Indemnisation les victimes va être un autre pair de manche de l’enquête des tueries de Gao. Si elle ne se fera pas dans les règles de l’art, c’est une insulte aux victimes

La semaine dernière, le rapport d’enquête de l’ONU sur la manifestation violente du 27 janvier 2015 à Gao, a était rendu public le 2 avril 2015.  Dans cette déclaration, il était établi des faits qui concernent la manifestation violente qui a eu lieu le 27 janvier 2015 à Gao, aux abords du bureau régional de la MINUSMA , a présenté son rapport.

L’enquête est sans ambages, des membres d’une unité de police constituée de la MINUSMA ont fait usage de la force de manière excessive et non-autorisée contre des civils pendant la manifestation, entraînant la mort par balle de trois manifestants et en blessant quatre autres.

Dans la foulée, le rapport fait remarquer que certains manifestants et organisateurs de la manifestation sont également «responsables de la tournure violente qu’a prise la manifestation, avec notamment, des cocktails Molotov, des jets de pierres et des tentatives de forcer le périmètre de sécurité du bureau régional de la MINUSMA ». Dans le même ordre d’idée, l’enquête fait apparaitre que « les forces de sécurité de la MINUSMA ont été laissées seules face aux manifestants, et ce, en violation des accords avec le pays-hôte sur le statut de la MINUSMA. Cinq policiers de la MINUSMA ont été blessés lors de l’événement».

De même que le secrétaire général des Nations Unies dit regretter profondément les pertes en vies humaines et les blessures encourues suite à l’usage excessif de la force par des éléments de la MINUSMA au cours de cet évènement. Avant de condamner ces violations des directives de la MINUSMA sur l’utilisation de la force. Aussi, le secrétaire général s’engage à veiller à ce que les personnes impliquées soient tenues pleinement responsables de leurs actes. Des mesures ont été prises à cet effet avec les autorités maliennes et les autorités nationales du contingent contributeur mis en cause.

Le Secrétaire général encourage également le gouvernement du Mali à prendre des mesures pour prévenir de tels incidents à l’avenir. Les procédures de gestion de crise, ainsi que de communication et de gestion au sein de la MINUSMA , seront en outre revues. Le Secrétaire général s’engage aussi à veiller à ce que la justice soit rendue en conformité avec les pratiques locales et les procédures appropriées des Nations Unies. À cet égard, la MINUSMA est en contact avec les autorités locales, ainsi qu’avec les individus et familles concernés.

Au nom des Nations Unies, le Secrétaire général présente ses excuses les plus sincères aux victimes et à leurs familles. Le constat qui s’impose est qu’avant la publication de ce rapport, la gestion qui a été faite de ce dossier est loin de satisfaire les parents des victimes. Des tentatives de discrédité la cause des manifestants se sont vite transformés en échec car, l’idéal qui a guidé les jeunes de Gao était noble. Reste à savoir, comment sera appliquée l’indemnisation des victimes.

Harouna COULIBALY

source : Katois