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Quel rôle institutionnel le régime d’Ibk a-t-il donné aux familles dites fondatrices de Bamako ?

Le pouvoir politique doit retenir une fois de plus qu’il dispose dans le cadre de l’Etat, d’une administration chargée d’appliquer et de faire respecter les décisions du pouvoir central, dans le respect des lois et de la constitution. Depuis l’arrivée d’IBK à la tête de l’Etat malien, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. En effet son premier quinquennat a connu cinq premiers ministres en cinq ans, six ministres de la défense en cinq ans pour un pays en proie à une crise sécuritaire, de nombreux mauvais casting, des accusations de fraudes massives, l’implication excessive de la famille présidentielle dans les affaires publiques, un bilan négatif ayant entrainé une réélection frauduleuse  avec la complicité de la Communauté Internationale dans le but d’imposer la partition du Mali aux maliens, des  grèves en série   et d’autres programmées, un  trésor public dévalisé  par le régime, l’insécurité généralisée au nord et au centre du pays. Voilà, la triste réalité du premier quinquennat d’un homme sur lequel, le peuple a trop misé, et qui n’aurait  pas dû être là où il est pour un second mandat.

La conséquence de sa présence à la tête de l’Etat malien a provoqué et continue de provoquer la faiblesse de l’Etat qui semble ignorer les codes républicains. Pour un oui et ou un nom, soit c’est le Président lui-même en personne qui  se rend chez les familles dites fondatrices de Bamako. Il nous est revenu, que mensuellement, elles bénéficient de pécules de carburant, et même d’un véhicule pour leur déplacement. Si les largesses se limitaient à cela, personne n’allait en parler mais tel n’est pas le cas. Nous savons désormais que le Président IBK leur avait promis de faire toute la lumière sur la disparition en janvier 2016 de leur neveu et fils le journaliste Birama Touré. Les familles dites fondatrices sont partagées entre l’achat de conscience et la manifestation de la vérité sur la disparition du journaliste Birama Touré. Pendant la campagne électorale avant et entre les deux tours IBK ne s’est pas privé d’aller leur donner un bonjour tout en leur annonçant sa candidature.

Voici que le premier Premier ministre de son deuxième quinquennat emboite le pas à son mentor de Président de la République au motif qu’il veut organiser une conférence sociale sur les salaires et le découpage administratif. C’était le mercredi 31 octobre 2018 dans le vestibule de la famille Niaré où il a été reçu par les représentants des familles dites fondatrices de Bamako (Niaré, Dravé, Touré). Sincèrement, qu’est-ce que les familles dites fondatrices ont-elles à voir avec une telle conférence ? Est-ce que ce sont les familles dites fondatrices qui payent les salaires des fonctionnaires ? Si cela est vrai, depuis combien de temps ? Le premier Ministre se trompe d’interlocuteurs. Au lieu de rencontrer les différents syndicats sur la place, il procède à un contournement en passant par autrui. IBK et son actuel premier Ministre veulent donner aux familles dites fondatrices un statut étatique et un rôle constitutionnel auxquels elles n’ont pas droit. Ils doivent savoir que notre code civil a abrogé toutes coutumes dites traditionnelles dans nos pratiques républicaines. La coutume fournit des guides pour orienter les actes et les comportements à l’usage des anciens. Mais elle doit se limiter strictement à cela. Malheureusement nous constatons que de plus en plus, c’est un régime faible, sans vision pour le Mali, qui va se jeter dans les bras des familles dites fondatrices de Bamako. Est-ce que en République de Côte d’Ivoire, a-t-on jamais entendu que le Président Alassane Dramane Ouattara a été un jour chez les Ebrié, familles fondatrices d’Abidjan pour leur parler de découpage ou de salaire ? A-t-on jamais entendu que le Président Macky Sall s’était rendu chez les Layennes à Yoffou bord de la mer à Dakar pour parler de Cour Constitutionnelle ou de Cour Suprême ou des magistrats ?

Voici qu’à chaque évènement nos dirigeants transportent nos programmes de travail gouvernemental chez les Niaré, Dravé et Touré. En 2013, au mois de juillet à la veille de l’élection présidentielle, les familles dites fondatrices, selon l’honorable Oumar Mariko ces mêmes familles avaient cautionné la fraude électorale en mettant en garde les candidats qui contesteraient les résultats au motif que seule la paix était l’essentielle pour le Mali. Pour quelles raisons se sont-elles attribuées le rôle d’agir sur notre processus électoral ? Il est temps que les maliens mettent un frein à cette tentative imposée de confondre les rôles de l’administration et ceux des familles dites fondatrices de Bamako. Certains pensent que ce rôle institutionnel attribué aux Niaré, Dravé et Touré est fait à dessein, car pour qu’une manifestation réussisse à Bamako, il faut absolument les habitants de Bagadadji, Niaréla, Missira, Quinzambougou et Bossola. Ces lieux abritent les grands marchés de Bamako et sont les centres d’affaires. Si les marches de l’opposition avaient regroupé les habitants de la commune II, le régime allait certainement plier.

Seydou DIARRA

Le Carréfour

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