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Le Mali sous IBK : La liberté d’expression menacée par des politiciens amateurs !

Vendredi 10 février 2017, l’Assemblée Nationale du Mali, par la voix de son Premier-vice-président, Moussa Timbiné, a fait passer un communiqué sur les antennes de l’ORTM au journal parlé de 20 heures. Ledit communiqué fait suite à la publication de l’article du Journal Le Figaro du Mali qui cite le Président de l’Assemblée Nationale dans un scandale sexuel avec sa secrétaire. La position de l’Institution attendue avec impatience a plus que déçue !

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Loin d’être impartial, Moussa Timbiné s’est lancé dans une aventure de guerre avec pour volonté affichée, abattre l’auteur de l’article. Timbiné dément et condamne l’article et par la suite dit être convaincu qu’il y a des desseins cachés derrière dans l’unique but de ternir l’image de l’institution et par-delà le Mali. Premier couac, il ne souligne nulle part et ne condamne l’enlèvement de notre confrère pendant trois heures par des hommes proches du Président de l’Assemblée Nationale. En clair, ce qui a rendu l’affaire aussi célèbre, les proches politiques de l’accusé sont passés par tous les moyens possibles pour connaitre la source de l’information sans succès. Pendant sa séquestration, les kidnappeurs de notre confrère lui ont fait des propositions d’argent, il a décliné ; ils l’ont menacé il a résisté… Après, ce sont des journalistes et politiques qui ont tenté de convaincre notre confrère à, cette fois-ci, prendre de l’argent et de démentir la même information, donc le conseiller, pour soigner l’honneur de celui impliqué dans le scandale, à briser sa jeune carrière au profit des pièces sonnantes et trébuchantes. Comme tout cela a échoué, il fallait passer par d’autres procédures comme le confirme la sortie ratée, qui enflamme davantage la situation, de Moussa Timbiné. Ce même Timbiné qui traite le journaliste de tous les mauvais noms du monde, Ammy Baba Cissé confirme dans un texto publié sur sa page facebook avoir démarché à plusieurs reprises Moussa Timbiné et le Président de l’Assemblée Nationale sans parvenir à les voir. Alors peut-il parler de non recoupement de l’information si ceux démarchés se croyant des rois, ferment leur porte aux autres… aux journalistes qu’ils considèrent comme des ennemis qui sont jaloux de leur pouvoir et veulent par tous les moyens les déstabiliser ?

L’honorable Timbiné, à cause de cet acte, oublie tous les efforts louables déployés par les medias pour que le Mali ne chavire pas. Il a oublié le soutien total de la presse au moment où ils étaient sous les menaces des puissances occidentales qui voulaient imposer des visions de division de la République du Mali aux autorités maliennes.

Ce sont ces médias, par le qualificatif dédié à l’article du notre confrère, qui sont traités de terroristes. Quelle maladresse ! Nous tenons à rappeler l’honorable Timbiné que le journaliste ciblé dans cette affaire était le seul qui a fait passer en direct la ‘’marche pour le Mali’’ organisée par la Majorité et l’opposition politiques sur la Radio RFM. Ce jour, il a donné la parole à tous les acteurs politiques présents. Il est aussi parmi les journalistes qui ont toujours défendu la réussite du sommet Afrique-France et le G5 Sahel. Les preuves matérielles sont là. Alors pourquoi avancer l’argumentaire selon lequel Ammy Baba Cissé veut ternir l’image de ces évènements. Faux et archifaux !

Moussa Timbiné, par-delà l’Assemblée Nationale, s’attaque injustement aux médias et il sollicite le soutien de ces mêmes médias à condamner avec la dernière rigueur l’article de notre confrère. NON, NON et NON. Nous ne le ferons jamais.

Nul n’est au-dessus de la loi. Nous en sommes conscients raison pour laquelle à chaque fois que nous dévoilons les actes criminels des politiques qui pillent les maigres ressources de l’Etat, nous sollicitons des poursuites judiciaires. S’ils pensent que notre confrère a diffamé qu’ils passent par la même procédure. La justice est là pour cela. Et nous allons nous en tenir à la décision de justice sans cela, nous considérons leurs réactions de puériles.

Ce régime, sa haine contre les médias dépasse de loin celle du règne dictatorial du Général Moussa Traoré. Aujourd’hui le tableau est sombre ! Notre confère Birama Touré de ‘’Le Sphinx’’ est porté disparu il y a plus d’un an. Le régime est incapable de nous donner des nouvelles. Ras Bath a été interpelé et mis sous contrôle judiciaire à cause de son émission ‘’Cartes sur Table’’ qui étale l’immoralité de certains responsables maliens. Aguibou Sogodogo de ‘’Le Républicain’’ a passé un mauvais temps entre les mains des gardes à l’Assemblée Nationale sur instruction d’Issiaka Sidibé, Président de l’Assemblée Nationale, pour la simple raison qu’il enregistrait la plénière avec son téléphone. Idrissa Maïga de ‘’Le Repère’’ a passé toute une journée dans les locaux de la Sécurité d’Etat suite à un article paru après le carnage du camp du MOC à Gao. Il avait posé la question si ‘’des têtes vont-elles tomber ?’’ chez les responsables militaires, des forces de l’ordre et de sécurités. Adama Dramé, Directeur de Publication de ‘’Le Sphinx’’ a été menacé de mort à cause de sa ligne éditoriale d’investigation qui étale les déboires des MansaKè Toundourou du Mali d’aujourd’hui. Brouama Traoré du journal ‘’Le Reflet d’Afrique’’ a été interpelé par la SE suite à une série d’articles qui épinglent des responsables dans la promotion de l’homosexualité. Et aujourd’hui, c’est Ammy Baba Cissé de ‘’Le Figaro du Mali’’. Alors demain à qui le tour ?

La sexualité dans les services publics, la problématique mérite d’être traitée et cette affaire nous donne l’occasion de casser le ‘’tabou’’ imposée par la société tout en étalant les noms des cadres responsables de cet acte indécent qui ternit l’image de la République.

Que les citoyens comprennent. Leur condamnation après cet article, nous mesurons son importance mais qu’ils sachent que le journaliste se bat pour ce peuple, pour la justice au bénéfice de la République. Donc tout acte malsain posé par quiconque que ce soit, il revient de devoir aux médias de dénoncer. Cela n’équivaut pas à l’humiliation mais le fait de faire du fautif un exemple à ne pas suivre pour les autres. La presse dénonce la corruption, elle dénonce l’immixtion de la famille présidentielle dans la gestion des affaires de l’Etat, elle dénonce la politisation de la jeunesse, AEEM, CNJ… cela a toujours plu aux citoyens alors pourquoi cette même presse étale un acte sexuel on la condamne alors que les faits anormaux décriés sont de même nature. Ils ne font pas du tout honneur à nos us et coutumes. Donc nous devons les combattre par tous les moyens possibles.

Boubacar Yalkoué

 

Source: lepay

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