Alors que la nation pleure toujours ses morts civils et militaires, le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) cogite pour s’offrir une nouvelle virginité politique sur le sang de nos militaires tués à Indelimane où plus de 50 soldats ont péri suite une attaque barbare des terroristes jihadistes. Ainsi, profitant de ce moment de choc, de deuil national, le FSD, dans une déclaration en date de ce 6 novembre, verse dans la récupération politique lorsqu’il appelle à un regroupement des forces politiques et sociales contre le régime place.

Comme à chaque attentat terroriste contre les forces armées de notre pays, certains hommes politiques ne manquent plus d’argument pour monter créneau contre le régime en place, Ibrahim Boubacar KEITA. Ainsi, au lendemain de l’attaque meurtrière contre les Fama à Indelimane près de Ménaka, comme après celle de Sobane DA, l’Opposition a repris ses rhétoriques. S’exprimant sur la situation, à travers sa déclaration en date du 6 novembre, le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) verse dans la critique stérile contre le pouvoir.
« Nous continuerons à respecter ses règles de conduite même si l’évolution meurtrière de la situation sécuritaire dans notre pays nous impose aujourd’hui de nous assumer pleinement et de dénoncer la lourde et entière responsabilité du Président de la République et de son Gouvernement dans la gestion de la crise que notre pays connaît. En effet, le Président de la République Ibrahim Boubacar Keita est responsable de la dramatique situation du Mali », accuse le camp Soumaila CISSE, faisant ainsi fi de l’appel à l’union sacrée et à l’unité lancée par IBK lors de son adresse nation du lundi dernier.
Cette sortie du FSD est taxée d’ignoble et de récupération politique par certains observateurs au moment où le corps des victimes sont encore chauds. En d’autres circonstances, on allait applaudir le front pour avoir osé, pensent certains. Mais le contexte ne se prête pas à un jeu d’attaque et de règlement de comptes politiques et personnels. Le pays est en guerre et compte ses victimes par dizaines semaine après semaine, déplore-t-on. Ces situations doivent renforcer l’union entre les différents acteurs contre l’ennemi et non le contraire.
Ainsi, le contexte, après la récente attaque d’Indelimane, à l’instar des autres, doit être celui du deuil, de la compassion, de la solidarité envers les militaires et leurs familles et d’unité. Mais comme beaucoup s’y attendaient, le FDS frappe le régime pour engranger des points auprès d’une opinion choquée.
Ainsi, pour le FSD : « Les Maliennes et les Maliens ont suffisamment encaissé. Le temps de dire non, ça suffit est venu et nous le disons haut et fort. Mais nous ne le disons pas seul et pour nous seuls ».
Au-delà des critiques, le FSD profite de la colère et du mécontentement général pour appeler, de façon à peine voilée, à un regroupement des forces politiques et sociales contre le régime IBK.
« Nous ne nous limiterons plus à dire, à dénoncer. Nous allons agir et nous entendons agir avec tous les patriotes aujourd’hui engagés pour la survie du Mali », a lancé le FSD dans sa déclaration signée par Soumaila CISSE.
Outre ce front de politique, d’autres partis politiques de l’Opposition ont également saisi cette occasion pour accabler le pouvoir en se souciant peu des victimes d’un conflit imposé au Mali par des ennemis sans visage.

Par Sikou BAH

 

Source: info-matin