Contamination communautaire Les 130 millions du Gouvernement déjà épuisés : Les mesures barrières s’imposent aujourd’hui plus qu’hier !

Tombouctou, la sixième région administrative du Mali, située à mille km environs de Bamako, l’épicentre de la pandémie COVID-19 dans le pays, est sérieusement secouée, pardon meurtrie, par la maladie.

 

De mémoire de Tombouctiens, jamais, la ville n’a enregistré un nombre de morts aussi élevé que durant la période actuelle. Ils meurent sans savoir de quoi ils étaient malades. Ils meurent sans passer à l’hôpital. Ils meurent et sont enterrés sans prélèvements. Tous les quartiers de la ville mystérieuse sont concernés. Toutes les familles sont angoissées, attristées, affectées, parce qu’un parent, un voisin, une connaissance, meurt à un rythme jamais inégalé.

Bien qu’étant parmi les dernières villes à connaitre le coronavirus, la maladie s’est vite propagée à travers les contaminations communautaires liées aux réalités culturelles de la ville : prières dans les mosquées ; prières collectives dans toutes les rues durant le carême ; participation massive aux décès, baptêmes, mariages ; rencontres des camarades d’âge…
Voilà les raisons qui ont favorisé la circulation du virus. S’y ajoute, bien sûr, le non respect des mesures barrières.
La situation épidémiologique est aujourd’hui critique, alarmante. En effet, selon les sources sanitaires régionales, le cumul des cas confirmés depuis le début de l’épidémie, le 9 mai dernier, est de 67 cas dont deux pour le district sanitaire de Goundam et trois de la MINUSMA. Ce sont ces derniers qui l’ont importée à Tombouctou.

Selon les chiffres officiels de l’hôpital régional, huit personnes sont décédées de la COVID-19, en dehors du centre de traitement. Il s’agit de 4 prélèvements post mortem, 4 autres avant l’admission au centre. C’est seulement le lundi 25 mai que le centre de traitement de la COVID-19 a enregistré son premier décès, suivi d’un second, quelques heures après. Ce qui fait officiellement un total de 10 morts, bien que beaucoup soient décédés, sans qu’on sache de quelle pathologie ils sont morts.
Le bilan général donne 61 personnes hospitalisées dont 23 admises le lundi dernier au centre de traitement. Un seul patient a pu regagner son domicile pour l’instant.
La modeste somme de 130 millions de nos francs allouée par Bamako aux autorités régionales (80 pour l’hôpital et 50 pour la direction régionale de la santé) doit permettre d’acheter les équipements pour l’hôpital, de payer les primes du personnel soignant. Sans oublier le coté sensibilisation.
Selon nos informations, une gestion rigoureuse est faite à ce niveau. Seulement voilà : les 130 millions sont insuffisants en raison de la propagation de la pandémie et des projections en cours, notamment la réquisition d’un hôtel de la place pour y interner durant la quarantaine (14 jours) les RAS de la COVID-19, c’est-à-dire ceux qui sont malades, sans difficulté.
Face à cette donne, les ressortissants de la région de Tombouctou se sont organisés par groupes d’âge, associations et multiples initiatives pour venir en aide à la ville. Des kits avec toutes les commodités ont été déjà envoyés. D’autres envois sont en cours. Des initiatives se multiplient pour le respect des mesures barrières et pour appuyer l’hôpital et la direction régionale de la santé.
Le gouvernement est donc interpellé, afin de renforcer son appui à ces deux structures. C’est une nécessité aujourd’hui !
Les notabilités et les autorités religieuses sont, également vivement, interpellées, pour faire respecter les mesures barrières et éventuellement fermer toutes les mosquées durant 15 jours. C’est une question de vie ou de mort ! A elles de choisir !

Wa Salam !

Elhadj Chahana Takiou

Echos Médias

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