Lorsque l’apache régime de Moussa Traoré fut déchu en 1991, notre peuple avait lancé un ouf de soulagement. L’on ne rappellera pas assez les carnages auxquels s’étaient livrées les forces armées du Général Moussa Traoré restent encore vifs dans les esprits. Deux-cent–vingt-quatre (224) enfants  et femmes du Mali ont payé de leur vie la chute du dictateur militaro-udpmiste. Dès lors, nous assistons dans notre pays à des élections multipartistes mais avec un seul dénominateur commun: l’achat des consciences.

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Un confrère malien avait coutume de dire, en 1994 que ‘’tant que le peuple malien sera appelé à élire ses dirigeants par le moyen des élections bourgeoises,  les vrais patriotes ne seront jamais aux commandes des affaires’’.

De 1992 à ce jour, les élections à tous les échelons se sont caractérisées par la fraude, la manipulation des consciences, l’achat de l’honneur et de la dignité de tout un peuple. De Alpha Oumar Konaré à Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), c’est le même son de cloche: des centaines d’associations s’associent et se disloquent au son de cloches des intérêts sordides égoïstes et partisans. Le peuple au nom duquel on s’exprime continue sa descente aux enfers, les «démocrates» l’ayant froidement trahi.

La démocratie qu’on avait exhibée à notre peuple travailleur n’avait que faire des contrefaçons dont les «démocrates» se rendent régulièrement coupables. Tout se passe aujourd’hui comme si c’est le partage du gâteau que l’on revendiquait au général Moussa Traoré, foulant ainsi au pied les préoccupations fondamentales de nos hommes, femmes et enfants dont le seul crime est d’appartenir au Mali. Les maux contre lesquels les Maliens se sont battus, ont atteint sous IBK des proportions absolument inquiétantes. Tout apparaît aujourd’hui chez nous comme si la «démocratie» était une malédiction pour le Mali.

En tout cas, connaissant bien les vautours aux cimes des arbres de la politique au Mali, et n’ignorant pas les effets pervers et dévastateurs que pourraient avoir la «démocratie» à la française, le général Moussa Traoré, avec le courage et la témérité qu’on lui connaissait, n’a pas manqué de jeter à la face du président français de l’époque François Mitterrand : «La démocratie n’est pas une camisole de force». C’était au sommet de la Baule de 1990. Comme pour dire que chaque pays a ses réalités et qu’il n’était pas judicieux de faire porter par tous le chapeau de la démocratie française. Cela était juste et le reste aujourd’hui.

L’objectif principal de la lutte héroïque de notre peuple était et reste aujourd’hui le bien-être socioéconomique, politique et culturel digne d’envie. Hélas !, les hommes se succèdent aux affaires sans que cela profite quelque peu à nos masses laborieuses.

Le constat de la gestion des affaires par IBK est cuisant. Les raisons pour lesquelles il a été presque plébiscité sont toujours dans les oubliettes ou peut-être déjà jetées à la poubelle. En tout cas, il suffit d’avoir un minimum de considération pour le peuple pour comprendre que IBK a lamentablement échoué sur toute la ligne. Certainement ses lieutenants de campagne ont bien saisi cette petite vérité qui crève les yeux de tous.

– Sur le plan économique, nous ne connaissons pas la moindre denrée de première nécessité dont les prix sont à la mesure de la bourse du Malien moyen. Tout devient chaque jour plus cher au marché, laissant ainsi tous les électeurs d’IBK (ou presque) sur leur faim. L’augmentation des salaires que l’on préfère chanter à cor et à cri sur tous les toits, n’est qu’ne grosse poudre aux yeux des aveugles au regard de la flambée illicite des prix des articles de commerce.

– L’école malienne, loin de marcher vers une meilleure santé, est de plus en plus sabotée au triple plan de sa gestion, de la conception des programmes d’enseignement et de leur mise en application. L’ouverture des classes 2017-2018 en dit long. Mais cette attitude pour le moins désintéressée des autorités scolaires et donc de la République se comprend aisément quand on sait que cette école reste la chasse gardée des enfants de pauvres. Mais c’est de cette tanière que surgiront  les lionceaux pour dévorer tous les prédateurs du tissu socioéconomique national.

Tout le monde a compris aujourd’hui que les «démocrates» dans leur quasi-totalité n’ont que faire de la décence politique.

– Sur le plan des transports routiers, c’est tout simplement la catastrophe, une quinine que le peuple malien se voit contraint d’avaler au mépris de tous les principes de gestion démocratique de la chose publique. Faites le tour des communes de Bamako et prenez le tronçon Bamako-Kayes. L’état de la route vous dira jusqu’où les dirigeants maliens se moquent de la République et de ses citoyens. En tout cas, IBK n’a pas voulu voir cette route de ses yeux pour se rendre dans la capitale de la première région Kayes.

Il a préféré survoler par avion ce parcours du combattant que constitue la route Bamako-Kayes. Mais sans aller par la voiture, il connaît très bien (par ses services de renseignement) kilomètre après kilomètre les abîmes de cette route. A quelques pas de la fin de son mandat (2013-2018), l’on ne peut montrer du doigt un seul pont, une seule route, une seule école ou un seul hôpital à l’actif du président IBK.

C’est donc à l’absence de bilan fiable et authentique que le président devient miraculeusement ‘’charitable’’, ‘’ami’’ des jeunes comme en témoignent les associations qui poussent de terre comme des champignons. Nous ferons ici l’économie de la liste de ces associations, tellement elles sont nombreuses comme sous ATT.

A la veille de 2018, les associations de soutien à IBK se multiplient entre autres, l’association «Espoir IBK 2018» qui se donne pour projet de réélire leur mentor dès le premier tour, en 2018. Va-t-on encore passer de maison en maison (comme lors de la communale de novembre 2016 pour recenser les cartes NINA contre 2000 F l’unité ?

Aujourd’hui, seul un nettoyage de la scène politique nationale peut servir dignement le Mali et son peuple. Le kokadjè que les ‘’démocrates’’ traitres ont diabolisé en 1991 ici au Mali reste en 2017 la seule solution fiable pour sortir le Mali du chaos généralisé dans lequel il est aujourd’hui plongé. Pendant que certains se battent pour la réélection d’IBK, en 2018, d’autres se battent sans en avoir honte, pour que ceux qui ont nourri leurs enfants du sang des contribuables maliens se remettent en selle. Pendant ce temps, les hommes et les femmes acquis à la cause du changement révolutionnaire sont à pied d’œuvre mais aussi font l’objet de courtisanerie par bien de cadres vautours. La Plateforme Antè A Bana est un exemple de cette félonie d’entrisme. Assurément, les patriotes ne les laisseront pas faire. Cela rappelle hélas, le virage à 180° de grands ténors de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) lorsqu’ils ont compris que le général Moussa Traoré ne pouvait plus être sauvé, pour rejoindre les rangs du Mouvement démocratique. C’est ce qu’on appelle chez nous les retournements de veste ou tout simplement la trahison par les mafieux du chef de la mafia.

A temps opportun, les vrais fils du peuple malien sauront débusquer tous ces politiciens criquets pour leur dire qu’ils ont participé à la souillure de notre économie et de notre humanité sociale. Aujourd’hui, le combat a débuté entre ceux qui se battent pour le maintien de l’ordre ancien et ceux qui veulent un changement radical dans la façon de gérer les affaires du pays.

En 2018, rien n’est acquis d’avance. On peut simplement dire aujourd’hui que la présidentielle de 2018 réservera de très grosses surprises. En tout cas, pour l’instant elle fait l’objet de toutes les incertitudes. La seule certitude aujourd’hui, c’est que les Maliens ne s’accorderont plus à laisser les déprédateurs du tissu socioéconomique, politique et culturel gérer leurs affaires.

Wait and see !

Fodé KEITA 

 

Source: Inter De Bamako