La 8è réunion de bilan du PRPICA se veut un cadre de réflexion pour lever certaines contraintes auxquelles les sociétés cotonnières sont confrontées

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Le Programme régional de protection intégrée du cotonnier en Afrique (PRPICA) qui regroupe les pays africains producteurs de coton, notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal et le Togo, tient dans notre capitale sa 8è réunion de bilan.
Créé à Bobo Dioulasso en 1998, le PRPICA a évolué pour prendre sa dénomination actuelle en 2005 à Dakar. Sa première réunion de bilan s’était tenue en 2007 à Bamako.
L’ouverture de la présente session a été présidée hier par le ministre du Développement rural, Bocari Tréta, en présence du président directeur général de la Holding compagnie de développement des textiles (CMDT), Kalfa Sanogo, du chef de la Mission de restructuration du secteur coton (MRSC), Abdoulaye Koïta, du président du Comité de pilotage du PRPICA, Adjanor T. Agbélenko du Togo, des représentants des sociétés cotonnières, des firmes agro-pharmaceutiques, des organisations de producteurs de coton et de recherche agronomique des pays membres.
L’occasion est bonne pour relever que la CMDT enchaîne depuis quelques jours, les bonnes nouvelles dont la dernière en date sont les 7 Fcfa de plus entre le prix du coton malien et les autres fibres sur le marché boursier Cotlook de New York. Cette différence positive de prix récompense la qualité supérieure du coton malien. Ainsi depuis une semaine, notre coton se vend très bien sur le marché boursier. Cette bonne nouvelle vient s’ajouter à l’annonce faite le week-end dernier par le premier responsable de l’entreprise d’un bénéfice de 14,168 milliards Fcfa dégagé à l’issue de l’examen des comptes de l’exercice 2014.
Pour revenir à la réunion bilan du PRPICA qui se déroulera sur trois jours, le ministre Tréta a relevé que ce programme demeure un cadre de concertation pour la recherche des moyens de pérenniser la culture du coton en Afrique, face aux nombreuses difficultés auxquelles cette culture est confrontée. Parmi ces difficultés, on peut retenir les aléas climatiques, le problème de la fertilité des sols et les attaques des ravageurs.
« Le PRPICA constitue un levier important sur lequel les Etats doivent agir pour mettre la filière à l’abri des facteurs endogènes qui peuvent être de nature à handicaper son épanouissement », a recommandé le ministre du Développement rural. Pour le Mali, l’importance de la filière coton n’est plus à démontrer car elle constitue la deuxième source de revenus d’exportation après l’or et fait vivre plus de 4 millions de personnes.
En tant que locomotive des cultures vivrières, notamment le maïs, le coton a été retenu comme l’une des cinq filières prioritaires devant bénéficier d’un développement soutenu par l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). De ce fait, le coton occupe une place de choix dans les politiques de développement et programmes de lutte contre la pauvreté.
Il est important de souligner qu’en dépit des réformes déjà accomplies dans nos filières cotonnières au prix d’efforts considérables, beaucoup reste encore à faire pour améliorer leur compétitivité. La rencontre de Bamako offre un cadre idéal de réflexion pour lever certaines contraintes auxquelles les sociétés cotonnières sont confrontées.
Toujours selon le ministre Tréta, les efforts fournis durant les 5 dernières campagnes agricoles ont permis à notre pays de passer de 229.000 à 549.000 tonnes au cours de la campagne agricole 2014-2015. Il a adressé ses félicitations à la recherche agricole, particulièrement à la recherche cotonnière des pays membres du PRPICA, pour les résultats obtenus dans le cadre de l’amélioration de la production aussi bien sur le plan quantitatif que qualitatif dans des conditions souvent très difficiles.
Les réunions bilan du PRPICA constituent toujours des moments d’échanges d’expériences fructueux entre les chercheurs et les cadres des sociétés cotonnières dans la lutte contre les ravageurs. A ce propos, le projet « Gestion intégrée des ravageurs par les traitements sur seuils et le fractionnement des récoltes pour une production cotonnière durable en Afrique de l’ouest » (GIRCOT) qui va être exécuté sur une durée de 3 ans (2014-2016) contribuera à améliorer la production et la productivité du coton dans la sous-région.
Avec l’appui financier de la Commission de l’UEMOA et en collaboration avec la société Toguna Agro-industries, le PRPICA se propose d’actualiser les formules d’engrais pour le coton dans les 6 pays du PRPICA dès la campagne 2015-2016.
La rencontre de Bamako est aussi l’occasion de fêter les 10 ans d’existence du PRPICA. Pour ce faire un document intitulé « Guide pratique de protection du cotonnier en Afrique » sera examiné par les participants. Il décrit des éléments comme la reconnaissance des ravageurs du cotonnier et de leurs ennemis naturels, la protection du cotonnier sur seuil et le fractionnement des récoltes de coton graine.

M. COULIBALY

source : L Essor