La médiation internationale dans la crise malienne et le gouvernement, ont tenu, lundi, dans la salle de réunion du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, une importante rencontre sur la levée des blocages à la tenue régulière des réunions du Comité de suivi de l’Accord (CSA) pour la paix et la réconciliation.

 

A l’ouverture de la réunion à huis clos, le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), Mahamat Saleh Annadif, a dit que la médiation internationale a sollicitée du gouvernement cette rencontre, après une autre, pour analyser la situation. Selon lui, ils ont trouvé que la mise en œuvre de l’Accord est dans une certaine impasse « car depuis sa signature, c’est la première fois que la réunion du CSA n’est pas tenue depuis trois mois ». Mais avant de rencontrer les autres signataires de l’Accord, ils ont jugé important de rencontrer, d’abord, le gouvernement. L’objectif étant de l’écouter et, ensuite, apporter la contribution de la médiation pour faire bouger les choses.

Dans son discours introductif, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiebilé Dramé,  indiqué que la médiation internationale a souhaité que la rencontre aborde une question spécifique, sans être fermée aux autres, à savoir comment accélérer le déploiement de la nouvelle Armée reconstituée dans la Région de Kidal.

Selon le chef de la diplomatie malienne, c’est une question extrêmement importante qui détermine tout le reste du processus. « Le gouvernement s’est réuni pour se préparer sur cette question parce qu’elle est prioritaire pour le président de la République », a-t-il déclaré, soulignant que chacun sait ce que cette question représente, en termes d’impératifs de souveraineté nationale et politique. Pour lui, l’autre question porte sur les réformes politiques et institutionnelles. en particulier, la révision de la Constitution. Mais, il estime qu’elles sont intimement liées au déploiement des Forces de défense et de sécurité reconstituées dans la Région de Kidal.

KIDAL – Parlant de la non-tenue de la réunion du CSA, depuis la tentative avortée à Kidal, M.Draméa révélé que, depuis cette période, des efforts sont en cours pour maintenir un canal de communication avec les leaders des mouvements signataires de l’Accord. Il a fait savoir que d’importants responsables des mouvements du Nord sont présents à Bamako et des rencontres ont eu lieu avec eux. Et les échanges se poursuivent, non seulement, avec le président de la République mais, également, avec le gouvernement et les représentants de la communauté internationale. « Ce qui, selon lui, voudrait dire qu’il y a une nouvelle ambiance à Bamako ».

Le ministre Dramé a ajouté que la phase finale du Dialogue national inclusif est en vue. Il a souhaité que les leaders des mouvements signataires annoncent leur participation à ce débat national. Mais aussi que des mesures importantes soient prises pour le déploiement des Forces armées maliennes dans la Région de Kidal.

Pour le chef de la diplomatie, le retour de l’Armée symbolisera plus que tout autre, la reconnaissance de l’intégrité territoriale du Mali. Il a exprimé l’empressement du Mali à passer à cette nouvelle étape, en déployant les premières unités sorties depuis le mois de septembre.

LEVEE DES BLOCAGES – A l’issue de cette rencontre, qui a duré près de deux heures, le chef de la MINUSMA a fait remarquer que, depuis la signature de l’Accord, c’est la première fois que les sessions du CSA ne se sont pas tenues, régulièrement. C’est pourquoi, la médiation internationale, essaie de faire avancer les choses. Le premier pas dans ce sens a été de rencontrer le gouvernement. Ensuite, elle va rencontrer les responsables des mouvements pour obtenir leur adhésion. « Lors de la présente réunion, toutes les questions importantes et qui vont constituer des avancées dans la mise en œuvre de l’accord ont été abordées », a-t-il précisé. Enfin, Mahamat Saleh Annadif a dit que des démarches sont en cours pour que la réunion du CSA puisse se tenir « dans les plus brefs délais avec à l’ordre du jour, des points substantiels pour faire avancer la mise en œuvre de l’Accord ».

Pour  sa part, Tiebilé Dramé a souligné que cette réunion visait à relancer le processus. Selon lui, il n’y a pas eu de réunion du CSA à Kidal, en septembre, mais jamais, le dialogue inter-Maliens n’a été aussi intense que pendant cette période. « A cet effet, des canaux de communication ont été établis entre la partie gouvernementale, les leaders de la CMA et de la Plateforme a-t-il dit. Pour le ministre Dramé, « il y a, aujourd’hui, une compréhension commune et les divergences se réduisent ».

A noter que la rencontre s’est déroulée en présence du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah, des ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité, des représentants de l’Union européenne9UE), de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union africaine(UA), de l’Algérie, chef de file de la médiation internationale, du Nigeria, du Niger, du Burkina Faso et de la Mauritanie qui sont les vice-présidents de cette médiation.

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(AMAP)