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Malgré l’implication du ministre de tutelle: les services de l’AMO restent suspendus

Ce samedi 30 novembre 2019, les deux syndicats du secteur des pharmacies SYNAPPO et SYNAPHARM ont conjointement animé une conférence de presse à la Maison de la presse. Au cours de cette rencontre avec les hommes de média, les pharmaciens ont dénoncé la violation de l’article 40 de la convention de sectorielle entre la caisse nationale d’assurance maladie (CANAM) et les officines de pharmacie.

 

Cette conférence de presse était animée par le président du SYNAPPO, le Dr Check Oumar DIA ; qui avait à ses côtés son collègue secrétaire général du SYNAPHARM, le Dr Ibrahima DIARRA.
De cette conférence de presse, il ressort que les services de l’AMO restent suspendus dans les pharmacies sur toute l’étendue du territoire conforment à la décision de l’Assemblée générale de ce jeudi 28 novembre 2019. Et cela, malgré l’intervention du ministre de la Santé et des Affaires sociales, Michel Hamala SIDIBE, qui avait promis que toutes les factures impayées seront réglées avant, ce mardi 3 décembre 2019.
Dans son exposé liminaire, le conférencier a souligné que les retards de paiement ont créé des tensions de trésorerie qui fragilisent aujourd’hui les entreprises pharmaceutiques et entrainent pour certaines une faillite programmée. Les multiples promesses non tenues ont finalement entrainé une crise de confiance entre les pharmacies et la CANAM qui a aujourd’hui débouché sur la suspension du service de l’AMO dans les pharmacies privées sur toute l’étendue du territoire, suite à l’assemblée générale extraordinaire du 28 novembre 2019.
«Ça fait 13 jours que nos collègues de Mopti ne sont plus capables d’assurer le renouvellement de leurs stocks, à cause du retard de paiement», a soutenu le conférencier.
D’après les informations des deux syndicats, le retard va de 2 et 3 mois et souvent ça peut aller à 4 mois dans certains cas. Jusqu’au 20 novembre, le retard de paiement au niveau de l’INSP s’élevait autour de 1,5 milliard de CFA. Quant à la caisse malienne de sécurité sociale (CMSS), elle doit aux pharmaciens un peu plus de 2 milliards F CFA. Ce qui fait un chiffre global de 3,5 milliards de F CFA. De même, selon les projections des deux syndicats, le besoin de couverture des services des affiliés à l’AMO pour le reste de l’année 2019 s’élève à 6 milliards de F CFA. Une somme que l’Etat doit rapidement mobilisé pour éviter une nouvelle suspension des services de l’AMO au niveau des pharmacies.
Depuis neuf ans, des difficultés ont jonché le parcours dans le cadre de cette collaboration. Lesquelles ont pour noms : le retard récurent de paiement, la prescription de médicaments non conventionnés ; la qualité insuffisante des feuilles de soin ; les rejets et ajustements non justifiés ; le contrôle imposé de la validité des feuilles de soins (cachet à sec, le code établissement, code du médecin, quantité des médicaments, quantité des médicaments, les écarts de prix, etc.).
Pour pallier toutes ces difficultés, a-t-il rappelé, une commission paritaire composée de la CANAM, de la CMSS, de l’INPS et des représentants des pharmaciens a été mis en place. Malgré la résolution de certains problèmes tel que l’attribution d’un code prescripteur, cette commission a rapidement atteint ses limites surtout face aux problèmes récurrents du retard de paiement des factures.
Dans un cahier de charge transmis au ministre de la Santé et des Affaires sociales, les pharmaciens du Mali exigent : le règlement de toutes les factures échues sans délai ; le respect strict de l’article 40 de la convention sectorielle entre la CANAM et les officines de pharmacie ; l’instauration d’une pénalité en cas de retard de paiement ; le traitement correct des feuilles de soins(les rejets et ajustements non justifiés).
De même, les professionnelles du secteur, exige le paiement d’un forfait pour le traitement des feuilles de soins ; arrêt de préfinancement de l’AMO par les pharmaciens ; la dématérialisation des feuilles de soins.
Au cours des échanges, ils ont annoncé que le statuquo sera maintenue jusqu’à ce mardi 3 décembre 2019, la date butoir indiquée par le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Michel Hamala SIDIBE.
« A la date du mardi, nous allons faire le point de cette situation afin de prendre les décisions qui s’imposent », a-t-il soutenu.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : Info-Matin

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