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Ligne de force : IBK : une réélection qui s’annonce difficile

Le président IBK a revendiqué lundi soir ” les acquis ” de son quinquennat, l’impératif de les ” capitaliser ” et son ” devoir de mieux servir le Mali ” non encore totalement libéré ”  des incertitudes ” pour légitimer et défendre sa candidature à sa propre succession au scrutin prévu pour le 29 juillet prochain.

Ces ” acquis ” selon lui, se rapportent à la dotation des forces armées en ” moyens nécessaires ” pour ” combattre le péril terroriste” dans le pays, sa contribution à la lutte contre le même terrorisme dans la sous-région à travers la mise en place de la force commune du G5 Sahel.

Ils ont consisté aussi en la signature et la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation des 15 mai et 20 juin 2015. Lequel “ préserve notre intégrité territoriale, balise la restauration de la cohésion nationale et garantit l’accompagnement de tous nos amis et partenaires dans l’œuvre de reconstruction entreprise “.

Ces ” acquis ” sont constitués enfin par les aides considérables apportées aux populations les plus démunies dans ” les domaines de la santé, du désenclavement, de l’éducation, de la fourniture d’eau et d’électricité ” dans le cadre du bien nommé “ Programme présidentiel d’urgences sociales “.

Ces actions et la promesse de les ” amplifier ” et de les ” améliorer ” seront elles un argument suffisamment solide et attrayant pour sinon assurer, du moins favoriser l’acquisition d’un deuxième et ultime mandat pour le président sortant ?

En 2013, le candidat IBK était auréolé par son passé de brillant Premier ministre du président Alpha Oumar Konaré (il a tenu d’une main ferme le gouvernail du bateau Mali tanguant sur des eaux tumultueuses six années d’affilée). Il avait en outre le soutien d’un grand nombre d’acteurs politiques et celui, plus important encore, des leaders musulmans, notamment le très influent Chérif de Nioro et Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil Islamique du Mali. Fort de ces précieux atouts, il a réalisé un score de 39,79% au premier tour.

Cinq ans après, il n’est plus le même IBK. Celui qui se présentera le 29 juillet devant les électeurs est un président affaibli par l’usure du pouvoir (les insatisfaits sont de loin plus nombreux que les satisfaits). Il a aussi perdu nombre appréciable de ses soutiens politiques auxquels il n’a pas su exprimer sa reconnaissance. On le dit enfin abandonné par les deux dignitaires religieux mentionnés plus haut.

Quant au charismatique guide d’Ançar Dine, Ousmane Cherif Madani Haïdara, à qui il a offert de façon spectaculaire 150 ha en titre foncier pour y accueillir les célébrations du Maouloud, il a dit et redit à satiété qu’il ne donnera pas de consigne de vote.

Au regard de ces facteurs mis ensemble, l’on devrait s’attendre à ce que IBK obtienne un résultat inférieur à celui  obtenu au premier tour en 2013. Ce qui le mettrait probablement, pour une deuxième fois, face à Soumaïla Cissé qui représente, aujourd’hui plus qu’hier, une alternative crédible grâce à l’action qu’il  a remarquablement conduite ces dernières années en tant que chef de file de l’opposition.

Qui plus est le candidat de l’URD et de ” Ensemble pour restaurer l’Espoir “ bénéficiera du ralliement d’un nombre impressionnant de ténors comme l’on en a rarement vu dans une élection présidentielle au Mali. Il pourra surtout compter sur un allié de poids : le CDR de Ras Bath qui s’est donné pour raison d’être de mobiliser la jeunesse pour imposer l’alternance par les urnes.

A l’évidence le second tour programmé pour le 12 août 2018 ne sera pas une réédition du ” quasi plébiscite ” observé en 2013.

Les amis d’IBK, qui ont réussi à le convaincre (s’il ne l’était pas déjà) qu’un second mandat est jouable, n’ignorent rien des risques d’un second tour pour leur favori. Aussi ont-ils fait de sa réélection ”  dès le premier tour ” leur leitmotiv. Ce qui, pour le camp adverse, n’est envisageable que par ”  la fraude. 

D’où l’insistance de ” Soumi ” pour que les résultats du scrutin soient certifiés par les Nations Unies. Ce qui éviterait des troubles post-électoraux comme on en voit dans maints pays africains.

Par Saouti Labass Haïdara

 

Source: L’Indépendant

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