Le Collectif des Transporteurs du Mali exclus du processus électoral pour le renouvellement des instances du Conseil Malien des Transporteurs (CMTR) a organisé le samedi 18 avril 2015 une conférence de presse à la maison de la presse. Objectif : informer l’opinion nationale et internationale de la cacophonie administrative provoquée par le ministre de l’Equipement, des Transports et du désenclavement, Mamadou Hachim Koumaré en ce qui concerne les conditions d’éligibilité du conseil malien des chargeurs et celles des transporteurs et surtout de son refus de se conformer aux dispositions du décret no 04-359/P-RM du 08 septembre 2004 relatif au CMTR. Pour les organisateurs de la conférence, la grave et préjudiciable confusion engendrée par la faute du chef de département de tutelle, a fait qu’à cette date, seules 134 personnes sont inscrites sur plus de 900 porteurs de cartes professionnelles dans le District de Bamako.

La conférence de presse était présidée par le président du Collectif des Transporteurs du Mali, Moctar Théra, non moins PDG de Binké Transport. Il avait à ses cotés, le 2ème  vice président du bureau sortant du CMTR ,Malick B Diallo, Adama Coulibaly, secrétaire général du Syndicat National des Transporteurs  Routiers Urbains-Inter Urbain et Internationaux (SYNTRUI) ,Ibrahima Diarra ,PDG de GANA Transport.

 Le conseil malien des Transporteurs Routiers est un organisme public à caractère professionnel crée par la loi no 04-040 du 13 Aout 2004. Au regard de la loi, les instances actuelles du CMTR sont en fin de mandat depuis décembre 2012 donc ne jouissent d’aucune légitimité. La conférence a débuté par la lecture de la déclaration du Collectif des Transporteurs. Le dit document a été présenté par  Adama Coulibaly, Secrétaire général du SYNTRUI. D’entrée de jeu, il a souligné que conformément au décret  no 04-359/P-RM du 08 septembre 2004, sont électeurs les membres du CMTR qui remplissent les conditions ci-après : être de nationalité malienne, être âgé de 21 ans au moins, être détenteur de la carte professionnelle de transporteur, être à jour dans les paiements de cotisation des impôts et des taxes, ne pas être sous le coup d’une incapacité ou d’une déchéance. Adama Coulibaly de préciser  que depuis la fin du mandat de l’ancien bureau du CMTR en 2012, l’Administration n’a  pris aucun  acte conservatoire pour pallier cette irrégularité. Le secrétaire général du SYNTRUI a fait savoir que : «  Suite aux différentes plaintes des organisations professionnelles des transporteurs auprès du département pour corriger cette situation de non droit, le ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement, a pris un premier arrêté sous le no 2004 -3480-METD-SG-04 du 04 décembre 2014 qui fixe la date des élections de l ‘Assemblée Consulaire du CMTR au samedi 04 avril 2015. L’insuffisance principale révélée dans le dit arrêté est la confusion faite entre décret no 99-426/PRM du 29 décembre 1999 régissant le conseil Malien des chargeurs et Décret no 04-359/P-RM  du 08 septembre 2004 relatif au CMTR. C’est dire que le ministre des transports a voulu appliquer les textes du conseil malien des chargeurs en lieu et place de ceux du conseil malien des transporteurs routiers pour organiser les élections. Grave et préjudiciable confusion ». Selon Adama Coulibaly, suite à de nouvelles protestations le ministre des transports a pris un deuxième arrêté qui est paru avec de nouvelles irrégularités. Il fera comprendre que devant une telle cacophonie administrative et surtout le refus du ministre de se conformer aux dispositions du décret no 04-359/P-RM, les organisations professionnelles se sont vues dans l’obligation d’attaquer les deux arrêtés devant la Cour Suprême. Aux dires de Mr Coulibaly, comme cela ne suffisait pas  le ministre Koumaré a pris un troisième arrêté sous le no 2015-0206/METD-SG du 02 mars 2015 qui stipule à son article 3 que les opérations d’enregistrement doivent commencer dans les 15 jours qui suivent la prise de l’arrêté fixant la date des élections et  s’étendront au moins 30 jours. Coulibaly de poursuivre en affirmant que l’article 18 de ce décret abroge toutes les dispositions antérieures contraires notamment celles de l’arrêté no 2014 -3480/METD du 04 décembre 2014. Toutefois, le secrétaire général du SYNTRUI a mentionné que la date de l ‘élection à savoir le 25 avril n’est pas non plus en conformité avec les délais précités dans le décret no 04-359/P-RM. « A la surprise générale quand les transporteurs se sont présentés pour s’inscrire le 18 mars ,le gouverneur du District  de Bamako leur a opposé la clôture des inscriptions depuis le 16 mars en leur signifiant la correspondance no 000345/METD-SG du 23 février 2015 portant instruction du ministre. A cette date, seules 134 personnes sont inscrites sur plus de 900 porteurs de carte professionnelle dans le District de Bamako. » a déclaré Adama Coulibaly. Il a conclu en affirmant que le Collectif des Transporteurs « veut aller aux élections, exige le respect des textes règlementaires régissant le processus électoral du CMTR, souhaite des élections inclusives, libres, crédibles et transparentes ». Cette succincte introduction a été suivie par la série des questions et réponses. S’agissant de la question relative aux dispositions que va prendre le Collectif des Transporteurs en cas de non satisfaction de ses doléances, le Président Directeur Général de Binké Transport dira : « Nous restons et demeurons des républicains. Si la grande mobilisation ne suffit pas, nous allons saisir qui de droit pour réclamer l’annulation de ces élections. » . Moctar Théra répondant à une question fera comprendre que l’action du Collectif n’est pas une bataille de leadership entre les Transporteurs. Pour lui, cette bataille se passe sur le terrain, au sein des compagnies et non dans une quelconque salle. Le président du Collectif des Transporteurs a aussi laissé entendre que seul le ministre peut dire les raisons de cette confusion. Quand à Malick Diallo, il a indiqué que l’Etat doit prendre ses responsabilités. Selon lui, les plus hautes autorités doivent interpeller le ministre pour mettre fin à cette injustice qui déshonore le Mali. Il a martelé en disant que les vrais problèmes du Mali, ce sont les cadres.+

Jean  GOÏTA

 

Source: Le Pouce