Actif jusqu’à l’omniprésence après son accession au gouvernement, TiebiléDramé a bizarrement disparu de la scène ces derniers temps. Il faut peut-être même se munir d’une lampe en pleine journée pour le chercher, de la même manière que le savant Kopernic cherchait l’homme. A la différence notable que le ministère malien des Affaires Étrangères ne manque pas quant à lui une raison de disparaître de radars.

En effet, l’épisode de la négociation avec Iyad Ag Ghali et Amadou Kouffa est sans doute passé par là. On se rappelle en clair que le chef de la diplomatie a choisi de ramer à contre-courant de la dynamique enclenchée par le haut-Représentant du chef de l’Etat pour le Centre, le Pr Dioncounda Traoré, en soutenant publiquement et sans ciller que les autorités maliennes n’étaient jamais engagées dans la logique d’une prise de langue avec les deux terroristes d’origine malienne. «Ce que Dioncounda dit n’engage que lui», a-t-on pu entendre lors de sa conférence de presse.
Une posture assez étonnante pour qui sait que TiebiléDramé était crédité d’une participation très active aux tractations avec les deux seigneurs du nord et du centre. Il aurait personnellement tiré les ficelles de précédentes démarches ayant abouti à des échanges de prisonniers entre les djihadistes et l’armée malienne. Mais le flou créé par sa malencontreuse sortie médiatique devaient persister jusqu’aux clarifications apportées par le chef de l’Etat en personne. IBK a en effet profité de son récent séjour à Addis-Abebba, dans le cadre du sommet de l’UA sur la sécurité au Sahel, pour arbitrer et tirer au clair l’équivoque. Contrairement aux déclarations de son ministre des Affaires Étrangères, le Mali est bel et bien entré en négociations avec Iyad et Kouffa, conformément aux résolutions du Dialogue National Inclusif que le président de la République s’est engagé à mettre en œuvre. On ne peut plus être clair et limpide pour qui veut désavouer un ministre qui avait pourtant tout l’air de s’exprimer avec assurance et l’onction du chef de l’Etat lors de sa conférence de presse apparemment concoctée pour les besoins de la cause. Et comme pour ne rien arranger à la chose, un autre désaveu est venu se superposer à la gifle assénée par IBK. Le Quai d’Orsay qu’il croyait contenter, en écartant toute possibilité de pourparlers avec les terroristes, ne parait point s’opposer à la démarche, pourvu qu’elle découle d’une volonté exprimée par le peuple. Ce n’est pas la seule malaise dans les rapports entre TiebiléDramé et le président IBK. L’opinion n’est pas près d’oublier l’affront que le président du Parena a essuyé de la part du même IBK, qui l’avait traité de «petit-monsieur». L’opposant de l’époque était certes demeuré stoïque face aux attaques verbales du président de la République mais force est d’admettre qu’il n’a jamais eu l’occasion de lui prouver qu’il ne mérite pas une telle qualification. Sauf que cela passe par une démission pour incompatibilité d’approches sur la problématique du centre.

La Rédaction

Source: Journal le Le Témoin- Mali