Si sous d’autres cieux ou dans d’autres contextes, on a l’habitude
d’entendre ou de dire, les jours ou les années (si on veut) se suivent mais ne se ressemblent pas ; ici chez nous, c’est tout à fait le contraire depuis quelques années maintenant.


Au Mali, sur les rives du Djoliba et même au-delà, à savoir, aux alentours
et dans les parages du Mont Hombori, dans les montagnes du
Tegherghart, les années se suivent et se ressemblent.
Les jours, les semaines, les mois, les années n’ont qu’un seul et unique
dénominateur commun : l’immobilisme. Désormais, ici, et ce, depuis la
crise que nous traversons, il est vrai qu’on parle beaucoup, que l’on se
concerte, mais après, rien ! «Rien ne bouge», a-t-on l’habitude
d’entendre. On a l’impression d’être au Mali, à chaque fois, dans un
éternel recommencement, tellement l’amateurisme a envahi et gangréné
tous les secteurs.


Comme nous l’écrivions tantôt, l’année qui s’achève n’a pas dérogé à la
règle. À son orée, et à entendre le discours annonciateur des nouvelles
mesures d’IBK, un certain espoir était (encore une fois) perceptible chez
nos compatriotes. Nous pensions tous que les choses allaient finalement
bouger et que nous sortirions définitivement de ce blocage et ce statu
quo, qui n’a jamais rien annoncé de bon.
L’année qui s’achève, il faut le reconnaître, avait tout pour faire bouger
les choses et nous sortir, ne serait-ce qu’un peu, de la crise que nous
vivons. Nous avons vu, pêle-mêle, la mise en place du fameux Triumvirat
chargé de la conduite du Dialogue national inclusif, qui a cours en ce
moment, le départ du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga,
l’arrivée de Dr. Boubou Cissé, les sorties presque intempestives de
l’Imam Dicko et sa grande marche du 5 avril dernier ; sans oublier,
malheureusement, toutes ces tueries au centre et toutes ces attaques
contre nos soldats avec leurs corollaires de victimes par centaines.
En termes de bilan, tous ces évènements ne nous ont avancé en rien, on
n’en a tiré aucune leçon. Ils n’ont suscité aucune initiative porteuse
pouvant mettre le pays sur de bons rails.
Si la mise en place du Triumvirat et l’organisation du Dialogue national
inclusif devaient, à l’origine, permettre aux Maliens de se parler,
aujourd’hui, force est de reconnaître que l’opération ressemble à
l’accouchement d’une petite souris par une très grande montagne. La

représentativité est nulle, l’opposition a décidé de bouder la rencontre et
les Maliens n’y croient plus.
Aussi, avait-on vu le départ (forcé) de Soumeylou Boubèye Maïga de la
Primature et l’arrivée de Boubou Cissé comme une occasion de
rebondissement. Même s’il est très tôt pour tirer un bilan de sa présence
à la tête de l’exécutif, il faut dire que les choses avancent à un rythme que
nos compatriotes trouvent relativement lent. Il pourrait obtenir des
résultats, si on le laisse travailler, et si disparaît par-dessus sa tête l’épée
de Damoclès de son départ.


Aussi, et l’évocation de cela est pénible pour nous, nous aurions souhaité
ne pas le faire, il aurait été appréciable que nos autorités tirent les leçons
de nos défaites militaires et des morts que nous enregistrons par
dizaines. Ce qui n’est malheureusement pas le cas. Essayons de faire
mieux en 2020. Bonne et heureuse année.
Makan Koné

Source : Nouvelle Libération