Tiébilé Dramé: «la CEDEAO court le risque d’un échec au Mali»

Réviser la constitution par une commission consensuelle, mettre en place un organe indépendant de gestion des élections et respecter la durée de la Transition fixée à Accra, telles sont les clés de la stabilité politique du pays livrées par le Comité directeur du PARENA. C’était dans le cadre de sa contribution aux échanges de la Mission de la CEDEAO avec les acteurs politiques, ce lundi après-midi, dans un hôtel de la place. Voici in extenso l’intervention du Président du Comité directeur, Tiébilé DRAME.

 

-SE Monsieur le Président Goodluck E. Johnattan, Médiateur de la CEDEAO;
-SE Madame la présidente du conseil des ministres,
– Monsieur le président de la Commission;
– Monsieur le Commissaire Politique, Paix et Sécurité;
– Monsieur le Représentant permanent,
Les Maliens sont reconnaissants vis à vis de notre organisation pour le rôle irremplaçable qu’elle joue pour la préservation de la démocratie, de la paix et de la sécurité dans notre sous-région.
Ils vous sont particulièrement reconnaissants, Monsieur le Président, à vous et à votre délégation pour les efforts inlassables que vous déployez depuis le déclenchement de la présente crise en avril 2020.
Laissant à la maison familles et occupations quotidiennes, vous avez décidé que restaurer la démocratie et la stabilité au Mali est au cœur de vos priorités.
Merci de votre fraternel accompagnement.
Lors du sommet extraordinaire d’Accra consacré, le 15 septembre, au Mali, les chefs d’Etat ont décidé que, suite à la rupture institutionnelle survenue le 18 août, la Transition vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel devra durer 18 mois à partir du 15 septembre. Dans quelques jours, quatre mois seront consommés.
Votre mission arrive à point nommé pour évaluer les progrès accomplis mais aussi entendre les préoccupations et les inquiétudes que suscite la marche de la Transition.
Pour ce qui nous concerne, nous n’insisterons pas sur ce qui aurait dû se passer pendant les mois écoulés ou sur les manquements par rapport aux engagements pris dans le cadre de la Charte et de la Feuille de route de la Transition.
Nous voulons vous dire tout simplement que le temps n’est pas notre allié, qu’il faut se concentrer, dans la concertation et le consensus sur ce qui est désormais essentiel : la révision de la constitution et la mise en place d’une autorité autonome chargée des élections.
La CEDEAO court le risque d’un échec au Mali si à l’issue de la période transitoire en cours, il n’y a ni réformes ni organe indépendant en charge des élections.
Ces réformes sont parmi les principales résolutions des Assisses nationales de décembre 2019. Elles correspondent aux aspirations de toutes les forces vives du pays, de l’écrasante majorité des partis politiques et de la société civile engagée dans le processus électoral.
Si nous ne tirons pas ensemble les leçons des crises précédentes, de la dernière en particulier, nous aurons choisi de tourner le dos à la stabilité du Mali.
Réviser la constitution par une commission consensuelle, mettre en place un organe indépendant de gestion des élections et respecter la durée de la Transition fixée à Accra sont les gages de la stabilité politique du pays.
Je vous remercie Monsieur le Président.
Je vous remercie Madame la
Présidente du Conseil des Ministres.
Il faut rappeler qu’une mission de la CEDEAO dirigée par Goodluck Jonathan vient de boucler un séjour de 2 jours dans notre capitale (11 et 12 janvier 2020). Lors de ce déplacement de 48 heures, des rencontres avec des acteurs chargés de l’organisation des élections présidentielle et législatives de l’année prochaine, les autorités de la transition et la classe politique sont prévues. L’ancien président nigérian est accompagné par Mme Shirley Ayorkor Botchway, ministre des Affaires étrangères de la République du Ghana, Présidente du Conseil des Ministres de la CEDEAO et du Président de la Commission de la CEDEAO, Kassi BROU.

Source : INFO-MATIN

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