoir cherché en vain des nouvelles de l’avion qui n’avait plus aucun contact avec la tour de contrôle  s’apprêtait à faire un message de deuil à la nation. Suite à cette situation, IBK le disait à qui veut l’entendre que c’est grâce aux bénédictions du Cherif, que lui et sa délégation ont été sauvés. La confiance a régné entre les deux hommes depuis cette date. Après le coup d’état du 22 mars 2012 contre le Président ATT, le Cherif de Nioro s’est investi auprès du capitaine Sanogo afin qu’IBK, prenne la tête du Mali pour le bonheur du Mali et des maliens. Pour ce faire le Cherif avait conclu  un deal avec  IBK  accepté par  la junte militaire. Il faut reconnaitre que tous ces accords n’étaient pas républicains, malgré cela, IBK a les accepté. C’est là tout son tort et c’est le non respect de ces engagements  qui a mis fin au deal entre les deux hommes. Le Cherif de Nioro s’est senti trahi par IBK. Il s’est mis à critiquer la gouvernance du premier mandat d’IBK jusqu’à l’élection présidentielle au cours de laquelle, il a donné des consignes de vote contre IBK. Qui a tort ? Qui a raison ? En tant que Républicain, IBK devrait éviter de s’engager dans des situations qui discréditent non seulement la gouvernance, mais aussi, l’institution qui est la Présidence de la République. Il devrait mettre la République au-dessus de toute relation personnelle. Le Cherif est allé jusqu’à bannir le régime d’IBK. Voici donc les raisons de la brouille entre les deux hommes. Selon le journal Nouvel Horizon n°5560 du mardi 23 octobre 2018, le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita (IBK), s’est rendu à Nioro du sahel, en milieu de matinée, hier lundi, 22 octobre 2018. Officiellement : c’est pour ‘’une présentation de condoléances à la famille du Cherif de Nioro’’, Mohamed Ould Cheickna, qui aurait perdu un proche. Mais officieusement, c’est pour un éventuel rapprochement entre le chef de l’Etat et le Cherif de Nioro, qui a soutenu un autre candidat (Aliou Boubacar Diallo), qui est devenu le 3ème  homme du scrutin lors de la présidentielle du 29 juillet dernier, contre IBK, qu’il avait soutenu ouvertement lors du  scrutin  présidentielle de 2013.

La situation actuelle du Mali à l’entame du deuxième mandat d’IBK n’augure pas une atmosphère politique calme. En effet, l’opposition à travers le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) a averti qu’IBK s’en ira du pouvoir dans 6 mois et il ne dormira ni à Sébénicoro, ni à Koulouba. Sachant qu’IBK a procédé aux bourrages d’urnes pour avoir un second mandat et que les observateurs internationaux et les Présidents Européens, ceux du G5-Sahel, la Communauté Internationale à travers l’ONU et les USA ont avalisé cette situation, les différents fronts de l’opposition n’entendent pas rester en marge de l’éveil de la conscience nationale. Ils savent qu’un deal a été passé entre les Nations-Unies, la France, les pays européens et IBK pour aller à la partition du Mali dans un délai de 6 mois. Le redécoupage actuel proposé aux autorités va dans ce sens. Les populations semblent avoir compris le jeu d’IBK, du ministre de l’Administration territoriale et la Communauté Internationale. C’est pourquoi, il est dénoncé du nord au sud par le peuple qui le qualifie de complot contre la République. Cette situation peut être les prémices d’une révolte populaire contre le régime. Un autre aspect qui en rajoute au pourrissement du climat social est la grève des écoles privées auxquelles l’état doit environ 11 milliards F CFA.

A chaque sortie du Président à l’extérieur surtout en occident, la diaspora malienne s’organise pour le huer en le traitant de voleur électoral. Il y a presque 90 jours que les magistrats ont entamé une grève au motif que le gouvernement n’a pas honoré  ses engagements signés depuis 2017.IBK acculé de toute part ! Blessés dans leur amour propre, les magistrats ont finalement transformé leur engagement syndical en un baroud d’honneur. Ce durcissement de ton indique que le plus difficile pour IBK n’aura pas été sa victoire contestée à la présidentielle passée, mai le début d’un mandat programmé pour être difficile. Le commandant de bord du bateau Mali semble avoir raté le tir dès l’amorce de son second quinquennat : le navire est ivre, corrompu et les passagers sont malades.

Les maliens sont de plus en plus pessimistes quant à l’avenir du Mali sous IBK, surtout lorsqu’on les fait savoir que plus de 32 milles ex-combattants sont inscrits pour être intégrés dans l’armée malienne. Le peuple sait que ce nombre n’existe nulle part si ce n’est avec  l’apport des éléments mauritaniens, des libyens, des éléments du Front Polisario, des djihadistes algériens et autres. Cette situation est une cause de déception pour les populations du nord. A Kayes, les populations ont décidé de descendre dans la rue pour réclamer la dotation du plateau technique de leur Hôpital régional en scanner et en appareil de dialyse et autres appareils nécessaires à son fonctionnement. Elles ont constaté que pendant la campagne électorale, IBK a distribué l’argent du contribuable sans compter. C’est à partir de ces gestes que les populations se sont soulevées  pour demander leurs droits. Tantôt des villes ou des villages ont  dressé  des  barricades sur   certaines routes  nationales pour exiger leur réhabilitation. Deux mois après l’investiture, c’est l’argent qui manque le plus avec 400 milliards de F CFA de dettes intérieures. Même avec la célébration du  cinquantenaire, et bien qu’il y ait  eu la signature d’un accord biaisé élaborer par les français, le drapeau de l’Azawad flotte encore sur la ville de Kidal. Le peuple se trouve trahit par le Président IBK et son premier Ministre.

Les deux cours à savoir la cour  constitutionnelle et la cour  suprême sont sous la pression de la compromission et de  la collusion avec le pouvoir. Elles sont accusées d’être à la solde du régime. Un pacte pour la paix vient d’être signé, il y a 15 jours qui prévoit qu’en cas de blocage dans la mise en œuvre de l’accord d’Alger, que la Communauté Internationale se substitue à l’Etat et aux groupes armés pour en imposer aux deux parties par la force. Toute chose selon le peuple qui  pourra conduire à la partition du pays. Dans les régions du nord, la mort est le quotidien des populations, malgré la présence des forces internationales, elles-mêmes soumises aux attaques terroristes au même titre que les  FAMA. Le bannissement du régime d’IBK est-il entrain de se mettre en place, car tous les indicateurs socio-économiques et humains sont au rouge ?

Aujourd’hui, la situation est critique. Tous les péchés d’Israël sont à notre porte. Une misère imposée, l’injustice, l’inégalité scandaleuse, le chômage, l’analphabétisme, la corruption, les violences de tout genre, tous ces fléaux, sont-ils tombés sur nos  têtes ?

Badou S. KOBA

Source: Le Carréfour