Zouber Sotbar, homme politique français, par rapport au Mali : “IBK a complètement perdu la main, il n’est plus digne de confiance et n’est même plus audible…IBK est pire que Gbagbo…seul un coup d’Etat militaire serait en mesure d’éviter une confrontation aux conséquences incertaines”

Mon analyse de la situation

IBK a complètement perdu la main. Il n’est plus digne de confiance et n’est même plus audible. C’est le discrédit total et je fais le pari que s’en est fini de son régime demain.

 

Ceci étant, la confrontation, certes non souhaitable, est inéluctable. La contestation s’est élargie et s’est radicalisée. L’entourage d’IBK est prêt à jouer son va-tout à l’image de Gbagbo : c’est ce que j’avais dit à Manuel Valls, candidat à la primaire socialiste en 2011 dans la cour de Solférino quand il m’a interpellé sur ce que je pensais d’IBK et je lui avais répondu sans ambages que IBK et Gbagbo étaient pareils. L’histoire est en train de me donner raison à un détail prêt, c’est qu’IBK est même pire que Gbagbo, et je regrette que le PS français ne fasse pas son mea-culpa quand je pense encore à cette délégation d’Harlem Désir en 2012 pour convaincre les autres candidats des partis membres de l’International Socialiste au Mali de soutenir IBK. J’ai un défaut, c’est que je n’oublie rien … j’ai gardé en tête l’image de tous ces soutiens au sein des instances dirigeantes du PS.

Hélas, seul un coup d’Etat militaire serait en mesure d’éviter une confrontation aux conséquences incertaines. Même si la communauté internationale et la France ne l’assument pas, compte tenu des enjeux, il est impossible que ce scénario ne soit pas envisagé pour ne pas dire souhaité et sans doute même déjà prêt pour maintenir une certaine stabilité.

En tant que Républicain, il va de soi que je sois un farouche opposant à toute idée de coup d’Etat. Mais en même temps, je mesure la gravité de la situation et les risques encourus. Surtout, je n’oublie pas qu’IBK est lui-même venu à la faveur d’un coup d’Etat d’une certaine manière et le double hold-up électoral pour les présidentielles et les législatives s’apparente à coup d’Etat ; or ceux qui viennent par un coup finissent par être dégagés par un coup d’Etat !

Par ailleurs, si je soutiens entièrement le M5-RFP, je ne sous-estime pas la fragilité de cet attelage hétéroclite dans la conduite d’une transition sans un leadership autre que celui d’un Imam, surtout je mesure aussi le risque lié à la tentation de vouloir gouverner seul sans tenir compte des autres composantes ; ce qui sera un frein à l’ambition de Refondation qui est vital pour la survie du Mali.

Le coup d’Etat militaire ne veut pas dire que les militaires s’emparent du pouvoir, loin s’en faut. C’est là où l’effervescence populaire est un atout pour circonscrire la place de l’armée dans la conduite de la Transition et lui ôter toute velléités de maintien durable en plus d’être un garde-fou vis-à-vis d’une tentative de contre coup d’Etat.

Le coup d’Etat ne remet pas en cause la nécessité d’une Transition de Refondation tel que déjà évoqué à travers un audit sans concession de l’Etat, une instruction des dossiers pour crimes de sang et crimes économiques, la relecture des accords d’Alger, la convocation d’une Constitution, l’adoption de la Constitution de la 4ème République par Référendum et l’engagement des réformes structurelles de l’Etat en vue des prochaines élections présidentielles de 2023. Cette Transition devra disposer d’un organe exécutif resserré, d’un organe législatif populaire et d’un organe judiciaire complètement indépendants les uns des autres.

Enfin, il me paraît également indispensable que cette Refondation s’inscrive également dans un exercice de prospective pour penser le Mali de demain face aux enjeux et défis de la mondialisation sur les questions écologiques, de migration, d’énergie, de nouvelles technologies… Les pays émergents sont les puissances de demain et certains d’entre eux étaient dans la situation du Mali il n’y a pas si longtemps. Il est donc temps de changer nos paradigmes !

C’est toujours difficile de faire des analyses objectives quand on a des convictions et qu’on est engagé. Il y a ce que je souhaite et la réalité des possibles.”


Zouber Sotbar, homme politique français

Source : Afrikan

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Voici ce que l’homme disait d’IBK en juillet 2015

Lorsque l’on est malien d’origine, ex élu PS et démissionnaire du parti suite à la gestion de la crise malienne par la France et fin observateur de la scène politique malienne, on a beaucoup de choses à dire et on est légitime pour le dire. Pour le premier numéro de « complément d’actu », Zouber Sotbar revient sur le parcours du président Ibrahim Boubacar Keita. Ce parcours est connu par certains qui n’en parlent pas et méconnu par nombreux fanatiques de l’homme qui dirige la destinée du Mali depuis 2013. De son passage à Paris jusqu’à son retour au Mali dans les hautes fonctions en passant par Abidjan où il n’a jamais été ambassadeur, Zouber n’oublie rien du parcours du président IBK.

Selon lui, ce qui caractérise l’homme est son gout immodéré pour les dépenses et la manipulation de la loi pour s’adjuger les biens publics. De la présidence de l’ADEMA à la présidence de la république en passant par la présidence de l’assemblée nationale, IBK fut budgétivore de manière indécente.

La légende voudrait qu’il soit celui qui a maté la révolte estudiantine de l’AEEM mais Zouber nous apprend qu’il a plutôt acheté le mouvement estudiantin malien à travers l’octroi de bourses d’études aux raisonnable du mouvement. Il va jusqu’à citer Yahiya Ould Zarawana qui illustre cette réalité.

Le fait qu’IBK se soit fait voler lors des élections présidentielles de 2001 face à ATT et Soumaila Cissé serait un mythe selon notre chroniqueur. En réalité c’est Soumaila qui est arrivé en seconde position si l’on s’en tient aux bulletins annulés attribués à ce dernier.

La naïveté aurait habité un temps IBK lorsqu’il était président de l’ADEMA et assuré d’être le dauphin du président. Il se serait fait avoir tel un débutant au moment de valider son choix pour représenter l’ADEMA. La suite de l’histoire est connue.

L’accord de paix fraichement signé ne trouve pas non plus grâce aux yeux de Zouber. Selon lui, l’accord est nul et non avenu car anti constitutionnel. Il conseille au président de dissoudre l’assemblée et le gouvernement afin de former un gouvernement d’union nationale pour repartir sur de bonnes bases.

Avec une maitrise de la chronologie des évènements majeurs du parcours d’IBK, Zouber nous sert un exercice inédit dans le microcosme médiatique malien. Cela serait tout à fait naturel si son quota d’ennemis explosait dans les jours à venir.

Elijah de Bla

Source : RP Medias

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