Mise en place du CNT : Le M5-RFP appelle à la résistance contre ‘’la restauration en cours’’

En réaction à la publication des deux décrets portant sur la mise en place du Conseil national de transition, le M5 RFP a animé un point de presse le vendredi passé. Face à la presse, le M5 a exprimé son désaccord avec la procédure et rejette le format proposé par les autorités.

 

Le M5 RFP affirme ne pas se reconnaître dans la mise en place du CNT. En tout cas pas dans le format proposé qui, pour le M5-RFP, crée toutes les conditions d’un régime militaire déguisé. Dans un communiqué lu par Abdoul Kader Maïga, le M5 dit n’avoir pas été surpris par l’attitude des militaires dont le but est de confisquer le pouvoir. « Le M5-RFP, sans étonnement et sans surprise, a appris par les réseaux sociaux avant d’en avoir confirmation dans le journal officiel du mardi 10 novembre 2020, l’adoption de deux décrets fixant respectivement les modalités de désignation des membres du Conseil national de transition et la clé de répartition dudit organe », a déclaré Abdoul Kader Maïga.

De l’analyse du M5-RFP, ces deux décrets sont inacceptables pour diverses raisons.  D’abord, les irrégularités aussi bien dans la forme que dans le fond des deux textes, ensuite le délai imparti pour le dépôt des candidatures. Pour le M5-RFP, le fond et la forme des décrets violent les textes fondamentaux. Et il ne saurait cautionner aucune violation des textes fondamentaux, en l’occurrence la constitution et la charte de la transition. Aussi, le délai de 48 heures imparti aux candidats pour déposer leurs dossiers procède d’une méconnaissance totale des réalités du Mali, dénonce M. Maïga.

Que feront en effet les candidats dont les casiers judiciaires doivent être délivrés dans des localités éloignés de Bamako, ou situées en zone d’insécurité pour obtenir ce document sans lequel leurs dossiers seront forcément incomplets et de ce fait rejetés, s’interroge le M5. Pour lui, ce court délai procède aussi d’une volonté de favoriser la fraude et le favoritisme.

Par rapport à l’étude des dossiers, le M5-RFP affirme qu’il est inadmissible que le Vice-président de la transition, encore président du Cnsp non encore dissout, dispose d’un pouvoir de censeur pour choisir les bons et mauvais candidats en lieu et place des entités concernées. Car, il ne dispose aucune connaissance des candidats, aucun droit ou encore moins aucune légitimité pour s’octroyer une telle prérogative dont le but inavoué est d’amener les seuls amis, parents et affiliés au CNT.

« Ces manœuvres sur la mise en place du CNT ont fait tomber les masques et dévoiler la nature purement militaire de la transition avec un habillage civil, qui ne trompe plus personne ni au Mali ni parmi les observateurs internationaux », déclare M. Maïga

Pour le M5, ces pratiques consistent à maintenir le régime IBK sans IBK, contre lequel le peuple malien s’est battu. A cet effet, il appartient au peuple malien de se mettre debout, de dénoncer la restauration en cours, de se battre contre le maintien du régime d’IBK sans IBK et de refuser la manipulation et la forfaiture en cours, invite M. Maïga.

En conséquence, le M5-RFP lance un appel à toutes les forces patriotiques, politiques et sociales, pour se concerter, rentrer en résistance et faire face pour sauver la démocratie et la république afin de réaliser le changement pour lequel des millions de Maliens se sont battus et dont certains ont consenti le sacrifice suprême. Par ailleurs, le M5-RFP refuse de servir et fait valoir à un régime militaire déguisé. Selon Abdoul Kader Maïga, le M5 a unanimement décidé de ne pas participer au Conseil national de transition dans le format proposé. Par conséquent, le M5-RFP dénie à quiconque d’y participer en son nom, et met en garde les autorités de la transition contre toute manipulation visant à associer son nom à cette mascarade, a-t-il conclu.

Oumar SANOGO

SourceLe Démocrate

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