Levée de l’embargo: les éléments persuasifs

La junte militaire doit remettre immédiatement le pouvoir à un gouvernement de transition dirigé par un civil, a exigé mardi le président de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), c’est ce qu’avaient déclaré les chefs d’État, lors de leur mini-sommet du mardi 15 septembre, au Ghana sur la situation dans notre pays. Un sommet au cours duquel ils avaient formulé d’autres injonctions et annoncé l’envoi d’une mission cette semaine pour évaluer l’état de leur mise en œuvre. De quoi sera-t-il question durant cette mission qui s’étendra du 23 au 25 de ce mois ?

 

Comme annoncé, le Chef de la Mission d’évaluation, l’ancien Président nigérian Goodluck Jonathan a de nouveau posé hier après-midi ses valises dans la capitale. Selon un programme provisoire fourni par la CEDEAO elle-même, la Mission qui s’étendra du 23 au 25 de ce mois sera émaillée d’importantes rencontres et de visites.
Première tâche pour le président Goodluck Jonathan et sa suite, comme cela est de commune, c’est l’examen et la validation du Programme de travail dès hier après leur arrivée.
Après cette importante étape d’orientation, le reste de l’après-midi d’hier devrait être meublé par trois séances de travail.
D’abord, il y avait au programme la réunion du Comité de suivi qui regroupe le Médiateur, Goodluck Jonathan, la Présidente du Conseil des ministres, le président de la Commission de la CEDEAO, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif, le représentant de l’Union Africaine (UA).
Ensuite, il y avait à l’ordre du jour une rencontre avec les ambassadeurs des États permanents du Conseil de sécurité, de l’Union européenne, et de l’Allemagne.
Enfin, pour boucler le programme de la première journée, il était prévu un échange avec les ambassadeurs des États membres de la CEDEAO dans notre pays.
La journée d’aujourd’hui, toujours selon le programme provisoire, verra une rencontre avec le Comité National pour le Salut du peuple (CNSP) ; une visite de courtoisie au Président du CNSP suivie d’autres visites qui n’ont pas été officialisées.
Pour la dernière journée de la Mission d’évaluation de la CEDEAO, il est prévu sa participation à la cérémonie d’investiture du Président de la Transition, le vendredi 25 septembre 2020, au Centre international de conférence de Bamako.
Avant de prendre congé, le Médiateur de la CEDEAO, Goodluck Jonathan animera un point de presse de 12-13h à l’hôtel Salam.
L’évaluation portera essentiellement sur les grandes lignes suivantes arrêtées le 15 septembre 2020, au Ghana, lors du mini-sommet des chefs d’État : l’abrogation de l’Acte fondamental ; le retour à l’ordre constitutionnel en abrogeant l’Acte fondamental et en s’inscrivant dans la ligne de l’article 122 de la Constitution du 25 Février 1992 ; la libération sans condition des personnalités politiques détenues de manière extrajudiciaire ; la mise en place de deux organes de Transition (le Comité de Transition et le Gouvernement de Transition) ; la désignation à la présidence de la Transition d’un civil ; fixer la durée de la Transition, selon certaines sources, à 12 mois et à 18 mois, selon d’autres sources. L’ultimatum pour la mise en œuvre de ces points était fixé au 22 Septembre 2020. La non-application devrait entraîner automatiquement un embargo total, dont la CEDEAO n’a pas révélé la forme.
En termes de réponses du CNSP à la CEDEAO, la désignation d’un Président de la Transition avant l’échéance du 22 Septembre est un bon point pour le CNSP qui administre ainsi sa bonne foi. De même, la junte est dans les clous du délai de la Transition qui n’excédera pas les 18 mois.
En ce qui est de la mise en place de deux organes de Transition (le Comité de Transition et le Gouvernement de Transition), l’on ne peut que se fier à cette déclaration du colonel-major, Ismaël WAGUE, lors de son point de presse du 15 septembre : « C’est le collège dont la mise en place a démarré aujourd’hui, qui sera chargé de mettre en place le Président de la transition, le Premier ministre et tous les organismes de ladite transition… » Mais, si le Collège a désigné, lundi dernier, le Président de la Transition, il y a un flou qui entoure la mise en place d’un Premier ministre (civil) et de tous les organismes de la Transition.
Au regard du chemin parcouru depuis le 15 septembre, ce ne serait pas faire de la fabulation que de dire que le verre est à moitié plein, justifiant amplement la requête du Président du CNSP, le colonel GOITA de lever l’embargo qui asphyxie notre pays.
Les chefs d’État de la CEDEAO seront-ils sensibles aux efforts déployés par notre pays ? Il y a lieu de se souhaiter le meilleur.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : INFO-MATIN

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