Transition au Mali : des hommes très propres pour sauver l’avenir de notre peuple !

Pour réussir la transition, il est indispensable d’opérer un choix judicieux des hommes et des femmes qui se doivent de l’animer. Comme pour dire que tous ceux et toutes celles qui ont participé à la gestion calamiteuse de nos affaires, depuis la chute du président Moussa Traoré, n’ont plus rien de bon à proposer à notre peuple travailleur. Pour ainsi dire, les militaires ne doivent pas se laisser divertir par les politiciens peu crédibles qui, au lieu de servir le Mali, se sont donnés à cœur joie à la dilapidation de l’économie nationale.

 

«L’indépendance économique est la base matérielle de l’indépendance politique. Tant qu’un pays sera économiquement asservi ou dépendant, il sera forcément asservi sur le plan politique aussi et condamné à un esclavage colonial» (Muhammad Missuri).

À titre de rappel, notons que le régime nationaliste de Modibo Keïta a très tôt compris qu’il n’y a pas d’indépendance véritable sans une base économique fiable et viable. C’est bien cette vérité scientifique que la France a comprise à sa juste valeur. C’est donc pour empêcher le Mali de réussir son indépendance réelle que la France a soutenu le coup d’État contre Modibo Keïta. C’était un mardi 19 novembre 1968. Ce jour- là, le lieutenant Moussa Traoré et treize de ses compagnons d’armes se sont rendus coupables de cette forfaiture ignoble à l’encontre de notre peuple travailleur. Et depuis, le Mali est tombé. Et depuis, bonjour, la bamboula et la dictature aveugle, réduisant au silence tout un peuple.

Notre pays a enduré pendant vingt-trois (23) ans les affres d’un régime au service de la France coloniale. Moussa Traoré est déchu, le 26 mars 1991. Bien d’enfants du Mali sont morts pour l’avènement de la démocratie multipartiste. Le résultat est connu de tous: plus de deux- cents partis politiques sont nés, dirait-on; la corruption et la délinquance financière sont devenues la double carte d’identification de cette démocratie.

Pour régner sans le moindre risque de coup d’État, Alpha Oumar Konaré a procédé à la corruption des cadres de l’armée par des promotions à tout bout de champ, à la dissection des syndicats et partis dits politiques, à la Flamme de la paix et à la phagocytose de nos forces de défense et de sécurité. Les vices qui plongent leurs racines dans la 2ème République ont fleuri et donné des fruits sous la 3ème République. Une seule réalité caractérise la démocratie multipartiste à la malienne à savoir l’aggravation de la misère populaire.

La combinaison de nombreux facteurs conduit à la chute du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). La problématique consiste aujourd’hui dans la gestion de la transition de dix- huit (18) mois et donc l’application de la Charte issue des Concertations nationales souhaitées et tenues par les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Après le choix du colonel-major à la retraite Bah N’Daw et du vice- président en l’occurrence le colonel Assimi Goïta, le président du CNSP.

Le président de la transition a prêté serment, vendredi le 25 septembre 2020. Lors de son investiture, le nouveau locataire de Koulouba a promis d’engager la lutte implacable contre la corruption et la délinquance financière. Il lui appartient à présent de choisir un Premier ministre de transition qui, à son tour, se doit de composer son gouvernement. Dès lors, que faut- il pour que rien ne soit plus comme avant dans notre pays ? Pour ce faire, quel impératif catégorique faut-il réaliser dès lors qu’il s’agit d’une refondation de notre État et donc de notre pays ?

Il faut fonder les bases d’une économie indépendante. C’est bien cette économie qui garantit au Mali son indépendance réelle. C’est d’ailleurs pourquoi il faut conditionner toute indépendance nationale à l’indépendance économique.

Lisons à cet effet Muhammad Missuri: «L’indépendance économique est la base matérielle de l’indépendance politique. Tant qu’un pays sera économiquement asservi ou dépendant, il sera forcément asservi sur le plan politique aussi et condamné à un esclavage colonial

Le régime Modibo a bien saisi cette donne; c’est pourquoi il a mis un accent particulier sur la nécessaire modernisation de notre agriculture pour une industrialisation à hauteur de souhait pour servir l’option nationaliste (ou si l’on veut socialiste) de développement du Mali. C’est dire que l’indépendance réelle de notre pays sera un vœu pieux tant que l’on continuera à s’accrocher à l’économie et à la culture de l’extérieur.

C’est donc pourquoi le sieur Edgard Pisani disait avec juste raison: «Tant que les espoirs de développement seront fondés sur une idée extérieure considérée comme capable de provoquer l’investissement et l’équipement, toute dynamique est interdite.» Dès à présent donc, les autorités de la transition, pour une refonte de notre indépendance, doivent faire leur cette sagesse chinoise selon laquelle ‘‘mieux vaut donner un filet ou une charrue qu’un poisson ou un sac de blé’’.

Pour une refondation du Mali, la transition se doit de revoir le véhicule de la culture dans notre pays ? En cela elle doit, sans prôner un retour au passé, faire appel à tous les aspects positifs de notre civilisation commune; Seydou Badian nous a dit: «Être de son temps, c’est vivre à la pointe de l’histoire, mais en se souvenant qu’il y a derrière nous un passé prodigieux et infini.» C’est dire que la refondation du Mali ne peut réussir qu’en développant nos valeurs culturelles faisaient la fierté de notre peuple laborieux.

Pour réussir la transition, il est indispensable d’opérer un choix judicieux des hommes et des femmes qui se doivent de l’animer. Comme pour dire que tous ceux et toutes qui ont participé à la gestion calamiteuse de nos affaires, depuis la chute du président Moussa Traoré, n’ont plus rien de bon à proposer à notre peuple travailleur. Pour ainsi dire, les militaires ne doivent pas se laisser divertir par les politiciens peu crédibles qui, au lieu de servir le Mali, se sont donnés à cœur joie à la dilapidation de l’économie nationale.

Comme pour dire que ces prédateurs de notre tissu économique national doivent rendre des comptes à notre peuple et reverser à l’État ce qu’ils lui ont volé. C’est bien ce que l’on appelle la traque de la corruption et de la délinquance financière. Cette lutte ne doit plus ressembler à cette vieille habitude frauduleuse des politiciens de nommer plus haut les délinquants financiers. C’est nécessairement par là que doit passer la refondation de notre État et de notre pays. De quoi a-t-on encore besoin pour que le Mali ne retombe pas dans la gueule des loups politiciens ?

Il faut impérativement remettre les gens au travail car, l’une des plaies de notre administration c’est que les gens trichent, prennent leurs salaires pendant qu’ils sont des chômeurs patentés. Et ceux qui ne chôment pas, sont pour la plupart en déphasage avec les horaires de travail.

Aussi et enfin, il est temps de ramener l’école à l’école en boutant la politique hors du circuit scolaire. Par cette occasion, un suivi et contrôle permanent doivent être entrepris à l’école pour que les enfants bénéficient de leur droit à la formation. Qu’on arrête donc de colmater les années scolaires et académiques car maintenant il s’agit de sauver, non pas l’année, mais l’école malienne.

Sans ce nouveau départ de notre système éducatif, il ne peut être question d’une vraie refondation du Mali. Kim Il Sung disait à cet effet : «Le travail d’éducation et de rééducation de l’homme est précisément le premier processus de la révolution et du développement du pays. L’enseignement est un chaînon important de la formation de l’homme.  C’est pourquoi je ne cesse de souligner que l’enseignement n’est pas une simple profession mais une noble entreprise révolutionnaire». C’est d’ailleurs pourquoi Nelson Mandela disait avec pédagogie: «L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde.»

En dernière instance, il faut des hommes nouveaux très propres pour sauver l’avenir de notre pays et de son peuple. Pas ceux qui gouvernent jusqu’ici parce que le changement est pratiquement impossible avec ceux qui ont mal géré ce pays. Qu’on cesse donc de nous dire qu’ils peuvent changer ! Il est temps de cesser de jeter la poudre aux yeux des maliens.

Le pays regorge de cadres talentueux, honnêtes et travailleurs car, comme le dirait l’autre, personne n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. Comme pour dire qu’il n’existe pas d’homme et de femme né (e) pour gouverner et indispensable. Il est temps de remercier très honnêtement ceux qui se remplacent aux différents postes de responsabilité dans notre pays parce qu’ils ne sont pas les mieux nés. Il est temps de forger des hommes politiques nouveaux pour une gouvernance radicalement nouvelle.

Fodé KEITA

Source : L’Inter de Bamako

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