La ménopause : Une retraite physiologique des ovaires

La ménopause, du grec, méno : règles et pause : arrêt, signifie littéralement l’arrêt définitif des menstrues chez la femme. Il faut tout de suite lever toute équivoque sur la question, la ménopause n’est pas une maladie, mais plutôt une étape de la vie d’une femme. C’est un phénomène naturel qu’on peut qualifier de retraite physiologique des ovaires. Elle marque donc la fin du cycle fertile, c’est-à-dire la fin de la période durant laquelle une femme peut concevoir et avoir des enfants.

Selon les explications du gynécologue obstétricien, Seydou Z. Dao, chaque femme naît normalement avec un nombre total d’ovocytes estimé entre 700. 000 et 2. 000.000. L’ovocyte est la cellule reproductrice féminine tout comme le spermatozoïde est la cellule productrice masculine.

La majorité dégénère pour atteindre moins de 500.000 à la puberté, dont seulement 400 à 500 environ atteindront l’ovulation pendant la période reproductive. Le médecin spécialiste précise que l’arrêt des règles à la ménopause est provoqué par l’épuisement du stock d’ovocytes au niveau des ovaires.

Pour que la femme soit considérée comme ménopausée, il faut que la durée d’arrêt des règles soit supérieure ou égale à 12 mois. Son diagnostic repose essentiellement sur la clinique. Elle survient en général entre 40 et 55 ans avec une moyenne de 51 ans en France et 48 ans en Afrique. Parfois, elle peut survenir avant 40 ans chez certaines femmes. Dans ce cas, le gynécologue obstétricien indique qu’on parlera de ménopause précoce. à le croire, l’âge de la ménopause n’est pas influencé par l’âge de la puberté, l’absence de grossesse, le nombre d’enfants, l’utilisation ou non de méthodes de planification familiale. Il dit même que l’âge de survenue de la ménopause est souvent le même pour une mère et sa fille.

D’après le médecin, la ménopause ne survient pas brutalement mais elle est précédée d’une période plus ou moins longue appelée préménopause qui peut parfois durer jusqu’à 4 ans. Durant cette phase, les femmes connaissent des  troubles du cycle comme des règles trop espacées ou trop rapprochées, des règles trop abondantes ou trop longues. La femme peut sentir également des tensions au niveau des seins avant les règles.

La ménopause est différemment appréciée par les femmes, 70% d’entre elles l’apprécient car elles sont contentes de ne plus avoir les menstrues, de ne plus avoir à se soucier de planning familial, mais aussi de ne plus avoir peur de mourir des complications de la grossesse et de l’accouchement. Certaines femmes ne se plaignent vraiment de rien. Par contre, d’autres vont se sentir inutiles et penser même qu’elles ne doivent plus avoir de relations intimes. Les principaux signes de la ménopause sont l’absence des règles et la sécheresse vaginale. Cette dernière situation peut entraîner un inconfort et des douleurs pendant les relations intimes.

Les autres signes n’apparaissent pas chez toutes les femmes. Les bouffées de chaleur ne touchent que 50% des femmes et peuvent survenir au cours de la journée ou pendant la nuit. Elles se caractérisent par une sensation de chaleur, débutant au niveau du thorax et des épaules, puis s’étendant au cou et à la face avec apparition de sueurs.

Les troubles de l’humeur à type d’irritabilité ou de changement d’humeur et les insomnies se rencontrent chez 30% des femmes. Il faut aussi préciser que la diminution du désir sexuel se rencontre chez 20% des femmes. On peut aussi rencontrer chez des femmes des prises de poids, une sensation de grande fatigue, une perte d’attention, une tendance à la dépression, une perte de cheveux, des maux de tête.

Le risque d’ostéoporose (une perte de la résistance des os qui prédispose aux fractures) et de maladie cardiovasculaire sont augmentés après la ménopause. L’ostéoporose survient chez une femme sur 4, mais bien plus tard, après 70 ans, entraînant un risque accru de fractures du poignet, des vertèbres, du col du fémur.

Dr Seydou Z. Dao souligne que la plupart des cancers génitaux de la femme se rencontre durant la période de la ménopause même si en Afrique on assiste, de plus en plus, à l’apparition de certains cancers génitaux autour de la quarantaine. Sur le plan thérapeutique, la plupart du temps, les signes sont minimes ou modérés et disparaissent rapidement sans aucun traitement.

En revanche, le praticien qui se veut on ne peut plus clair, explique que si les troubles créent un véritable inconfort, la femme doit consulter un gynécologue qui pourra lui prescrire certains médicaments pour la soulager des symptômes de la ménopause.

Fatoumata NAPHO

Source: L’Essor-Mali

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