Pour la réussite des élections législatives, le Pool d’Observation Citoyenne du Mali (POCIM) a déployé huit Superviseurs nationaux, huit Coordinateurs régionaux et 55 Observateurs à long terme (OLT) dans les 49 cercles du Mali et les six communes du District de Bamako. Il rapporte, à cet effet, dans son rapport daté du 21 mars dernier, « que le taux de retrait des cartes d’électeurs avoisine à ce jour les 60% au niveau national. »

 

Selon le POCIM, depuis le démarrage de la distribution des cartes d’électeurs le 7 mars dernier, le taux de retrait à ce jour avoisine les 60 %.  » Yorosso affiche un taux de retrait de 72,88%, même si l’ensemble de la région de Sikasso est à 30 %. La commune urbaine de Sikasso affichait 13,01%, avec 102 000 cartes retirées dans l’ensemble du cercle de Sikasso. Pour la même période Tessalit était à 12,96% et Mopti à environ 16% « .

Il note que le processus de distribution des cartes d’électeurs, dans la plupart des cercles du centre et du nord, est laborieux pour les agents de distribution, eu égard au défi sécuritaire dans certains villages et fractions.

Pour faire face à cette équation sécuritaire, dans certaines localités comme Gourma Rharous – des villages inaccessibles – les chefs retirent les cartes de leurs communautés auprès des agents, en accord avec le président de la commission de distribution et les représentants des partis politiques et des candidats indépendants.  » Ils sont chargés de faire la distribution dans leurs villages ou fractions en présence d’un agent mis à leur disposition par le président de la commission. Cependant, dans certaines localités comme Abeibera, cette alternative a échoué : sur 3 937 cartes, seulement 111 ont été retirées entre le 8 et le 20 mars soit 2,82% des cartes « .

Évoquant la campagne électorale, le POCIM indique que malgré l’insécurité, les partis politiques et les candidats indépendants sillonnent les différentes localités sans problèmes majeurs.  » Dans les cercles du nord, ils se limitent uniquement aux chefs-lieux de cercles où l’administration, les élus, les autorités locales et les forces de défense et de sécurité sont présents « , précise-t-il.

Et de poursuivre :  » Les partis politiques et les candidats indépendants n’ont pas spécifiquement ou systématiquement bénéficié de la protection des forces de sécurité au cours de leurs différentes activités liées à la campagne, notamment à cause du nombre considérable de partis politiques et de candidats indépendants sur le terrain « .

Toutefois, le POCIM a fait le constat d’achat de conscience à travers la distribution massive de l’argent et l’utilisation des moyens de l’Etat par certains partis politiques et candidats indépendants.

Au regard de ce constat, le POCIM invite le gouvernement à redoubler d’ardeur pour une sécurisation adéquate des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire national. Et l’exhorte à prendre des mesures appropriées pour le respect des dispositions énoncées par le Conseil Supérieur de la Défense Nationale, en date du 17 mars 2020, face à la menace du Coronavirus lors du processus électoral.

Pour ce qui est du Ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, il l’encourage à la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote, à la publication des bureaux de vote non fonctionnels lors des deux scrutins des législatives 2020.

Abdoul DEMBELE

Source: l’Indépendant