Le deal entre les politiques de la Majorité, de l’Opposition et des apprentis sorciers politiciens à la sauce de la maladie à coronavirus, de l’insécurité sur fond de braquages et d’enlèvements des candidats aux législatives (dont le Chef de file de l’Opposition), de confinement des électeurs par les jihadistes, aura tenu bon. Envers et contre toute logique autant sécuritaire que sanitaire.

 

L’avalanche de critiques n’y a rien fait. Tous persuadés jusqu’au ridicule que ces élections sauveront le Mali du naufrage démocratique, ils ont bu le vin jusqu’à la lie. Le scrutin du 29 Mars 2020 a eu lieu ‘’sur toute l’étendue du territoire national’’. Les candidats à l’élection des députés à l’Assemblée nationale tout comme les états-majors politiques peuvent  sabrer le champagne.

Mais, était-ce vraiment une urgence républicaine que d’organiser ces élections législatives  en temps de guerre sanitaire ? L’état d’urgence sanitaire doit-il s’accommoder d’indécence, de médiocrité et de cynisme ? C’est vrai, le Dialogue National Inclusif (DNI)  a recommandé la mise en place d’une nouvelle Assemblée au plus tard le 2 mai 2020. Cette sornette, qu’on se le dise, permet juste de faire prévaloir une boulimie du pouvoir sur les intérêts existentiels du peuple. Manipulation (voire escamotage) des faits, trucages, mauvaise foi, tout est bon pour tenter de convaincre.

La question qui tarabuste est alors pourquoi la classe politique (tout bord confondu) n’a pas réussi à former une sainte alliance au nom de la sécurité sanitaire nationale pour dire non à ces élections ? Mais, non, ils se sont mis d’accord de ne pas être d’accord pour assouvir leur instinct grégaire de pouvoir. Par cette connivence politique atypique, ils ont fait entrer le loup dans la bergerie, désormais, le CIVID-19 peut se propager à volonté. Face à un tel scénario catastrophe, l’habitude de la médiocrité politique n’est pas une excuse. Ils sont coupables de parjures par leur félonie. Bien sûr que l’on peut se désoler face à un aussi affligeant  «spectacle d’ego et de cyniques» de ces Torquemada aux petits pieds nous interdisent de penser notre sécurité sanitaire. Parce que pour leurs agendas politiques, Soumi peut aller se faire cuire un œuf, le coronavirus peut faire tous les ravages possibles.

N’en déplaise aux as de la défausse, si la responsabilité première de cette scélératesse revient aux dirigeants actuels, elle ne saurait s’y limiter. Il y a des choix collectifs qu’il faudrait assumer, chers politiciens. Le peuple vous tient à l’œil.  Les grands spécialistes du «c’est pas ma faute » et du « yaka » pourront battre la coulpe sans espérer l’absolution.  Espérons seulement que le pire ne se produise pas.

PAR BERTIN DAKOUO

INFO-MATIN