Après une longue disette consécutive à ses bisbilles au sein de l’Adema, son ancien parti, le PM SBM reprend du poil de la bête dans son bastion politique.

Il s’agit de la Commune III où il a longtemps assuré le rôle de Secrétaire politique de la section du Pasj avant d’abandonner du terrain au profit du Maire du District Adama Sangaré.

La création de l’Asma-CFP, dans le sillage de son départ de l’Adema, n’a pas donné lieu à un rebondissement de l’homme dans son fief. Mais avec son accession à la Primature, la Commune III n’est point en train de résister à la vague SBM. Comme un peu partout à travers le pays, le microcosme politique du cœur de la capitale malienne est tombé sous son nouveau charme.

Et, tenez-vous bien : les adhésions viennent du côté où on s’y attend le moins. Il s’agit de la très ancienne dissidence conduite par l’ancien président de la Jeunesse Adema parti au Rpm, Alassane Deamé, et l’ancien adjoint au maire de la Commune M. Semega.

C’est au dernier nommé, du reste, que devrait revenir le privilège d’être le porte-étendard du parti du Premier ministre aux législatives. L’ASMA en tire quant à lui le parti de disposer d’un embryon là où elle rêvait à peine d’en disposer.

Les habitants de Missabougou s’indignent

Face à l’empoisonnement impitoyable dont ils sont l’objet depuis l’ouverture mitigée du chantier des accès au 3ème Pont, les pauvres riverains de ladite voie publique n’ont pu se retenir de sortir de leur silence. Une manifestation musclée a ainsi pris d’assaut la rue pour obstruer le passage des gros-porteurs et autres usagers qui déversent depuis plus d’un mois de la poussière rouge sur les occupants des demeures environnantes. La fluidité de la circulation en a été affectée durant plus d’une heure avant que les manifestants de Missabougou ne lèvent le blocus. Ils se sont donné rendez-vous la semaine prochaine pour poursuivre la grogne contre les affres d’une agression écologique qui se manifeste depuis quelques semaines par une épidémie de toux chez les sujets les plus faibles : les enfants. La faute à la boulimie d’un maître d’œuvre qui continue de lésiner sur les fonds malgré les cris du cœur de ses victimes. En effet, en violation des clauses propres à tous les marchés de même nature, le rythme d’arrosage quotidien du chantier n’est jamais respecté en dépit de la proximité du fleuve. Où sont passés les ressources ? La colère et les manifestations populaires à Missabougou demeureront légitimes aussi longtemps que l’équivoque n’est pas levée sur l’énigme par l’entreprise RAZEL.

Tiéman Hubert refuse le divorce

Le président de l’UDD et non moins ancien ministre des Affaires étrangères, Tieman Hubert Coulibaly, n’est pas disposé à entrer en rébellion pour un maroquin ministériel. Il l’a fait savoir lors d’une sortie médiatique, la semaine dernière, coupant ainsi court aux présomptions de froid dans ses rapports avec le pouvoir. Ainsi, en dépit d’avoir été laissé sur le carreau contre toute attente, le président de l’UDD ne désespère pas de rééditer le même scénario que jadis : retourner dans l’équipe gouvernementale entre deux remaniements. Et comme à la dernière expérience du genre, il se pourrait que le futur éventuel revenant effectue un retour bien plus fracassant. Et pour cause, il se susurre que c’est sur lui qu’IBK et la famille présidentielle reposent ses espoirs d’une conduite loyale de la dernière ligne droite du second mandat ainsi que les schémas y afférents. En clair, il n’est pas exclu que les rênes de la Primature reviennent à Tieman Hubert Coulibaly en cas de libération de Soumeylou B Maiga. C’est peut-être même le pressentiment (ou la promesse ?) qui le retient de battre froid en dépit des circonstances mitigées de son absence dans l’équipe de Soumeylou Boubeye Maiga.

Le Rail Da et toujours…fidèle à sa réputation

Les «Bouches du Rail» sont redevenus une épine dans les pieds des hautes autorités. Pour preuve, la chienlit qui avait naguère presque disparu reprend de la vigueur. Les marchands en tous genres se sont à nouveau  réinstallés comme à demeure et dans un confort tel que les véhicules ne trouvent plus de passage sur l’anneau-sotrama complètement recouvert d’installations exposées à même le goudron. L’administration de l’Assemblée nationale avait pourtant un moment bien maitrisé les occupations illicites en recourant notamment aux services des gardes qui pullulent à l’intérieur et autour de l’hémicycle. Mais le hic est que l’institution parlementaire est manifestement fragilisée par la polémique sur la prorogation du mandat des députés au-delà de son terme constitutionnel. Au demeurant, les parlementaires continuent de vivre avec la menace d’un siège populaire brandi par certaines associations hostiles à la prorogation. Les occupants illicites n’ignorent pas apparemment que l’institution s’en trouve en assez mauvaise posture pour ne pas vouloir en rajouter aux hostilités. Et à défaut de se joindre aux tendances politiques adverses, les vendeurs s’en délectent en exploitant anarchiquement le moindre espace.

Les structures autonomes de l’Etat sont-elles ponctionnées ?

La question est d’autant moins superflue que les EPA et ÉPIC ne connaissent pas une diligence trésorière meilleure à celles des démembrements directement subordonnés aux départements ministériels et autres structures étatiques. Cette similitude atypique, selon nos sources, n’est que la conséquence de l’insupportable disette de recettes qui frappe de plein fouet le fonctionnement de l’administration dans son ensemble. A un point tel que même les structures se distinguant par une pérennité de leurs ressources ne sont pas épargnées. Et pour cause, leurs dotations budgétaires sont les cibles de ponctions assez fréquentes pour qu’ils soient en deçà de leurs engagements vis-à-vis de leurs nombreux prestataires et fournisseurs. En clair, la plupart des déplacements et autres dépenses de départements et même d’institutions de la République sont supportées par les EPA et EPIC.

En conséquence, ce n’est pas seulement au trésor public que les fournisseurs maliens rencontrent la tragédie des paiements  de la contrepartie de leurs prestations.

Démissions en cascade au groupe VRD

Sans doute était-il écrit depuis le départ que le Groupe parlementaire d’opposition VRD (Vigilance Républicaine et Démocratique) n’allait pas terminer la législature au complet. Après le député Urd de Bankass, Adama Paul Damango, qui avait rejoint armes et bagages l’ADP, c’est au tour de son collègue Adama Kané de faire ses affaires. Le candidat malheureux de la présidentielle a officialisé son départ la semaine dernière en profitant notamment de la caution, par son groupe d’appartenance, de l’opprobre que l’un des membres n’a de cesse de jeter sur le leader  religieux Chérif Ousmane Madani Haidara. Le nouveau député démissionnaire de VRD est en effet un adepte indéfectible du leader d’Ancar Dine et n’a pu supporter d’entendre ses compagnons politiques traîner dans les égouts sa réputation au détour d’une salissante affaire de corruption politique.

En attendant l’issue de la polémique sur les 100 millions, la liste des démissionnaires du groupe de l’opposition risque de s’allonger avec un autre départ de taille dont on parle si fréquemment dans les couloirs. Il s’agit du très actif député Alkeïdi Touré Urd de Diré dont la démarche pourrait être motivée par les ressentis de la conférence élective en rapport avec les législatives avortées. L’intéressé, explique-t-on, ne tolère pas que le parti lui ait préféré un autre porte-étendard à Diré

La Rédaction

Le Témoin