Des voix sans doute de très bonne foi se sont élevées ces derniers jours en faveur d’un possible tandem ou même très raisonnable entre les présidents ATT et Dioncounda Traoré dans la gestion du très complexe dossier de l’insécurité, donc du retour de la paix dans le Centre du pays. 

 

À les entendre, l’idée très angélique ferait sourire les novices, ceux-là qui, voient juste ou tout simplement l’ancien président, natif de la région et  Dioncounda bouclés très vite la chose. Un vœu, mais aussi une chimère. Les populations du Centre, notamment celles des préfectures   de Mopti, Douentza, ne doutant nullement de la capacité du Pr Dioncounda pour avoir en son temps anticipé sur les évènements en lançant à l’endroit du président Hollande un appel de détresse, restent encore très reconnaissantes en ce président qui a géré avec maestria et doigté l’arrêt de l’invasion quasi certaine de tout le pays. L’aurait-on déjà oublié ? En Malien comme autre citoyen de ce pays, avec sa singulière méthode de gérer sa propre vie d’abord puis sa perception de la chose politique, le président ATT confondant vitesse et précipitation a cru bien faire de prendre le président Konaré à contre pieds en sautant sur une invitation, celle de choisir la clôture du DNI pour se prononcer sur l’initiative et sa volonté d’avoir un rôle à jouer dans la crise qui perdure. Mais c’est son silence à propos qui aurait été bien apprécié  surtout lorsqu’on pense à  tous ceux qui étaient à Mopti sur le stade de Gangal et qui ont suivi sa sortie très inappropriée à propos du Mali et dans la situation dans laquelle il a jeté le pays avant d’exiler 7 longues années au Sénégal avec sa famille, abandonnant les Maliens à leur sort ‘’……Dans mon exil sénégalais, je ne pensais qu’à mon pays…’’.

Avait-il besoin de s’élever ainsi ? Il a choqué plus qu’émerveillé les Maliens de soudoubaba qui, en retour se sont convaincus du fait, qu’après tout ce qui s’était passé, ATT n’avait tiré aucun enseignement de  ce qui lui était arrivé. La mutinerie des jeunes gens de Kati, sa sortie peu glorieuse du palais par les flancs de la colline, son très long exil et pour aggraver, sa très mauvaise connaissance du Malien. Comme pour lui rappeler qu’en  certaines circonstances, le silence est d’or,  chose qu’il ne pourrait sans aucun prêt à faire sien.

Il aurait pu jouer un rôle pointu, si, tout au long de son long règne, il avait laissé de bons souvenirs dans le Centre.

Il avait essayé tout au long de ses deux mandats d’être un bon président pour tous les Maliens sans jamais y arriver. C’est la raison pour laquelle, une semaine après sa chute, aucune force populaire n’a levé le petit doigt contre le coup d’État qui a failli lui coûter la vie. Ses partisans qu’on croyait dévoués et prêts au sacrifice suprême à en croie leurs perpétuels cris de ralliement’’ ATT An BE SA I NOFE’’, ont joué à son rythme, à son tempo, excellant dans le faire semblant tout comme lui-même. Il n’aimait personne et personne finalement ne l’aimait sauf peut-être quelques inconditionnels.  Pour revenir à implication dans la gestion du dramatique dossier du Centre, ATT, ne ferait rien de plus que Dioncounda tout seul ne peut réussir.

Un groupe de personnes de plus, de l’argent public à dépenser en plus. Les populations du Centre du Mali ne connaissent pas ATT plus que Dioncounda. Les deux ont géré le pays et chacun d’eux a fait ce qu’il a pu. Si, les populations gardent un bon souvenir de l’un des deux, c’est bien le président Dioncounda, lui qui, en mathématicien lucide et rationnel, a su prendre une très bonne décision au bon moment en faisant appel aux armées françaises pendant que, les forces djihadistes progressaient vertigineusement vers la capitale avec comme cible immédiate la ville de Mopti où, ils se proposaient de prier le lendemain vendredi et partant installé le khalifat qui aurait sans doute été confié à Amadou Diallo communément appelé

Amadou Koufa.

ATT serait certainement bien à un autre niveau s’il lui arrivait d’accepter un quelconque poste de la république que, celui d’un ancien chef d’État décidé à écrire ses mémoires.

Contrairement au président Konaré, le président ATT, au regard de ce que les Maliens ont eu la mauvaise surprise de constater, c’est sa propension à demeurer sous les feux de l’actualité, aux flashs des cameras et des appareils photo et autres articles des journaux. Pour le satisfaire, le président Keita le connaissant très bien, pourrait très bien lui confier le poste de Médiateur de la République en demandant humblement au vieux Baba Akhib d’aller se reposer. À moins que ce dernier aussi, ne lorgne le fauteuil pour son propre fils qui trône à la loge des officiels sans que personne ne connaisse son statut officiel à la Médiature. Sinon, après ce qui lui est arrivé en 2012, ATT n’a besoin que de réfléchir à la rédaction de ses mémoires de chef putschiste, de président d’une transition et de deux mandats malheureusement très mal achevés.

Cheick Alpha Sow

Source : Le Combat