L’accord de paix au Mali, issu du processus d’Alger, sera l’un des dossiers qui seront examinés au sommet du Conseil de paix et sécurité de l’Union africaine (CPS) qui réunira samedi à Addis Abeba plusieurs chefs d’Etat africains.

“Le CPS sera informé de la relance du processus de la mise en œuvre de l’accord et des avancées enregistrées ces dernières semaines en particulier avec la tenue de la 4 ème réunion ministérielle du Comité de suivi de l’accord (CSA) et le redéploiement des forces maliennes recomposées au nord du pays”, précisent à l’APS des sources proches de la réunion.

Ce redéploiement acté par la dernière session du CSA, présidé par l’Algérie, est perçu comme une affirmation forte de l’autorité de l’Etat malien sur le territoire, notamment sur Kidal ville symbole, qui lui a échappé de longue date.
Le retour de l’armée à Kidal constituera sans doute une étape déterminante dans la mise en œuvre de l’accord de 2015.

Au Conseil paix et sécurité de l’Union africaine, il est reconnu le rôle moteur de l’Algérie dans la relance de ce processus et où l’on se félicite de la volonté du président de la République Abdelmadjid Tebboune de faire de la stabilisation du Sahel la priorité de la politique extérieure de l’Algérie.

Le sommet du CPS samedi à Addis Abeba sera centré sur deux questions préoccupantes en Afrique, le Sahel et la question libyenne.

Jeudi le chef du CPS, l’Algérien Smail Chergui, a appelé à un sursaut de la Communauté internationale au Sahel similaire à celui qui a permis de vaincre Daech en Irak et en Syrie pour éliminer rapidement tous les groupes terroristes en Afrique.

“Du reste on se pose la question pourquoi il y a une telle mobilisation en Irak et en Syrie et pourquoi pas la même mobilisation en Somalie et au Sahel, est ce qu’on pas la volonté d’en finir rapidement”, a déclaré le commissaire à la paix et la sécurité de l’UA dans un entretien à l’APS.
Chergui a planté un décor sombre de la situation au Sahel : arrivée massive des combattants de l’organisation terroriste autoproclamée “Etat islamique” dans la région, prolifération des armes, évolution des modus operandi des attaques terroristes, porosité des frontières et manipulation des violences intercommunautaires par des groupes terroristes.

Autant de défis que la communauté internationale devrait “adresser dans les mêmes termes et avec les mêmes moyens” que les autres défis globaux, a-t-il soutenu dans le même entretien tout en insistant sur l’appropriation sécuritaire des pays du Sahel.
Le Commissaire a rappelé la contribution remarquable du Comité de libération de l’OUA pour débarrasser le continent du colonialisme et de l’Apartheid estimant qu’il était temps d’envisager une action similaire sur le terrorisme avec le soutien de la communauté internationale.

APS