La gestion des anciens PM, Diango Cissoko, Tatam Ly, Mara et Modibo Keita au crible
Au moment où la publication du Rapport 2015 du Bureau du Vérificateur Général, remis récemment aux autorités du pays, suscite des commentaires dans les salons feutrés de la Capitale, l’on apprend que les limiers du BVG sont en train de fouiner dans les comptes de la Primature de 2012 à 2017 correspondant à la gestion de quatre anciens chef du Gouvernement, notamment, Diango Cissoko, Tatam Ly, Moussa Mara et Modibo Keita.

amadou ousmane toure verificateur general

L’information a été donnée hier par le Vérificateur Général, Amadou Ousmane Touré. C’était à la faveur de la traditionnelle conférence de presse destinée aux professionnels de média sur le rapport annuel 2015 que son service vient de rendre public. L’exercice, qui a été précédé d’un atelier d’échanges sur l’exploitation dudit rapport, a enregistré la présence de ses plus proches collaborateurs.
Des explications données par le responsable de la cellule de communication du BVG, le présent document s’inscrit conformément aux dispositions de l’article 18 de la Loi n°2012-009 du 8 février 2012 instituant le Bureau à qui est fait obligation chaque année d’élaborer un rapport qu’il adresse au Président de la République, au Premier ministre, au Parlement et à la juridiction supérieure de contrôle des finances publiques. Ce rapport fait la synthèse des observations, analyses, critiques et suggestions formulées par le Vérificateur Général au titre de l’année 2015.
Pendant la période de référence, le rapport a fait la synthèse de 16 vérifications financières de 23 structures vérifiées, comprenant une Institution de la République, des services de l’Administration centrale y compris des directions des finances et du matériel, des Autorités administratives Indépendantes, des organismes personnalisés et des sociétés à participation étatique.
Le choix de ces d’entités auditées, sur plus de 500 services qui reçoivent des fonds publics de l’Etat, s’explique, selon les responsables du BVG, par une cartographie de risque établie et motivée en fonction des expériences acquises, des montants des dotations financières publiques accordées, de la sensibilité du cadre de gestion (élections, hôpitaux), des saisines de citoyens (particuliers, société civile, autorités politiques ainsi que des saisines provenant d’autorité politiques (Gouvernement, l’Assemblée Nationale).
Si les rapports de vérification produits par le végal ont pour but de sanctionner des travaux effectués auprès d’une entité donnée ; de se prononcer sur la moralité et la régularité des opérations financières, sur le respect des normes et principes de gestion et/ou sur la performance de l’organisme ; de formuler des constatations et des recommandations ayant pour objet, dans le secteur public, d’aider les gouvernements à améliorer la gestion des ressources publiques et promouvoir la transparence ; il n’en demeure pas moins, qu’un rapport de vérification ne doit pas être perçu, précise-t-on, comme une fin en soi, mais plutôt comme un maillon essentiel de la politique nationale de lutte contre la corruption et la délinquance financière ; qui inclut plusieurs acteurs dont la Justice.
Voilà pourquoi le rapport, ajoute M. DIAWARA, doit être perçu comme un recueil d’informations qui porte sur la qualité de gestion de certaines structures publiques ou celles privées bénéficiant d’un concours financier de l’Etat.
Aussi, le chiffre de 70 milliards de déperditions financières annoncé dans un rapport annuel ne doit-il pas être interprété comme étant le montant total des soustractions au cours d’une année donnée. Ce d’autant plus que le rapport 2015 couvre des périodes de gestion triennale : 2013, 2014 et une partie de 2015.
Plus explicite encore, le Vérificateur général, lui-même, de faire comprendre aux hommes de média que le rapport annuel que son service produit reste avant tout une obligation légale quant à sa production et à sa communication. D’où cette autre précision de taille selon laquelle son rapport ne saurait être un document de travail, ni de mise en accusation.
«Le travail du Vérificateur Général s’arrête à la vérification et au contrôle administratif des entités, aux constations faites (détournements, malversations présumés) susceptibles de constituer des infractions pénales ou administratives et les remettre à qui de droit. Le BVG n’a aucun pouvoir de coercition quant à la suite réservée à ses travaux ni auprès de la Justice dans les cas de fraude, ni sur l’Administration sur la mise en œuvre des recommandations (sanctions administratives etc.). Il revient aux autorités compétentes de prendre le relai et de donner des suites aux infractions constatées », a soutenu Amadou Ousmane Touré pour qui la lutte contre la corruption et la délinquance financière est une question de vision politique et de stratégie globale.
A quand donc une mission de vérification à la Présidence de la République ?
Sans esquiver la question, le Vérificateur général, qui se trouve à cinq mois de la fin de son mandat de sept (2011-2018), a d’abord rappelé le champ d’intervention de son service ainsi que les missions à lui assignées qui visent à contrôler la régularité et la sincérité des recettes et des dépenses effectuées par les administrations civiles et militaires de l’Etat, les collectivités territoriales, les établissements publics ainsi que les institutions de la République, y compris la Présidence de la République. Et d’ajouter qu’il n’y a aucune entrave à ce que le BVG ne puisse accomplir cette vérification que lui accorde la loi.
« Si vous décidez de mener une mission de vérification dans une structure donnée, la loi vous incombe de terminer ce travail. Or, à cinq mois de la fin de ma mission, il m’est impossible de finir une telle mission dans une DAF comme celle de la Présidence », a-t-il confié.
Si les confrères sont restés sur leur faim sur cette question, le Végal a tout de même levé un coin du voile sur ce qui se trame actuellement dans les locaux de la Primature.
De la révélation faite, il a expliqué que son service est présent sur les lieux afin de contrôler et de vérifier les comptes portant sur la gestion de quatre derniers chefs du Gouvernement qui se sont succédé. Il s’agit de Diango Cissoko (qui occupait le fauteuil lors de la transition), d’Oumar Tatam Ly, Moussa Mara et de Modibo Keita, tous anciens chefs de l’exécutif sous l’ère IBK.
Sur cette mission de vérification, Amadou Ousmane Touré a été plus clair. Il s’agit de vérifier la gestion allant du 1er janvier 2013 jusqu’au dernier acte posé par Modibo Keita.
«C’est sans passion, à priori, et dans un esprit objectif que nous allons conduire cette mission. Notre préoccupation est un souci de vérification. Notre mission n’est pas de détecter, de rechercher une faute de gestion, non ! C’est pour aider à améliorer la gestion », a rassuré le Végal se félicitant d’ailleurs du climat apaisé et serein entre le BVG et les entités auditées qui ont compris que le but de la mission est de les aider à mieux gérer les fonds publics mis à leur disposition.

Par Mohamed D. DIAWARA

Source: info-matin