Dans un entretien à lui accordé sur la Radio ‘Peace FM’, en décembre dernier, le Docteur Oumar Mariko du parti SADI, n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour mettre en garde, les magistrats en charge du dossier Amadou Haya Sanogo, l’ex-chef de la junte militaire, incarcéré depuis novembre 2013. Pour l’ex-candidat présidentiel, tous ceux qui oseront conduire le procès de AHS sans la présence de Souméilou, l’ex-PM, pourront désormais s’assurer « qu’ils ne franchiront jamais le Royaume des Cieux » !

 

Ces déclarations de Dr. Mariko surviennent juste à quelques jours de la date officielle du procès d’Amadou Haya Sanogo et coaccusés. Depuis toujours, Mariko n’a jamais cessé de mettre le projecteur sur le caractère « foncièrement politique » du procès AHS et ses compagnons d’armes. Pour lui, l’homme est victime d’un immense complot ourdi par ceux-là qu’il avait brutalement renversés du pouvoir, le 22 mars 2012.

Pour le parlementaire élu de Kolondiéba, les « emprisonneurs » de l’ex-Capitaine, sont ceux-là même qui avaient tenté de lui arracher le pouvoir à travers un contrecoup d’Etat militaire savamment planifié, le 30 avril 2012, et dont Oumar Mariko signe et persiste en indexant Souméilou Boubeye Maïga comme « le cerveau » de la bande putschiste.

Rappelons que ce contreputsch avorté du 30 avril 2012 et dont les opérations avaient été conduites par des soldats « bérets rouges », a fait des dizaines de victimes civiles et militaires. Les premières enquêtes diligentées par les autorités d’alors pour faire toute la lumière sur le funeste événement, avaient abouti à l’arrestation du Colonel Abidine Guindo, présenté comme « chef de file » desdites opérations de contrecoup d’Etat.

Quelques moments plus tard, le Colonel Guindo a été mystérieusement relâché sans qu’aucune précision ne soit donnée à l’opinion. Paradoxalement, le même Abidine Guindo était présent lors de l’arrestation du Général Amadou Haya Sanogo, le 23 novembre, 2013. Pour le clan Mariko, le Colonel Guindo, depuis sa cellule, aurait menacé de tout déballer sur le complot du putsch s’il n’était pas remis en liberté, ce qui aurait précipité son relâche au moment même où Souméilou B. Maïga se trouvait encore à la tête du Ministère de la Défense.

Lors dudit entretien radiophonique, Dr. Oumar Mariko estimera qu’en aucun cas, l’ex-Capitaine Amadou Haya Sanogo et ses compagnons ne devraient être jugés en l’absence de Souméilou Boubeye Maïga dont il maintient mordicus « l’indiscutable responsabilité » dans le contrecoup d’Etat d’où proviennent officiellement les accusations contre le Général Haya.

« Si vous jugez le Général Amadou Haya Sanogo pour une prétendue affaire de bérets rouges en l’absence de Souméilou Boubeye Maïga, soyez sûrs que vous n’aurez aucune chance de franchir le Royaume des Cieux », le Secrétaire général du Parti SADI, Dr Oumar Mariko, a formellement mis en garde les magistrats en charge dudit dossier.

Modibo Kane DIALLO

La Sirène