«Que périsse un principe plutôt que l’Etat». C’est au détour de cette maxime juridique que le Garde des Sceaux, Malick Coulibaly, a justifié l’amnistie accordée de fait à son ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Attendu à la réouverture des assises de Sanogo comme comparse, Dahirou Dembelé a pris soin de rendre sa démission pour se mettre à la disposition de la justice.

Mais il sera finalement le maillon manquant et le facteur d’énième report d’un procès qui ne verra finalement jamais le jour, à en juger par les tractations en cours pour un règlement para-judiciaire. Et pour ce faire, sa démission n’a pas été acceptée pour des besoins, dit-on, de préservation des acquis engrangés par l’armée sous la conduite du Général Dembelé. Ce motif évoqué par le porte-parole du Gouvernement a été par la suite relayé par le ministre de la Justice avec force insistance sur les prouesses de son collègue de la Défense. L’ancien chef d’Etat-major des Armées se présente du coup comme un maillon assez indispensable pour que ses mérites ministériels l’exonèrent de responsabilité (présumée et effective) dans la mystérieuse affaire d’enlèvement et d’assassinat des Bérets rouges pendant la transition. Or nul n’est censé se hisser au-dessus de la législation applicable en la matière et un gouvernement ne saurait passer pour un asile à justiciables.

La Rédaction

Source: Le Témoin