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Scandales financiers au plus haut sommet de l’Etat dont celui des « hélicoptères cloués au sol » : L’Assemblée nationale face à sa responsabilité historique

L’honorable Soumaila Cissé, Chef de file de l’opposition républicaine et démocratique est plus que jamais mobilisé contre les malversations financières liées à l’achat des équipements militaires dont des hélicoptères « cloués au sol ». Dans sa lettre dont nous détenons une copie, il demande, en sa qualité de député, la mise en place, par l‘Assemblée nationale, d’une commission spéciale d’enquête en vue de mener des investigations sur ces malversations financières. L’Assemblée nationale est donc désormais face à responsabilité historique. Elle doit mener une enquête sérieuse pour situer les responsabilités.

 

Dans sa lettre, comme pour pointer du doigt l’échec patent d’IBK dans la sécurisation des personnes et leurs biens, Soumaila Cissé rappelle que l’armée malienne et l’administration étaient déployées sur toute l’étendue du territoire national, et tous les partenaires techniques et financiers étaient de retour et avaient déjà fait preuve d’une grande solidarité pour une relance durable de l’économie au moment de l’accession de d’IBK à la magistrature suprême.

Des cas de détournement de deniers publics

Selon le Chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé, plusieurs cas de détournement de deniers publics, de favoritisme, de faux et usage de faux, de trafic d’influence, d’enrichissement illicite ou de non-assistance à personnes en danger ont été révélés.

Le mystère autour du prix de l’avion présidentiel

L’Economiste Soumaila Cissé n’a pas encore oublié les scandales autour de l’avion président. Pour lui, cet avion a été acheté sur la base « d’un montage financier opaque » en dehors de toute procédure budgétaire en vigueur. Le mystère autour de cet aéronef est toujours là, car son prix d’achat exact n’est pas, selon le Chef de file de l’opposition, connu.  « Ne sont également pas connus les prétendus frais d’entretien et commissions pour lesquels des centaines de millions de nos francs ont été soustraits du Trésor public », a-t-on lit dans sa lettre. A en croire le président de l’URD, tous ses dires au sujet de l’avion présidentiel ont été non seulement documentés par un rapport du bureau du Vérificateur général mais aussi par un audit de la Section des comptes de la Cour suprême.

Les scandales autour d’achat d’équipements militaires :         

Dans sa lettre au président de l’Assemblée nationale, le député de Niafunké évoque des cas de corruption dans l’achat d’équipements militaires. Il a informé le président de l’institution parlementaire du Mali que « l’achat d’équipements militaires » a été effectué par un « marché de gré à gré » portant sur un contrat d’armement « opaque et surfacturé ». Ledit contrat est, selon lui, passé en décembre 2013 pour l’équipement de l’armée malienne. « Le marché initial portait sur 69 milliards de FCFA avant d’être finalement rehaussé à 108 milliards », a-t-il rappelé.  A en croire le Chef de file de l’opposition, le bureau du Vérificateur général, a déposé un rapport révélant le détournement de plus de 9 milliards de FCFA sur ce dossier.  Les infractions retenues à ce niveau par le Vérificateur général, aux dires de Soumaila Cissé, sont,  entre autres, le détournement et la complicité de détournement de fonds publics par l’engagement irrégulier des finances publiques ;  l’utilisation frauduleuse et le détournement de deniers publics d’un montant de 9.350.120.750 FCFA ;  le délit de favoritisme ; le faux et usage de faux ;
– le trafic d’influence ; les fraudes fiscales portant sur le non-paiement des droits d’enregistrement et des redevances de régulation, en l’absence de toute autorisation légale d’exemption.

L’affaire des hélicoptères PUMA « cloués au sol »

Si nombreux sont des Maliens qui ne connaissent pas le prix unitaire de chacun des hélicoptères PUMA, Soumaila Cissé les évoque dans sa lettre au président de l’Assemblée nationale du Mali. Pis, selon lui, les hélicoptères PUMa sont d’occasion. Ils ont été, selon l’élu national, acheté en violation des règles. « Un premier hélicoptère PUMA d’occasion, payé à près de 3,5 milliards de FCFA en violation de toutes les règles élémentaires de procédure budgétaire en la matière, est cloué au sol malgré l’achat de pièces de rechange à hauteur de 3 milliards de franc CFA », écrit-il avant d’ajouter : « Un second hélicoptère PUMA a été acheté à 3,9 milliards de FCFA auprès d’Airbus sur la base d’un document contractuel « illisible ». C’est dire que les termes et conditions de ce contrat sont inconnus. Cet avion aussi est cloué au sol ».

Pour celui dont les soutiens appellent affectueusement Soumi Champion, après la sortie du président de la République dans Jeune Afrique et l’intervention de Karim Keita à l’Assemblée nationale française, ceux qui ont initié les procédures d’achats d’avions et d’hélicoptères et autres équipements militaires doivent s’expliquer devant la justice.

L’achat des SUPER TUCANO, pourquoi les deux sur les 6 avions n’ont jamais été présentés ?

Selon le Chef de file de l’opposition, le Mali a signé, en juin 2015, un contrat d’environ 51,682 milliards FCFA pour l’acquisition de six (6) avions de guerre « SUPER TUCANO ». Selon lui, au   lieu de 51,7 milliards FCFA initialement prévu, le contrat de Juin 2015 a fait l’objet de 53,302 milliards de FCFA d’engagement et de mandatement entre 2015 et 2017 par les services financiers de l’Etat. Mais bizarrement, sur les six avions, selon lui, quatre seulement ont été présentés. Les deux autres avions dont le prix s’élève à environ 20,7 millions de dollars, soit au cours actuel du dollar 11,2 milliards de FCFA, n’ont jusqu’ présent jamais été présentés aux Maliens. Ils circulent toujours dans la nature ; ils vont, peut-être, arriver au Mali après le mandat d’IBK.

250 millions de franc CFA pour la formation d’un pilote

Visiblement, le régime de scandale ne se soucie pas de la dangerosité du scandale au sein de l’armée. Selon Soumaila Cissé, une grosse surfacturation, a été faite dans la formation des pilotes. Le gouvernement a, écrit-il, signé un contrat pour la formation de 15 pilotes à 3,78 milliards de FCFA. « Des vérifications auprès d’experts suggèrent que le coût de formation d’un pilote se situe entre 20 et 35 millions de FCFA contre 250 millions de FCFA facturés », a-t-il laissé entendre.

Un hélicoptère réparé à 5,8 milliards de francs CFA

Le président du front pour la sauvegarde de la démocratie a donné de la matière à ce que l’Assemblée nationale puisse faire des investigations sérieuses. Il affirme que le régime IBK a fait réparer un hélicoptère de combat à 5,8 milliards de FCFA.

Les spéculations sur les taux de change

Selon Soumaila Cissé, toutes les opérations qu’il a susmentionné ont été effectuées sur la base de taux de change imaginaires. A l’entendre, la plupart des contrats a été signé en dollar américain. Entre 2015 et 2017, explique-t-il, le dollar a fluctué entre 545 et 630 FCFA. « Pourtant, les sommes converties l’ont toujours été en défaveur du Trésor public qui a perdu plus de 2,1 milliards de FCFA dans les opérations de change », déplore-t-il.

Les auteurs de ces malversations doivent être traduits devant les juridictions compétentes

Après avoir dénoncé tous ces détournements des deniers publics, le Chef de file de l’opposition invite l’Assemblée nationale du Mali à mener toutes les investigations utiles et de renvoyer devant les juridictions compétentes toute personne impliquée dans cette affaire, que ce soit le Président de la République, le premier ministre, les ministres et leurs éventuels complices civils et militaires.

Soumaila Cissé, à travers cette plainte, a mis la balle dans le camp de l’Assemblée nationale du Mali. Et c’est à elle de mener des enquêtes sérieuses, sans complaisance, pour situer les responsabilités et renvoyer les auteurs de ces malversations devant les juridictions compétentes.

Boureima Guindo

Source : Le Pays

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