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Soutien de la CMP au gouvernement: le service minimum

Alors que les critiques fusent de partout suite à la mise en place du Gouvernement Abdoulaye Idrissa MAIGA, la Convention de Majorité présidentielle (CMP) brille par un silence énigmatique. Déjà, les observateurs s’interrogeaient sur l’apport de cette Convention dans les actions de soutien à ce gouvernement dans lequel, elle est pourtant royalement servie avec pas moins de 17 ministres sur les 35 de l’équipe.

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Plus que tous les précédents gouvernements, l’équipe du Premier ministre Abdoulaye Idrissa MAIGA a besoin de soutien et de protection, contre certains adversaires, pour la bonne exécution des missions à elle confiées par le président de la République. Car il est généralement admis que la meilleure manière d’être servie est de se servir soi-même. Dans ce contexte, le premier soutien et protecteur de cette équipe gouvernementale ne peut être que la Convention de la majorité présidentielle, ce regroupement de 64 partis politiques et associations devrait être le dernier rempart du gouvernement dans lequel il est fortement représenté. La Convention de la majorité présidentielle se doit de s’impliquer intellectuellement et politiquement, dans la recherche active de solutions rapides à toutes les grandes questions qui se posent à notre Nation. Pour cela, le gouvernement est sa première interface, auquel la manifestation de sa confiance ne doit souffrir l’ombre d’aucun doute.
Plus d’une semaine après la mise en place d’un nouveau gouvernement, la CMP ne semble pas encore savoir sur quel pied danser. Ou du moins n’a pas encore fini de mettre de l’ordre dans ses archives. En tout cas, depuis la mise en place du gouvernement AIM, un après-midi du 11 avril 2017, nous avons fouillé partout, nous n’avons trouvé nulle part une trace de déclaration ou de communiqué émanant d’elle. Oubli, négligence ou stratégie ? Si l’on n’ignore pas le caractère fébrile de ce regroupement, il n’en demeure pas moins un rempart pour le gouvernement pour lequel il doit solidarité et assistance pour au moins donner un sens à son existence, exprimer sa loyauté.
À part, le Rassemblement pour le Mali (RPM), qui, dans un communiqué en date du 11 avril, a exprimé ‘’toute sa gratitude au président de la République pour la confiance qu’il a bien voulu placer au Parti à travers le choix porté sur plusieurs de ses cadres’’, la CMP et ses autres composantes sont restées très peu bavardes. Autrement, leur devoir et engagement, de soutien se sont jusque-là résumés à une simple participation à un regroupement reconnu.
En d’autres circonstances, cette majorité ne s’était pourtant pas fait prier pour se manifester en soutien au Président IBK et à son gouvernement. On se rappelle de ce meeting un 5 septembre 2015, au CICB où la CMP s’était regroupée pour saluer les efforts du gouvernement pour le retour de la confiance entre le Mali et ses partenaires techniques.
« Notre pays figure parmi les sept pays d’Afrique subsaharienne qui ont atteint les Objectifs du Millénaire pour le Développement en réduisant de 50 % le nombre de personnes menacées de famine. L’État du Mali a retrouvé sa crédibilité, au-dedans et au-dehors comme l’illustre l’apurement total de la dette intérieure du pays, depuis le 10 janvier 2015 pour un montant total de 575 milliards de FCFA. Depuis 2014, l’économie se porte mieux avec un taux de croissance de 7,2 % et une inflation de 1,7 %. À l’heure du bilan, nous disposerons de repères tangibles nous édifiant sur les pas significatifs que notre pays est en train d’amorcer dans la voie du progrès et de l’émergence » avait martelé le président de la CMP, le Dr Boulkassoum HAIDARA.
À la veille de la Conférence d’entente nationale, la CMP s’est retrouvée au Grand hôtel de Bamako pour étoffer sa stratégie d’accompagnement au gouvernement en une période difficile de la vie du pays. « Notre rôle, notre devoir d’acteurs de la Majorité n’est pas de subir, mais d’agir. Il ne s’agit point de faire la politique de l’autruche, ni d’être fermés ou de faire fi de la réalité qui hélas nous interpelle. Il s’agit simplement pour nous d’être à l’écoute de notre peuple, celui-là même qui a fait confiance au Président IBK que nous soutenons, d’être à l’écoute des Maliens qui ont fait largement confiance en nos partis avant-hier aux législatives et à l’écoute de ce peuple qui leur a fait confiance hier tout près lors des communales », a souligné le président de la CMP.
Également, à l’issue de ce grand rendez-vous couronné de succès, le 5 avril dernier, la Majorité présidentielle était là. Elle a organisé une conférence de presse pour saluer l’initiative de la tenue de la CEN, un engagement consigné dans l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger.
Depuis la mise en place du nouveau gouvernement, la Majorité présidentielle est devenue aphone, son devoir de solidarité et d’accompagnement vis-à-vis de la nouvelle équipe se résume aujourd’hui à un service minimum.
Cette justement cette attitude mi-figue, mi-raisin qui a amené le Président IBK à sabrer ses alliés de la Majorité : « je ne vous sens pas dans le débat politique. Vous êtes frileux face à une opposition tonitruante ». Selon IBK, « l’heure n’est plus aux scories politiciennes ». « Ensemble, nous devons travailler à bâtir un Mali fort ». À la mouvance présidentielle, il a demandé l’union sacrée.

Par Sidi DAO

 

Source: info-matin

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