L’information a été donnée en exclusivité par IBK sur les antennes de France 24. Le Gouvernement de la République du Mali a officiellement ouvert les négociations avec les groupes djihadistes alors que le ministre des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, s’était jusqu’ici époumoné, depuis sa nomination, à faire bloc contre l’éventualité de toute discussion avec les salafistes armés. Mais tout cela est désormais derrière nous. IBK, par cette annonce, vient, de la plus belle des manières, de clouer le bec à Tiébilé Dramé.


La négociation avec les djihadistes, s’apparente dorénavant à une espèce d’expression souveraine en cela que qu’elle répond, aujourd’hui, à l’aspiration une bonne partie de l’opinion publique malienne. Cette voie de sortie de crise est, depuis un certain temps, réclamée par la majeure partie de la société civile et une des grandes résolutions, suite à la tenue récente du Dialogue National Inclusif (DNI), en témoignent : les Maliens sont décidés à changer de fusil en prenant langue avec les groupes terroristes nationaux, notamment, pour réduire l’ampleur des massacres contre les forces armées.
Mais, le paradoxe, c’est Tiébilé Dramé qui, à l’époque où il militait dans l’Opposition, est monté au créneau contre les pourfendeurs du dialogue avec les groupes djihadistes, démontrant méthodiquement à ceux-ci, la nécessité d’aller vers cette approche politique pour une sortie rapide de crise, étant donné que les armes ont nettement échoué à restaurer la paix. Nommé au sein de l’Exécutif depuis Mai 2019, le Ministre Dramé a spectaculairement balancé du côté de ses adversaires d’hier en allant même jusqu’à mettre le Professeur Dioncounda Traoré (celui-là même qui est chargé des questions de stabilisation des régions du Centre) face à une espèce d’humiliation ou de désaveu gouvernemental.
Mais voici, en fin de compte, que les diverses pressions de la société civile ont fini par faire entendre raison à Ibrahim Boubacar Kéita, Chef suprême de la diplomatie et des armées. Il vient d’annoncer officiellement l’ouverture de négociations avec les principaux chefs djihadistes, en l’occurrence, Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa. Par ce geste, il vient, également, de clore le débat autour de la problématique de discussions avec les islamistes armés et, plus loin, clouer le bec à son virevoltant opposant Tiébilé Dramé, qui voulait, à tout prix, se faire une virginité politique et morale à travers sa parodie de position anti-djihadiste.

Moulaye DIOP

Source: Journal le Point du Mali