La synergie des organisations de la société civile et de la CNDH a animé, hier lundi 30 mars, un point de presse, à l’hôtel Radisson Blu sur le déroulement du premier tour des élections législatives. La Synergie a profité de l’occasion pour faire des recommandations au gouvernement, aux acteurs politiques, aux organisations de la société civile et à la communauté internationale.

 

Se prononçant sur le déroulement, le chef de mission de la Synergie, Dr Ibrahima SANGHO, a affirmé que dans les localités où le vote a eu lieu, le scrutin s’est globalement bien déroulé. Selon lui, le secret du vote a été respecté dans tous les bureaux où les isoloirs étaient bien disposés. ‘’Les observateurs n’ont pas constaté une utilisation abusive des procurations (1,20%). Des cas d’achats de conscience, de spéculations sur les cartes d’électeur et de bourrage d’urnes ont été constatés’’, a affirmé le Dr Ibrahima SANGHO.

Quant à la clôture des opérations de vote, il a rappelé que la loi dispose que le dépouillement se fait immédiatement dans le bureau de vote et en public.

Le chef de mission de la Synergie a indiqué que si dans la plupart des bureaux (96,4%) ces règles ont été respectées, les observateurs ont relevé que dans certains centres de Bamako, le public a été tenu à l’écart par les forces de l’ordre.

‘’ Les opérations de dépouillement s’étant poursuivies dans la nuit, nos observateurs n’ont pas pu y prendre part en raison du couvre-feu en vigueur’’, a précisé le conférencier.

Ainsi, à ce stade de l’observation des élections législatives et pour améliorer les conditions de la poursuite des opérations, la Mission recommande au Gouvernement de : préserver les droits des électeurs et des candidats par leur sécurisation et la garantie de l’égalité de chance des candidats ; étendre les dérogations aux mesures de couvre-feu aux acteurs impliqués dans le processus électoral, notamment les agents électoraux et les observateurs ; mettre un accent particulier sur la formation des agents électoraux aux procédures et règles en matière de tenue du bureau de vote et leur sécurisation ; de prendre des mesures pratiques afin de faciliter l’accès aux bureaux de vote aux personnes vivant avec le handicap ; mettre en œuvre les mesures de protection des agents électoraux, observateurs et électeurs contre le Coronavirus (COVID 19) et l’insécurité ; de poursuivre en lien, avec la société civile, les initiatives d’appels collectifs au calme des populations et de tous les acteurs politiques et réactiver le programme national d’éducation civique ; créer les conditions pour l’effectivité des élections paisibles sur l’ensemble du territoire national.

Aux acteurs politiques, la Synergie recommande de poursuivre dans la voie du dialogue et de la concertation, le règlement de toutes les divergences pouvant naître du processus électoral et de recourir aux juridictions compétentes pour le règlement de tout contentieux électoral.

Aux organisations de la société civile et à la CNDH, les observateurs recommandent de poursuivre et intensifier le travail d’éducation civique et de sensibilisation de la population sur toute l’étendue du territoire malien et d’appeler les leaders religieux à poursuivre leur appel à la cohésion sociale, aux respects des règles institutionnelles et électorales.

Quant à la communauté internationale, la Synergie suggère de poursuivre et renforcer son appui multiforme aux acteurs locaux du processus électoral ; de renforcer son soutien technique et matériel aux autorités maliennes dans leurs efforts pour l’instauration de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire ; d’encourager la coopération entre les Forces Armées maliennes, les Forces de la MINUSMA, Barkhane et du G5 Sahel dans la coordination et la sécurisation du processus électoral.

PAR MODIBO KONE

INFO-MATIN