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Contrôleur Général Mamady COULIBALY, Chef du Service de Santé et des Affaires Sociales de la Police Nationale : « Ce virus peut muter pour donner de nouvelles souches capables de s’adapter à n’importe quel climat »

Le Contrôleur Général Mamady COULIBALY, Chef du Service de Santé et des Affaires Sociales de la Police Nationale nous parle dans cette interview des mesures prises par son service face à la pandémie du coronavirus, ensuite les précautions à prendre à titre individuel pour ne pas contracter le COVID-19. Docteur Mamady COULIBALY est un Médecin Légiste, Expert Médico-Légal, Enseignant-Chercheur et Chevalier de l’Ordre du Mérite de la Santé.

 

Bonjour Docteur ! Pouvez-vous nous expliquer un peu cette maladie ?

MC : Bonjour ! Le coronavirus ou COVID-19 est une maladie virale très contagieuse dont la forme actuelle est apparue en Chine pour la première fois il ya juste quelques mois, elle touche actuellement des milliers de personne à travers le monde.
La contagion d’une personne saine se fait à travers certains orifices naturels comme les narines, la bouche, les yeux par les virus provenant d’une autre personne infectée c’est la contamination interhumaine.
L’incubation c’est à dire le temps existant entre l’introduction du virus dans l’organisme et l’apparition des premiers symptômes dure en moyenne deux semaines mais elle peut aller en-deçà ou au- delà de cette limite.
Les signes ressemblent à ceux d’une grippe c’est-à-dire fièvre, céphalées, éternuement, rhume, fatigue générale ou asthénie, toux, myalgies (douleurs musculaires) etc. mais seul le test permet de faire un diagnostic différentiel avec d’autres maladies.
Pour le moment il n’existe pas de vaccin ou de traitement curatif efficace homologué par l’OMS pour l’instant, le traitement est uniquement symptomatique donc il faut mettre l’accent sur la prévention.
Tout le monde peut être infecté mais ce sont les personnes âgées, celles souffrant d’autres maladies comme le diabète, les insuffisants rénaux graves, les personnes obèses, les cancéreux, les traitements immunosuppresseurs entre autres qui font des complications graves nécessitant parfois une réanimation ou une assistance respiratoire.
C’est dans cette couche que la mortalité est très forte, les enfants infectés présentent exceptionnellement les symptômes de la maladie mais ils peuvent la propager dans la population donc ce sont des vecteurs de cette maladie tout comme les adultes infectés mais non encore symptomatiques.

Docteur, quelles sont les mesures prises au niveau du Service de Santé et des Affaires Sociales de la police Nationale ?

MC : comme vous le savez, les élèves policiers qui sont actuellement en formation ici à l’ENP sont confinés d’une certaine manière, donc c’est la menace ou si vous voulez le risque de contamination à partir de l’extérieur de l’ENP qui nous inquiète beaucoup plus.
Compte tenu du nombre élevé de l’effectif et de la promiscuité entre élèves d’une part et entre élèves et encadreurs d’autre part, le risque d’une contamination majeure est à redouter.
Ainsi en collaboration avec la Direction de l’ENP sur instruction de la DGPN, nous avons pris certaines mesures de prévention à la lumière des directives nationales en matière de prévention du COVID-19 c’est ainsi que :
– Nous avons exigé le lavage des mains à l’eau savonneuse à l’entrée de l’ENP ;
– L’utilisation des solutions hydro-alcooliques surtout pour le personnel de santé de la Police ;
– Nous contrôlons la température corporelle à l’entrée de l’ENP ;
– Tout cas suspect sera immédiatement conduit en consultation médicale afin de procéder éventuellement à son évacuation urgente vers les centres de confinement et de prise en charge ;
– Sauf exception, nous avons Interdit les visites familiales cela est déjà en vigueur au stade actuel de la formation ;
– Nous avons aussi reporter la sortie programmée des élèves après les trois premiers mois de formation à une date ultérieure le temps de voir l’évolution de la maladie.

En outre nous avons préconisé d’autres mesures à savoir :
– Nous Continuons à mettre l’accent sur la sensibilisation de la population chose que nous avons déjà faite au niveau des élèves et même pour notre personnel de santé ;
– il faut faire respecter les mesures de barrière comme la distanciation d’au moins 1 mètre, éviter les regroupements de plus de 50 personnes environ
– Eviter les embrassades et les poignées de mains ;
– A proximité d’autres personnes, il faut éternuer ou tousser dans le coude ou dans un mouchoir.

Avez-vous des matériels de prise en charge ?

MC : pour le moment les moyens dont nous disposons sont uniquement pour la prévention notamment les mesures de barrière, et les autres moyens énumérés plus haut.
Nous avons des gants mais pas de masques et pas suffisamment de solutions hydro-alcooliques nous avons fait des démarches dans ce sens mais à cause d’une certaine pénurie nous n’avons pas malheureusement reçu encore ces matériels nous comptons les obtenir dans un bref délai peut-être.

La température ou le climat peut-il nous épargner de cette maladie ?

MC : Je pense que c’est une erreur de penser ainsi à propos de ce virus. C’est vrai qu’à une certaine température ce virus peut être détruit mais je pense que ce sont des affirmations à éviter car la souche qui circule maintenant dans le reste du monde peut bel et bien sévir chez nous pour preuve beaucoup de nos pays voisins sont affectés avec parfois des cas de mort malheureusement.
Il est vrai aussi que ce virus peut muter pour donner de nouvelles souches capables de s’adapter à n’importe quel climat.

Nous devons prendre conscience du danger qui existe en évitant l’introduction de ce virus chez nous, car comme on le dit prévenir vaut mieux que guérir surtout dans le contexte socio-sécuritaire et même économique de notre pays en ce moment.
Chacun de nous a un devoir de protection non pas seulement pour sa propre personne mais c’est une obligation qui demeure vis-à-vis des autres semblables, donc il faut avoir un comportement responsable pour prétendre à une protection efficace.

Un message à l’endroit de la population ?

MC : Je demande à la population de prendre au sérieux le COVID-19 car j’ai l’impression que tel n’est pas le cas à l’heure actuelle, on pense que nous resterons toujours à l’abri de cette maladie.
Ne commettons pas les erreurs commises ailleurs en sous–estimant la dangerosité de cette pandémie.
Nous remercions le bon Dieu de nous avoir épargné de cette infection jusque-là, mais il ne faut pas croire qu’il en sera toujours ainsi peut être car présentement tous nos pays limitrophes sont atteints par cette affection.
Donc le message que j’ai à lancer à la population, c’est d’être vigilant, prendre conscience de la gravité du coronavirus sans pour autant tomber dans la psychose et la panique généralisée, en fin respecter les mesures prises par les autorités compétentes pour éviter la propagation de cette maladie.
Je vous remercie .

Source: CCPN

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