Empêché d’entrer sur le territoire malien, le franco-béninois Kemi Seba devient une icône du rassemblement antifrançais prévu pour le 10 janvier 2020 à Bamako. Très rapidement, se sont indignés des associations et multiples soutiens de la manifestation censée dénoncer la présence militaire de la France au Mali. Selon les organisateurs de la rencontre, c’est un signe de la réussite de leur mouvement et de l’adhésion populaire à leur cause.

 

Les réactions se sont multipliées sur internet notamment Facebook pour condamner l’attitude des autorités maliennes à obéir à la France à travers l’interdiction du territoire malien à un Africain. Ce que les internautes ne digèrent pas, c’est que le Mali ait décidé de faire le sale boulot alors que la France ouvre ses portes aux rebelles et autres bandits qui sèment la désolation au Mali en tuant et brulant des villages.

Les détracteurs de la France n’ont pas manqué de rappeler au président IBK que le MNLA et autres groupes armés qui continuent d’endeuiller le Mali sont protégés par la France. Ils déplorent que ce soit des Africains qui prennent la responsabilité d’interdire l’entrée d’un activiste désarmé et qu’au même moment les autorités maliennes ne soient pas assez rapides et courageuses pour combattre les terroristes.

Pour beaucoup de Maliens opposés à la présence française, IBK vient de s’ajouter à la liste des chefs africains qui livrent les enfants du continent aux prédateurs français. Il est reproché au président malien d’emboiter le pas à des responsables comme Alassane Ouattara qui a expulsé Natalie Yamb de la Côte d’Ivoire pour plaire aux autorités françaises.

La décision malienne est un geste fâcheux, une erreur monumentale en termes de communication de masse. En effet, pour plaire à la France, les autorités maliennes contribuent à la célébrité de Kemi Séba. Pis, elles donnent davantage de motivation aux organisateurs de la manifestation qui trouvent l’occasion rêvée de capitaliser l’interdiction faite à un soutien du rassemblement du 10 janvier.

Même des gens qui n’étaient pas intéressés à la manifestation ont commencé à s’y intéresser sur les réseaux sociaux. Ils sont nombreux en effet, ceux qui promettent de participer à la manifestation qui se tiendra dans un contexte défavorable à la France. En plus de la convocation des chefs d’Etat africains par Emmanuel Macron à Pau le 13 janvier, la question lancinante du CFA révolte plus d’un Malien qui voient mal la mainmise française sur l’économie locale.

Dougoufana Kéita

La Sirène