Une initiative pour assurer l’alternance en 2018 est en cours de gestation au sein de l’opposition malienne. En effet, des partis politiques membres de l’opposition n’excluent l’idée d’une éventuelle coalition pour conquérir le pouvoir en 2018. L’information a été donnée, le lundi dernier à la Maison de la presse, lors d’une conférence à laquelle étaient associées des organisations de la société civile et des syndicats. Occasion pour l’opposition de dresser un réquisitoire sévère sur la situation désastreuse du pays.

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Les partis politiques membres de l’opposition  et la société civile sont à pied  œuvre  pour  créer les conditions d’une vraie alternance pour 2018. « Rien n’empêche que nous allons ensemble à la présidentielle pour assurer l’alternance voulue par les Maliens », a déclaré l’honorable Amadou Thiam de ADP –Maliba. Pour le chef de file de l’opposition Soumaïla Cissé,  « le pays ne peut pas supporter  cinq ans de plus sous IBK ».

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Le cas échéant, ce se serait une catastrophe pour le Mali. Et l’élu de Niafunké de poursuivre : «L’alternance se fera sans  doute en 2018, parce que le Mali n’a pas besoin d’un président amateur, des tapis rouges, mais d’un président  qui tient ses promesses et qui  est concret ». Pour atteindre cet objectif, il n’est pas exclu, que l’opposition aille  vers une coalition  pour  l’alternance  à  la présidentielle de 2018, a indiqué  Soumaïla Cissé. En tout cas, les leaders de l’opposition entendent mener des réflexions sérieuses dans ce sens.

Concernant la situation sécuritaire qui prévaut dans le pays, l’opposition constate  qu’aujourd’hui une réelle menace  pèse sur l’existence du  Mali  comme récemment indiqué  dans le rapport du conseil de sécurité.  En effet, selon Oumar Hamadoun Dicko, président du PSP, dans ce rapport, les Nations Unies admettent que « la situation politique et sécuritaire s’est considérablement dégradée avec une violence qui  a atteint son paroxysme, passant de 37 attaques dans le précèdent  rapport à 115 attaques perpétrées contre les forces armées maliennes, la Minusma et Barkane ».

Il a rappelé que l’insécurité sévit dans le  centre du pays où l’Etat a cessé d’exercer quasiment son autorité, laissant le champ libre aux terroristes et autres  bandits. « Les récentes incursions des groupuscules armés qui se sont rendus maîtres de certaines localités confirment l’occupation totale ou partielle d’une grande partie de la région par des hommes armés. L’illustration la plus parfaite est le cas de Kouakourou dans le cercle de Djenné ».

Cette  situation fait peser de réelles menaces sur les prochaines élections régionales. Oumar H Dicko a aussi informé que la semaine dernière, toute la zone de Ténenkou a été investie par les hommes de Amadou Koufa. Ceux-ci étaient venus dire aux populations que les élections des conseils de cercle et régionales n’auront pas lieu dans cette zone, puisque ne faisant plus partie du Mali. Le président du PSP  a conclu que «le Mali ne se limite pas à Bamako».

L’école politisée

L’opposition s’est indignée de la politisation de l’école, une réalité pratique qui n’honore pas la démocratie malienne. Pour Souleymane Koné, 1er vice-président des Fare An Ka Wuli,  la situation actuelle de l’école malienne est inquiétante. Elle est devenue un terrain politique, selon l’ancien ambassadeur qui veut pour preuve la remise d’un véhicule par le chef de l’Etat  à l’Aeem. Autres preuves : Des cahiers à l’effigie du chef de l’Etat, de son fils, et du 1 er vice-président de l’assemblée nationale qui inondent le monde scolaire.

Tout cela va à l’encontre de la loi électorale. « Au lieu d’améliorer les conditions de vie des enseignants, d’améliorer la fonctionnalité des infrastructures, ils sont dans la futilité, l’incantation », a déclaré le vice-président des Fare. Il  a invité les autorités à prendre les dispositions urgentes pour que la présence de l’Etat soit effective dans toutes les zones touchées par l’insécurité, afin de sécuriser les personnes et leurs biens. En outre,  de sanctuariser l’espace scolaire  de toutes intrusions  politique.

Des  élections non transparentes

S’exprimant sur le déroulement actuel du processus électoral, Ras Bath, le porte-parole du CDR a mis en garde contre de graves incidents qui pourront découler des élections programmées en 2017 et 2018. Il  a mis en exergue les problématiques de la carte NINA, la Biométrie, l’audit du fichier etc…  Le chroniqueur a aussi expliqué l’objet de ses déplacements à l’intérieur du pays : « Ma tournée dans les régions, c’est pour m’enquérir de la situation réelle sur le terrain». Selon lui, la population doit être informée des enjeux des élections, du rôle des députés…

A la suite de Ras Bath, Amadou Thiam, président de l’ADP a exprimé sa surprise de voir le Gouvernement fixé la date des prochaines élections communales, de cercles et de Régions au 17 décembre 2017 sans concertation avec l’opposition. Alors qu’il avait été saisi par l’opposition par une lettre en date du 19 septembre 2017. Dans ladite lettre, l’opposition avait exprimé ses préalables à toute discussion sur les élections.

Au nombre de ses préalables: la résolution dans la transparence de l’affaire des neuf cent milles carte NINA de trop évoquées par le vérificateur, l’utilisation de la biométrie pour garantir la transparence des élections, l’audit du fichier électoral, la création d’une autorité unique et indépendante de gestion des élections. S’y ajoutent la prise en compte des citoyens devenus majeurs sur la liste électorale, la mise à disposition des cartes NINA non distribuées aux ayants droit.

L’élu de la commune V a dénoncé aussi la violation flagrante de la loi électorale par le  Ministre de l’Administration territoriale   à travers  son décret N 2015-0503/P-RM  du 27 juillet 2015. Et il a mis en garde le gouvernement : « Les partis politiques de l’Opposition mettent donc officiellement et fortement en garde le gouvernement qui s’aventure et persiste à engager le pays dans une nouvelle crise électorale aux conséquences désastreuses.».

Le récent rapport du Vérificateur Général n’a  fait  que conforter l’opposition dans ses prises de position  sur la corruption et l’impunité des coupables, a fait valoir  Oumar Mariko, président du Sadi. « Si les rapports 2013 et 2014 du Vérificateur Général ont fait ressortir un préjudice de 153 milliards, celui de 2015 parle de plus de 70 milliards de nos francs détournés ou dilapidés suite à une évaluation partielle, soit de 2013 à 2015 un total de 223 milliards de perdus pour notre pays qui peine à équiper son armée faute de moyens », a souligné Mariko. Il a affirmé que la corruption prend de plus en plus d’ampleur.

Ce qui est en train de mettre le pays en péril. Dr Mariko s’est dit convaincu qu’il y’ a une vraie magouille au niveau de la carte NINA. « Au regard des indices que nous montre la structure  chargée de l’organisation des élections, toutes les conditions sont réunies pour que  ces  élections  se fassent dans la non transparence», a-t-il affirmé. Outre ces faits, l’élu de Kolondiéba a dénoncé l’achat des consciences.

«  Ils ont d’abord  reçu la communauté Minianka, les Tamasheq, l’AEEM… Les  cahiers  avec photos sont autant de stratégies mises en place par le régime pour acheter les consciences  des leaders et bénéficier du vote de leur communautés au moment venu », selon le Dr Mariko qui a précisé que toute cette stratégie est savamment mise en scène par l’ORTM, utilisée comme un outil de propagande.

Face à la situation dramatique que traverse notre pays, l’opposition  attend  désormais organiser des manifestations publiques : marches, meetings, conférences de presse et autres  pour faire entendre sa voix, ses opinions…

Mémé Sanogo