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Épidémies : Quand les virus nourrissent les théories du complot

Plus de 10 00 morts et le seuil de 40000 personnes infectées dépassé. Le bilan humain de l’épidémie de coronavirus 2019-nCoV actuelle ne cesse de croître. Ce nouveau virus est apparu en Chine en décembre 2019.

Pour l’heure, il n’y a que ces sinistres chiffres officiels, ainsi que les modes de transmission, de l’animal à l’homme puis entre humains. L’origine même du virus n’a pas encore été déterminée. Si, dans un premier temps, la chauve-souris avait été pointée du doigt comme étant l’animal réservoir de la maladie, aucune confirmation n’est venue étayer ces accusations. Depuis, de nouvelles pistes sont explorées. Ajoutez à cela que le « patient zéro » n’a toujours pas été identifié et la mathématique du raccourci donne lieu à de nombreuses théories du complot. Elles fleurissent sur les réseaux sociaux, alimentées pour la plupart par des anonymes. Mais pas que. Selon des informations de l’agence de presse russe Ria Novosti, Igor Nikulin, expert en biochimie de l’armée, a assuré que « ce nouveau coronavirus a été créé par les Américains sur fond de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ». Outre Atlantique, le site Zero Hedge affirme que le virus est une création d’un scientifique chinois travaillant pour l’Institut d’épidémiologie de Wuhan, ville d’où est partie l’épidémie. Le compte Twitter du site a été supprimé de manière permanente par l’entreprise à l’oiseau bleu. Si, au Mali, l’univers des réseaux sociaux est épargné par ces « informations », ces théories s’invitent dans les débats aux « grins ». Certains n’hésitant pas lors de ces rencontres à faire des parallèles entre le coronavirus, Ebola ou tout autre virus, qui « auraient été créés de toute pièces pour permettre à l’industrie pharmaceutique de gonfler ses chiffres ». Mieux : « nos États africains sont capables de déclarer le virus sur leur territoire pour bénéficier d’aides et détourner ces sommes » confie Abdoulaye Diarra, qui tient fermement à son « analyse ».

Au bureau OMS du Mali, les agents évitent de donner plus d’importance que cela à ces « rumeurs ». L’Organisation mondiale de la santé assure qu’elles existent à chaque épidémie. Ces théories trouvent très souvent un profond écho chez les populations, notamment dans les zones rurales. L’OMS reçoit d’ailleurs très souvent un accueil glacial de la part des populations touchées, quelques-unes poussant même à l’agression, notamment en Guinée Conakry ou en République Démocratique du Congo pour Ebola. Depuis, les équipes qui œuvrent sur le terrain se font accompagner d’anthropologues pour éviter de mauvaises surprises. Au-delà de donner la bonne information pour faire face aux théories du complot, assure-t-elle.

Boubacar Sidiki Haidara

Source: journaldumali

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